×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Pourquoi les banques snobent les PME
La SFI tente de renverser la vapeur

Par L'Economiste | Edition N°:1742 Le 07/04/2004 | Partager

. La filiale de la Banque mondiale a lancé en 2003 un programme pour le soutien de la PME nord-africaine. Un budget de 20 millions de dollars sur 5 ans pour faciliter, entre autres, l'accès au financement et améliorer l'environnement des affaires. Entretien avec Joumana Cobein, chef du bureau de la SFI au Maroc.- L'Economiste: Le recours au scoring pour l'évaluation du risque lié au crédit personnel n'a pas empêché l'explosion des impayés. Quelles sont les erreurs à ne pas commettre avec la cible des PME?- Joumana Cobein: Tout d'abord, l'adoption du scoring pour l'octroi des prêts personnels est venue en réaction à l'explosion constatée des impayés, mais ne l'a pas précédée. Rappelons que les outils de scoring ne sont qu'un élément d'une saine politique de gestion des risques. Ils s'intègrent dans une approche globale qui inclut la mise en place d'une politique de crédit claire et transparente, un contrôle interne efficace, un suivi régulier de la performance des portefeuilles et enfin, -c'est un point essentiel-, une approche industrielle et efficace du recouvrement des impayés.En ce qui concerne les PME et au vu d'expériences de banques leaders en Europe du Sud et dans certains pays émergents, dès lors que ces conditions sont réunies, le niveau de risque devient maîtrisable et l'activité plus rentable sur ce segment.- Quelles sont, selon vous, les autres obstacles à lever d'urgence pour que les banques s'engagent dans le financement de la PME?- Très clairement, les banquiers expriment deux préoccupations majeures quant à leur relation avec la PME. La première est celle de la non-transparence de l'information: les éléments financiers communiqués par les PME pour l'obtention d'un crédit sont impossibles à vérifier par recoupement avec des sources d'information officielles. La seconde a trait à l'environnement judiciaire, l'interprétation des textes par les magistrats en cas de défaillance de l'entreprise se faisant quasi-systématiquement en défaveur des créanciers institutionnels, ou dans le meilleur des cas, dans des délais économiquement non supportables. Ces deux contraintes ont d'ailleurs été mentionnées par le gouverneur de Bank Al-Maghrib dans son discours d'ouverture, où il a annoncé sa collaboration avec le programme SFI/NAED pour travailler à la mise en place d'un outil de collecte et de diffusion d'informations financières sur les entreprises.- L'offre commerciale spécifique aux PME devrait s'appuyer sur la monétique. Les banques disposent déjà d'une infrastructure de base. Pourquoi les banques tardent-elles à investir cette niche?- La carte bancaire n'est pas absolument indispensable dans une offre PME, mais c'est une solution très intéressante en termes de différenciation marketing pour les banques, en termes de services apportés à la clientèle, et en termes de facilités de contrôle des risques et des coûts opérationnels. Les systèmes informatiques existent et sont fonctionnels dans les banques marocaines, il n'y a pas de difficulté particulière d'implémentation. Ce retard tient à mon sens à la culture bancaire essentiellement francophone. Aujourd'hui encore, la carte de crédit est faiblement développée en France par rapport aux pays anglo-saxons.Dans ce domaine, les choses peuvent cependant évoluer très rapidement.- Dans quelle mesure, la SFI peut-elle soutenir les banques dans le développement du financement de la PME? Quels sont les grands axes du programme d'assistance technique dans ce domaine?- Le programme North Africa Enterprise Development (NAED) a été mis en place par la SFI en 2003 et a pour mission le développement de la PME en Afrique du Nord. Il est doté d'un budget de 20 millions de dollars sur cinq ans, et cofinancé par la Belgique, la France, l'Italie, la Suisse et la SFI. Notre action porte sur trois axes: développer l'accès des PME au financement, notamment par le renforcement des capacités des institutions financières dans des domaines tels que la gestion des risques de crédit et de recouvrement, l'approche marketing ou les systèmes d'information; faciliter l'accès des PME à des services de qualité, en appuyant les associations professionnelles et les prestataires de services, comme nous le faisons actuellement à Tanger avec l'Azit et contribuer à l'amélioration de l'environnement des affaires pour les PME. A ce titre, nous entamons une collaboration avec Bank Al-Maghrib pour étudier la faisabilité d'une centrale des bilans.Dans ces domaines, nous capitalisons sur l'expérience de la SFI pour la mise en place de nos programmes d'assistance technique et de conseils.«La carte bancaire n'est pas absolument indispensable dans une offre PME, mais c'est une solution très intéressante en termes de différenciation marketing pour les banques, en termes de services apportés à la clientèle, et en termes de facilités de contrôle des risques et des coûts opérationnels«Propos recueillis parMouna KABLY

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc