×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique Internationale

    Premier court métrage de Nabil Ayouch : Une haute qualité technique et un scénario avec une histoire

    Par L'Economiste | Edition N°:71 Le 18/03/1993 | Partager

    On peut voir "Les pierres bleues du désert" de plusieurs manières, mais ce qu'il faudra retenir, c'est le nom de Nabil Ayouch, scénariste et réalisateur de ce petit film. En effet, du haut de ses 24 ans, Nabil Ayouch a de l'avenir.

    Pas facile d'être le fils de Nour Eddine Ayouch. Dès que vous rencontrez un vieux de plus de trente ans, il faut absolument qu'il vous parle de votre papa, l'un des pères fondateurs de la publicité marocaine. Mais Nabil est un grand garçon bien élevé, s'il se vexe, il n'en montre rien et au contraire écoute avec attention, voire avec respect ou émotion, toutes les références que ses interlocuteurs font à son père.

    En fait, le film de Nabil Ayouch parlera peut-être davantage aux gens qui ont eu 20 ans entre 1965 et 1975, qu'à ceux qui ont vingt ans aujourd'hui: c'est l'histoire d'un rêve, d'une quête. Il s'agit d'un tout jeune adolescent, dans un village du fin fond du Maroc, qui rêve de pierres bleues, dont il est sûr qu'elles se trouvent dans le désert. Le héro, Najib (Jamel Debouzze, 17 ans dans la vie mais qui réussit le tour de force d'en paraître 12-13 dans le film), est condamné par sa famille, particulièrement par un père qui l'aime trop rudement pour le laisser à ce rêve impossible. Il est aussi condamné par son village.

    Cependant, à la différence des années 70, Nabil Ayouch développe autrement son scénario. La quête n'est pas un rêve impossible, puisque Nabil Ayouch donne à Najib la chance de rencontrer un vieux fqih (Omar Chembot) qui lui confirme que les pierres bleues existent. Puis, le scénario se conclut sur une image de ces pierres bleues, des grands rochers peints en bleu, qui existent vraiment.

    M. Nabil Ayouch indique qu'il a ainsi montré qu'il "est possible de partir, aller à contre-courant de son environnement" sans aller au devant d'un échec. Il "positive" donc dans un environnement difficile. C'est sur ce point que le scénario appartient à la génération actuelle, tout en ayant de fortes racines dans celle des années 60-70.

    En fait, M. Ayouch n'a pas vraiment fait un film à message, ce n'est que le spectateur qui le verra sous cet angle. Le scénariste-réalisateur a fait un condensé d'impressions et un témoignage qu'il a voulu absolument mettre sous la forme d'une histoire. Il avait, à l'occasion de tournage de films publicitaires pour Shem's, visité et vécu dans des douars perdus et senti que "les gens, surtout les jeunes, avaient envie de parler". Alors il a filmé un village et fait parler un jeune.

    M. Nabil Ayouch se montre sévère avec beaucoup de films marocains: "pourquoi se lancer dans de longs métrages, difficiles et dont l'échec financier équivaut à exclusion pour de longues années?"; "le cinéma doit d'abord être une histoire, qui fait plaisir au public, avec un début, un développement et une fin".

    Pour lui, un court métrage est un bon entraînement qu'il faut faire avant d'arriver au long métrage. Il est très sévère avec "l'intellectualisme à 2 sous": il faut au préalable "maîtriser le récit cinématographique", soigner la technique et montrer "qu'on est capable de raconter une histoire".

    Même si l'on n'a pas eu la chance d'être invité à l'avant-première du film, le jeudi 11 mars, on peut voir fréquemment la "patte" de Nabil Ayouch, dans deux spots de sensibilisation en faveur de la qualité sanitaire de l'eau, préparé par Shem's Publicité pour le compte du Ministère de la Santé.

    Ces spots racontent une histoire, celle d'un jeune médecin qui revient dans sa famille et dans son village et donne des conseils pour rendre l'eau potable. Ces minuscules films racontent déjà une histoire en quelques secondes.

    Techniquement, "Les pierres bleues du désert" sont remarquables, d'une qualité comme on en voit peu dans les films marocains. Lors de l'avant-première, le court métrage (21 mm) a été desservi par une panne de sono, mais M. Nabil Ayouch assure que la bande son est bonne. Le scénario est soutenu par une musique originale de Jean-Philippe Rykiel.

    Le film est revenu à environ 500.000 DH, mais, explique le réalisateur, seulement 350.000DH sont des dépenses: le reste a été donné soit en nature soit sous forme de travaux gratuits (Afriquia, Peugeot...). Nabil Ayouch ne fait aucun mystère de son budget: Shem's a donné 100.000DH et Le CCM. dont il loue les félicitations (transit, douane...), à apporté 250.000DH. Un peu déçu de l'absence d'aide d'entreprises qui s'intéressent aux arts. il admet qu'un cinéma médiocre a pu décourager les financiers, mais estime que si ceux-ci n'aident pas le cinéma. il y a peu de chances que les films marocains se hissent au niveau des films algériens ou tunisiens.

    N.S.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc