×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Pourquoi les prix des légumes flambent

    Par L'Economiste | Edition N°:3240 Le 25/03/2010 | Partager

    . Creux de production et faiblesse de l’offre . Plus de 50% des exploitations sinistrées dans le Souss. La caisse de tomates à 350 DH au marché de gros d’Inezgane LES agriculteurs du Souss-Massa n’ont pas le moral. Selon un professionnel, 50% des exploitations sont sinistrées, sans compter que 30% sont également en difficulté. Les fortes pluies de février dernier ont, en effet, favorisé beaucoup d’humidité, notamment dans les serres de tomates causant plusieurs maladies sur les plantes. Aussi, aujourd’hui la filière des primeurs dans le Souss enregistre un déficit de production de 80% à 90%. «Nous produisons à peine 20% de ce que l’on produisait à la même période l’an dernier», déplore un agriculteur. De son avis, la campagne d’exportation 2009/2010 de tomates est compromise aujourd’hui. Bien sûr en raison du faible rendement, le flux des expéditions de tomates vers les marchés étrangers a diminué. Ces tous derniers jours le volume journalier expédié est entre 500 à 650 tonnes par jour, alors qu’à la même période, l’an dernier, les exportations de tomates au départ du Souss atteignaient 2.000 tonnes quotidiennement. Sur le plan commercial, les exportateurs sont en train de rater des opportunités en raison de leur faible offre. Au 22 mars, le cours de la tomate à l’export était entre 1,10 et 1,20 euro/le kg expédié. Ce cours reste cependant bien en deçà de celui du marché local. Le prix de la tomate a atteint, en effet, des niveaux jamais vus en raison de la baisse de l’offre. Au marché de gros d’Inezgane, en début de semaine, le prix de la caisse de 30 kg était de 350 DH. Aux marchés de détail du Souss, la tomate est actuellement à 15 DH le kg. Toujours en raison des dégâts des dernières intempéries, de grosses pertes ont été enregistrées au niveau des plantations des autres légumes. Aussi, au marché de gros, les cours de la courgette sont entre 5 à 7 DH le kg. Le haricot vert pour sa part se vend au marché de gros entre 10 et 12 DH le kg. Quand au poivron, il est au marché de gros entre 5,30 et 5,60 DH le kg. Mais les producteurs n’ont pas grand-chose à offrir même à ces prix là. «La situation est dramatique aussi bien pour nous que pour le consommateur», indique un agriculteur. Pour les professionnels, la situation est véritablement catastrophique sur le plan financier car ils ont investi dans d’anciennes fermes. Ce qui a généré une augmentation des superficies cultivées en primeurs de 40%. Paradoxalement, on s’achemine aujourd’hui selon les opérateurs vers une baisse globale de 40% des exportations de tomates en fin de campagne par rapport à la précédente. «Très peu d’agriculteurs s’en relèveront», souligne l’un d’eux. Selon des sources certaines, les pertes se chiffrent dans le Souss à 160 millions de DH. Et aujourd’hui, les professionnels réclament le soutien de l’Etat. Une réunion a été ainsi programmée en début de semaine à ce sujet entre le Premier ministre et les parlementaires du Souss, mais elle a été par la suite reportée à une date ultérieure en raison de l’absence des responsables institutionnels concernés. Il est, en effet, question de faire le point sur la situation du secteur agricole suite aux intempéries, mais aussi des pertes au niveau de l’habitat et des infrastructures dans le Souss.


    Agrégation

    LES plus touchés aujourd’hui dans le secteur agricole sont bien sûr les petits producteurs. Cette situation pose encore une fois avec acuité la question des regroupements de cette catégorie de professionnels. De l’avis de Abderrazak Mouisset, président de l’Apefel (Association des producteurs et exportateurs des fruits et légumes), plus que jamais la profession doit s’organiser en confédération et parler d’une seule voix. La question s’inscrit tout à fait dans les priorités du Plan Maroc Vert qui préconise la mise en place d’une profession forte et unie. Cela passe par la multiplication des agrégations. Reste que le concept n’est pas encore véritablement compris aujourd’hui. Et encore moins par les petits producteurs, auxquels il devrait profiter. Aussi, de l’avis de Mouisset, il est nécessaire de vulgariser les dispositions du Plan Maroc Vert pour atteindre les objectifs escomptés. Malika ALAMI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc