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    Economie

    Pourquoi la prestigieuse ENA française s’intéresse au Maroc
    Entretien avec Antoine Durrleman, directeur

    Par L'Economiste | Edition N°:2296 Le 13/06/2006 | Partager

    . L’objectif est de créer des agents d’autorité nouvelle génération . Coopération soutenue avec l’Intérieur et les FinancesDirecteur de l’Ecole nationale d’administration française, Antoine Durrleman est en charge d’un vaste projet de réforme de ladite école plaçant le citoyen au cœur des préoccupations. Le repositionnement du cursus sur les questions d’administration territoriale en est une illustration. - L’Economiste: Dans quel cadre s’inscrit la dernière convention que votre établissement a signée avec le ministère de l’Intérieur et quels en sont les objectifs? - Antoine Durrleman: Cette convention s’inscrit dans la continuité des actions que l’ENA conduit depuis plusieurs années avec l’Ecole nationale d’administration marocaine et l’Institut supérieur de l’administration (ISA). Ces actions multiformes se déroulent au Maroc et à l’ENA de Paris ou de Strasbourg. L’accord de coopération avec l’Ecole de perfectionnement des cadres du ministère de l’Intérieur de Kénitra est une nouvelle étape de ce partenariat. L’objectif est d’apporter une expertise sur la réforme de l’enseignement et de l’encadrement au sein de cette école. Ce remodelage vise à créer des agents d’autorité nouvelle génération avec une vraie scolarité d’application, tendant vers l’opérationnalité. En cela, nous intervenons dans des aspects comme l’appui méthodologique, la construction des cursus, les problématiques d’évaluation et la formation permanente, domaines où l’ENA a une expertise. Et pour cause, le contexte français est fortement impacté par la décentralisation et l’octroi de compétences nouvelles aux collectivités locales. Nous adaptons notre formation en fonction de cette nouvelle donne. Ce souci est également partagé par les autorités marocaines. . Comment se matérialisent les relations que votre école entretient avec l’ENA et l’ISA du Maroc? - De deux manières. La première est l’organisation d’une dizaine de séminaires par an, à Rabat, sur des sujets faisant l’objet d’une réflexion commune. Des rencontres avec des responsables de l’administration française, dans le cadre de visites d’études ou de stages, sont également de mise. La seconde est l’accueil à l’ENA d’élèves ou de stagiaires en provenance des différentes administrations marocaines (l’Intérieur, Affaires étrangères, l’Inspection générale des finances…). Nous avons accueilli dans nos cycles longs, d’une durée supérieure à six mois, un total de 253 hauts fonctionnaires marocains. 36 d’entre eux ont partagé la même expérience que les Enarques, entrés par concours. Nous avons cette année quatre Marocains qui s’inscrivent dans une scolarité renouvelée, ouverte à la fois sur l’Europe et sur la dimension territoriale, nos priorités actuelles. Nous accueillons également, dans les cycles spécialisés, une trentaine de hauts fonctionnaires marocains par année. D’une durée d’une semaine à un mois, ces formations portent sur des thématiques comme la réorganisation de la procédure budgétaire et l’administration territoriale. . Vous êtes un des défenseurs de la formation au service du changement. Comment cela pourrait-il se traduire dans un contexte comme le nôtre? - La modernisation de l’administration n’est pas uniquement l’amélioration des procédures, le changement de l’organisation ou encore la restructuration des actions. C’est aussi et surtout la préparation des compétences nécessaires. La formation est un levier de changement dans la mesure où elle implique une nouvelle culture administrative. L’exigence des citoyens est plus forte. Cela suppose un repositionnent, d’abord, du point de vue du citoyen. Une réforme est en cours au sein de notre école pour accompagner cette révolution des esprits. Nous faisons travailler les élèves sur des sujets de société comme les problématiques du logement, l’enfance… Un remodelage des principes pédagogiques s’est imposé de lui-même. Au Maroc, la même volonté politique de modernisation est ressentie. Nos administrations sont construites sur des règles et approches assez largement semblables. Elles sont confrontées aujourd’hui à des problématiques du même ordre telles que la proximité, la relation avec les collectivités locales et la performance. D’où tout l’intérêt de notre partenariat.


    Nouveaux créneaux

    «Quelle que soit la solidité de la formation initiale, il faut à chaque fois y injecter des formations ponctuelles pour adapter le fonctionnement aux nouvelles donnes», dit Durrleman. Un aspect nouveau sur lequel l’ENA-France s’est positionnée pour devenir une référence en la matière. L’établissement est sollicité sur ce registre par les ministères français de l’Intérieur et des Finances. Ce dernier a créé un institut de formation pour les fonctionnaires de ses services déconcentrés et envoie à l’ENA un bon nombre de ses cadres. C’est le cas également des directeurs des services fiscaux, formés sur des thématiques non spécialisées. Autre exemple, le gouvernement a demandé à l’ENA de former tous les directeurs d’administrations centrales après leur nomination non pas sur les aspects techniques de leurs métiers mais sur le management. «Gérer une équipe, conduire un projet deviennent plus importants que jamais. Si la culture ne bouge pas, et les esprits avec, l’administration restera sur des postures immobiles. L’approche marocaine tend à remédier à cela. Et nous comptons bien l’accompagner», insiste le directeur. Propos recueillis par Tarik QATTAB

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