×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Politique

PPS: Alaoui remporte la bataille contre les dissidents

Par L'Economiste | Edition N°:1057 Le 11/07/2001 | Partager

. Conduite par Simon Levy, une importante vague de protestations a bouleversé le 6ème congrès national du PPS. Les «Alaouistes« considèrent la victoire comme naturelle et les «Levyistes« crient au scandaleY a-t-il une guerre intestine au sein du PPS? Le sixième congrès national, qui s'est tenu à Casablanca durant 4 jours, est-il un échec?Autant de questions auxquelles il importe de répondre.Sans grande surprise, Moulay Ismaïl Alaoui a été réélu au poste de secrétaire général du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), non sans quelques difficultés d'ailleurs. Certains disent qu'une victoire arrachée vaut mieux qu'une acquise d'avance. D'autres estiment que les divergences au sein du PPS rappellent étrangement celles qui rongent l'USFP. C'est à la mode.En tout cas, le sixième congrès du PPS, le premier depuis la mort de Ali Yata en 1997 (le dernier congrès national avait eu lieu en juillet 1995), restera longtemps dans les annales du premier parti communiste marocain. Certains n'ont pas fermé l'oeil pendant trois jours.Conduite par Simon Levy, ancien membre du Comité Central du PPS, une partie des congressistes a mené la vie dure à Ismaïl Alaoui pendant le congrès national. Prévu initialement pour 3 jours, ce congrès a été prolongé un jour de plus. Une chose est sûre: le bras de fer était réel.C'est ainsi que dans sa livraison d'hier, Al Bayane a expliqué que Moulay Ismaïl Alaoui a été réélu secrétaire général du PPS malgré «les comportements infantiles d'une frange du congrès qui n'a cessé depuis le début de manoeuvrer« pour conduire à un blocage de ce sixième congrès national, à coups de «slogans provocateurs qui n'avaient d'autre but que d'empêcher le déroulement d'élections transparentes, sincères et démocratiques«.Contactés par L'Economiste, certains membres actuels du Comité Central ont estimé qu'il n'y avait pas à proprement parler de «divergences politiques au sein du PPS« comme l'auraient souligné certains journaux. D'ailleurs, un membre du Comité Central rappelle que Simon Levy a reconnu lui-même cette «évidence« lors de son allocution: Levy aurait dit qu'au PPS «il n'y a aucune divergence de fond« entre ses membres.«Les contestataires ne peuvent même pas être qualifiés de «tendance« au sein du parti«, souligne un militant PPS. Le plus grand nombre de voix qu'ils aient pu obtenir lors des travaux des commissions et des séances plénières («auxquelles ils n'assistaient pratiquement pas«, estime-t-on du côté de chez Alaoui) est de 103 sur un total de plus de 1.330 votants. Pas plus de 8%. Un chiffre qui en dit long.Ces querelles ont débuté avant même la tenue du sixième congrès national. Simon Levy et ses camarades ont affirmé à la commission des mandats que certaines élections dans les sections régionales auraient été truquées sur ordre du Comité Central sortant. Le but pour ce dernier serait de s'assurer le soutien des congressistes. En d'autres termes, et à en croire les compagnons de Simon Levy (il s'agit principalement des sections de Settat et Meknès), «sur les 1.334 congressistes présents, une forte majorité serait acquise d'avance à Ismaïl Alaoui et ses amis, puisque parachutés grâce à eux«. Ils ajoutent, par ailleurs, que certains congressistes n'ayant jamais fait partie du PPS se retrouvent comme par miracle membres du Comité Central«.A cela, répond, avec une touche d'ironie, Nabil Benabdellah, porte-parole du sixième congrès, «ce n'est pas parce que l'on ne reconnaît pas le visage d'une personne que les élections ont été truquées«. Et d'ajouter que «le rapport établi par la commission des mandats, diligenté par un grand militant du PPS Mustapha Zaoui, dont l'intégrité est reconnue même par les amis de Simon Levy, n'a relevé aucune anomalie, ni trucage et a avalisé toutes les élections, sans exception«. Voilà qui devait, en principe, calmer les esprits des contestataires. Mais apparemment, cela n'a pas suffi et les camarades de Simon Levy (au lieu de se retirer comme leurs homologues de l'USFP en mars dernier) ont préféré manifester et ont tenté de perturber les travaux du congrès. «Du terrorisme pur et dur«, souligne une militante «alaouiste«. Ils constituèrent des cercles dans lesquels ils tentaient de convaincre un maximum de personnes de se rallier à leur cause. En vain. Ils boycottèrent les travaux des différentes commissions. Enfin, et «c'est très grave«, assure Benabdellah, «ils multiplièrent les attaques contre l'intégrité et l'honneur« du secrétaire général et de certains membres influents du parti. «De la pure diffamation qui pourrait les entraîner devant les tribunaux«.. CompromisMalgré cela et «dans le but de parvenir à un compromis«, Ismaïl Alaoui et ses camarades proposèrent alors d'intégrer six personnes dans leur liste pour l'élection du Comité Central. La raison en est que les amis de Levy n'avaient pas pu constituer leur propre liste (150 personnes). Toutefois, les «Alaouistes« n'ont pas laissé de choix à leurs adversaires en leur proposant six noms dans lesquels ne figurait pas celui de Simon Levy. De quoi attiser encore plus la colère des contestataires. Ils dénoncent alors la tentative de «diviser pour mieux régner«. En fin de compte, c'est la liste d'Ismaïl Alaoui qui a été élue le lundi matin. Moralité de l'histoire: «En politique, il faut savoir mener les combats qu'on peut gagner« (dixit Nabil Benabdellah).


Pourquoi cette querelle?

Il serait intéressant de comprendre pourquoi Simon Levy, une figure de proue du PPS, se dresse contre sa propre formation politique et ses camarades de lutte.Il faut remonter à la veille des élections législatives de 1993, date à laquelle Simon Levy aurait demandé à Ali Yata de lui négocier avec le pouvoir (Driss Basri pour ne pas le nommer) une place au Parlement en sa qualité de «représentant de la communauté juive marocaine«.«Le PPS est, certes, un parti d'avant-garde, mais pas à ce point«, aurait répondu, en substance, Ali Yata. Depuis ce jour, et à en croire les adversaires de Simon Levy, ce dernier leur donne du fil à retordre.. Femmes et AmazighsL'USFP est le premier parti politique marocain à avoir instauré le système des quotas féminins dans les instances dirigeantes dans son dernier congrès de mars 2001. Toutefois, les responsables du PPS tiennent à préciser que la décision de réserver 20% des sièges du Comité Central au profit des militantes du PPS a été prise bien avant celle de l'USFP. Il faut donc rendre à César ce qui appartient à César! Par ailleurs, ce qui caractérise le nouveau Comité Central, c'est le nombre important d'Amazighs. Les responsables du PPS rappellent que leur parti «a été l'un des premiers à poser la question berbère dans le débat politique national, en tant que culture, langue et identité faisant partie intégrante de la culture marocaine«.Abdelmohsin EL HASSOUNI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc