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Société

Pourquoi fait-on travailler les enfants?

Par L'Economiste | Edition N°:2144 Le 03/11/2005 | Partager

. 77% des parents en milieu rural ignorent l’âge légal de la scolarité. Difficile application des textes . Une étude pointe du doigt les défaillances du système Des enfants qui travaillent, il y en a 600.000 environ au Maroc. C’est ce qui ressort d’une étude publiée en 2000 par le ministère de l’Emploi en partenariat avec l’OIT, l’IPEC et l’Unicef. Le phénomène, au lieu de reculer, résiste à toutes les campagnes d’information et de sensibilisation menées régulièrement depuis 5 ans. Il touche surtout les enfants du monde rural et des quartiers urbains défavorisés. Aujourd’hui, près de la moitié des parents en milieu rural croient que le travail des petites filles est permis. Pour les garçons, deux tiers pensent qu’il est autorisé. C’est du moins ce que révèle une enquête réalisée par l’agence Créargie Maroc. L’étude est le fruit d’une coopération entre l’ambassade de Grande-Bretagne au Maroc et le projet Adros, initié par le département du Travail américain. Elle a concerné un échantillon de 1.500 personnes et a duré près de 4 mois à Casablanca, Rabat, Salé, Fès et Marrakech ainsi que d’autres régions rurales du littoral atlantique.Hormis les chiffres, l’intérêt de la démarche est qu’il révèle le niveau de conscience des parents et employeurs par rapport aux risques qu’ils encourent et qu’ils font encourir à leurs enfants en les mettant au travail au lieu de les envoyer à l’école. Les questions posées ont tourné principalement autour de l’obligation de la scolarisation et de la légalité du travail des enfants. Il ressort que la plupart font état d’un faible niveau de prise de conscience par rapport au phénomène du travail des enfants. Niveau encore plus faible en milieu rural. Plus, dans ce dernier, les populations ont du mal à admettre certaines obligations comme celle d’envoyer les filles à l’école. A propos des employeurs et employeurs potentiels, plus de 20% ne savent pas qu’il est obligatoire de scolariser les enfants. Plus de 30% aussi ignorent l’âge légal de la scolarisation. Quant aux parents, ils sont 25% en milieu urbain et près de 65% en milieu rural à ignorer le caractère obligatoire de l’éducation et encore moins l’âge légal. En effet, 77% n’en ont aucune idée en milieu rural contre 45% en milieu urbain. Par ailleurs, l’enquête revient aussi sur la situation du travail des enfants au Maroc et les conditions dans lesquelles ils vivent. Les cas d’enfants, en particulier les petites bonnes, exploités et maltraités sont fréquemment révélés par les médias. Les risques liés à l’exploitation des enfants sont aussi mis en exergue. Hormis des retards de croissance évidents, on note le développement d’affections graves, notamment des yeux et des poumons dans l’univers du textile. Des déformations physiques sont aussi relevées dans le cas de travaux où les enfants doivent supporter de lourdes charges. Sans oublier le vide affectif et la confrontation au monde des adultes dès le plus jeune âge. Ce qui constitue un risque fatal pour l’équilibre psychologique de l’enfant.


Sensibilisation

L’étude recommande avant tout de renforcer la sensibilisation. C’est de la responsabilité de toutes les composantes de la société: gouvernement, société civile et citoyens. L’école est aussi mise en cause. Les taux d’échec élevés et l’abandon scolaire favorisent le travail des enfants. L’amélioration du système scolaire est une obligation. L’étude recommande l’intégration dans les programmes scolaires des matières relatives au droits de l’enfants et interpellant sur le danger de travailler dès le plus jeune âge. Le volet le plus critiqué reste, cependant, la législation. Si le Maroc a fait des progrès notables dans le domaine de la protection des enfants (ratification de plusieurs conventions internationales, réforme du Code du travail), les textes de loi demeurent lettres mortes. Plus que l’application des sanctions nécessaires, l’enquête recommande que le Maroc développe son arsenal juridique. Notamment en promulgant des lois cadre sur le travail domestique en conformité avec le rapport national sur le suivi du Sommet mondial pour les enfants.Ichrak MOUBSIT

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