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    Economie

    Pourquoi il faut réformer nos prisons

    Par L'Economiste | Edition N°:1797 Le 24/06/2004 | Partager

    . Un rapport du CCDH énumère une série de dysfonctionnements . Une écurie transformée en prison à Inzegane! Depuis quelques années, politiques, juristes et ONG dénoncent la dégradation des conditions carcérales. C’est comme si l’on continuait de considérer les détenus comme des citoyens de seconde zone à qui l’on doit le minimum d’égard. Le dernier rapport du Conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH) sur les prisons abonde dans ce sens: surpeuplement, manque d'équipements de base, malnutrition… A partir de visites effectuées sur les lieux et des rencontres avec les prisonniers, l'équipe du CCDH a relevé de nombreuses insufisances. Des prisons ne disposent même pas des installations rudimentaires (réfectoires, espaces de récréation… En outre, certains pénitenciers ne répondent pas à la mission à laquelle ils sont prédestinés. C'est le cas de la prison de Inzegane, “à l'origine une écurie”, et le centre Aïn Borja à Casablanca, une caserne transformée en lieu de détention. Outre les carences structurelles, une grande partie des établissements est en état de délabrement avancé. «La sécurité était le seul souci présent dans les esprits lors de la construction des prisons« souligne le rapport. D'où le surpeuplement des cellules et la réduction du temps de la récréation à une seule heure pour la bonne maîtrise de l'ordre. Les prisonniers préfèrent donc rester dans leurs cellules « plus spacieuses que ces espaces étroits«. Cette situation n'est pas sans engendrer d'autres difficultés comme les disputes et la montée de tension entre les prisonniers. Bon nombre d'entre eux auditionnés ont descendu en flammes les repas servis jugés, « insuffisants et inconsommables«. Si des efforts ont été déployés au niveau de certains centres, lesquels sont équipés d'ateliers de formations professionnels, de laveries et d'outils pour les soins dentaires, d'autres ne sont pas aussi bien lotis. Les membres de la commission ont constaté qu'au niveau de certaines geôles, les prisonniers dorment à même le sol ou recouvrent les lits en fer d'une couverture en guise de matelas. Lesquels en éponge, retirés suite à plusieurs incendies, n'ont pas été remplacés. Ces couvertures, stockées dans les entrepôts, font souvent objet de spéculations de la part de certains surveillants. Les soins médicaux sont aussi une denrée rare dans ce milieu. Certains centres manquent non seulement de lits de consultations, mais aussi des médicaments de premiers secours. Sans parler des infirmeries inexistantes ou des cellules converties en salle de consultation, à court de lumière et d'aération. Côté traitement pénitentiaire, “le recours à la violence est aussi monnaie courante dans les prisons de Berrechid, de Kénitra, de Casablanca…”. Et la violence verbale à l'encontre des prisonniers fait partie aussi de leur lot quotidien. Selon le rapport, l'isolement du détenu est une pratique qu'utilisent des directeurs des centres. Par ailleurs, plusieurs prisonniers ignorent leur droit et aucun effort n'est déployé pour combler cette lacune«, révèle le rapport. Alors comment éradiquer, sinon atténuer ces graves dysfonctionnements? Parmi les pistes de réformes proposées figurent notamment la simplification des procédures de grâce pour ceux et celles qui y ont droit. Par cette décision, le CCDH ambitionne de lutter contre le surpeuplement dont pâtissent les prisons. Le groupe de travail recommande également le réexamen des dossiers des condamnés à perpétuité, ayant purgé déjà une longue peine. Tout ce travail doit être accompli en associant la société civile et le monde carcéral. La prison ne doit être plus comme un lieu de réclusion, mais aussi un espace où la personne purge sa peine sans perdre sa dignité.


    Geôliers

    LES geôliers figurent également sur la liste des anomalies qu'égrène le document du CCDH. A cause de la pénurie de fonctionnaires, ils sont sommés de travailler parfois 14 heures par jour. De plus, le rapport indique qu'étant en contact permanent avec les prisonniers, ils courent de grands risques (menaces de morts ou accrochages avec les détenus). En revanche, ils ne sont pas bien récompensés. Les primes accordées sont dérisoires. D'ailleurs, les fonctionnaires qui sont sanctionnés sont affectés dans l'administration de ces prisons.


    Doublement surveillés

    LES prisonniers jugés dans des affaires relatives au terrorisme ont été également visités par le groupe de travail à l'origine du rapport. Il a été constaté que ces prisonniers sont surveillés par des fonctionnaires du pénitencier et des personnes en dehors de l'établissement. Le rapport a considéré cette démarche comme une entorse aux lois qui régissent les prisons. Pour ce qui est du traitement qui leur est réservé, ces derniers avancent avoir été injuriés et même brutalisés dans certains cas. De plus, ces prisonniers ne bénéficient pas de certains droits comme les visites, les livres ou encore la détention dans des cellules individuelles. Amal BABA ALI

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