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Affaires

Pourquoi Etisalat vise le marché marocain

Par L'Economiste | Edition N°:3399 Le 05/11/2010 | Partager

. Le rachat de 51% de Zain donnera indirectement accès à Wana . Une plateforme intercontinentale de fibre optique . Redéfinir les parts de marché, c’est possible mais… IL veut coûte que coûte mettre un pied au Maroc. L’opérateur émirati, Etisalat, a déjà raté une première occasion lorsqu’il négociait son entrée dans le capital de Méditel. Juste avant de conclure, les actionnaires «demandent plus que les720 millions d’euros fixés au début pour la cession de 51% du capital de Méditel», rapporte une source proche d’Ahmed Ben Ali, premier vice-président d’Etisalat. France Télécom s’engouffre alors dans la brèche et arrache finalement le contrat: 640 millions d’euros pour l’acquisition de 40% du capital (L’Economiste du 23 et 24 septembre 2010). Etisalat revient cette fois-ci par la fenêtre. Puisque ses négociations avec Zain pour en détenir le contrôle semblent aller bon train. L’opérateur koweïtien (Zain) détient 31% dans le capital de Wana Corporate. Si jamais la transaction est conclue, Etisalat deviendra actionnaire dans la filiale télécoms de l’ONA-SNI. Chez Inwi (Wana), on affirme officiellement «n’avoir aucun feedback» sur le deal en cours. Frédéric Debord déclare pourtant qu’il «voit et discute régulièrement» avec ses associés du Golfe. Même si ces derniers ont deux représentants dans le conseil d’administration, ils «n’interviennent pas dans le management». Zain, actionnaire minoritaire, a formé une joint-venture avec le fonds d’investissement Ajial pour faire partie du tour de table de Wana. Un fonds qui est lui-même détenu par le Consortium maroco-koweïtien de développement (CMKD). Et qui est le fruit d’un accord bilatéral signé en 1976 entre le Koweït et le Royaume. C’est dire à quel point les considérations politiques pèsent dans le secteur télécoms. Inwi est loin de faire l’exception. Mais une chose est sûre. Ces mêmes considérations ne risquent pas de décourager Etisalat. Ne serait-ce que parce que l’opération va lui assurer une croissance externe.

Une course décisive à la taille
C’est là une tendance mondiale. Car les opérateurs GSM traditionnels «vont vouloir s’internationaliser en acquérant d’autres opérateurs. La fusion-acquisition permet justement d’enrichir la base clientèle lorsque le marché domestique devient mature», commente Bocar A. BA, président du conseil de Samena. Une association à but non lucratif réunissant 35 opérateurs. Pour Etisalat, son marché domestique est plus que mature: 10,6 millions d’abonnés mobile et internet pour un taux de pénétration de 205%!Le président de son conseil d’administration, Mohamed Omran, estime que la prise de contrôle de Zain «apportera une valeur ajoutée» à son groupe. Car, ce dernier «s’active dans plusieurs marchés et qui sont complémentaires à ceux où nous sommes déjà présents», poursuit-il. Sept nouveaux pays sont en ligne de mire: Iraq, Koweït, Jordanie, Bahreïn, Liban, Soudan et Maroc. Ces deux derniers, rappelons-le, ont été exclus des négociations tenues entre Zain et Bharti. Elles ont abouti, mi-février 2010, à l’acquisition des filiales africaines par l’opérateur indien. Son dirigeant et fondateur, Sunil Mittal, a dû débourser 10,7 milliards de dollars. Ce qui confirme -encore une fois- cette course décisive à la taille. La stratégie d’Etisalat va dans le même sens. Son porte-parole parle d’ailleurs de «marché télécoms émergents qui offrent un excellent potentiel de croissance». L’opérateur émirati a des projets pour le Maroc. «Il veut en faire une plateforme pour son réseau de fibre optique sous-marin pour relier l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient», indique une source proche d’Etisalat. Certes, ce n’est pas le premier du genre. Asie du Sud, Moyen-Orient et Afrique en comptent une dizaine. Parmi eux, celui reliant Londres à Bombay et qui passe par le Détroit de Gibraltar et Djeddah. Vu son positionnement géographique, le Maroc est donc bien placé pour devenir un centre de transit intercontinental. D’abord parce que la convergence entre voix, son et image promet de belles années pour le marché de la fibre optique. Ensuite parce le Moyen-Orient et l’Afrique restent en deçà des performances enregistrées ailleurs en termes de capacité et de vitesse. Or, pour faire transmettre du contenu, il faut renforcer les bandes passantes. Aussi, l’éventuelle arrivée d’Etisalat risque de redéfinir les rapports de force. Puisque notre marché télécoms sera dorénavant adossé à trois mastodontes: Vivendi pour Maroc Telecom, France Télécom pour Méditel et peut-être Etisalat pour Wana. Lorsque l’opérateur émirati intégre le marché égyptien en 2007, les prix des appels on fondu jusqu’à 50%», note notre source de Dubaï. Un optimisme que ne partage pas un observateur du marché: «l’arrivée de France Télécom et d’Etisalat ne risque pas de changer grand-chose tant que le régulateur télécoms (ANRT) ne s’attaque pas sérieusement aux tarifs de gros». Ce qui assure un avantage concurrentiel à Maroc Telecom. En attendant, Etisalat estime qu’il est peu probable que la transaction se fasse avant la fin du 1er trimestre 2011. Le rachat des 51% des actions de Zain devrait coûter 12 milliards de dollars. Il était question de 46% au départ. La valeur de l’action a été finalement fixée à 1,7 dinar koweïtien (5,97 dollars). Zain devra par contre liquider, selon un calendrier précis, ses parts dans sa filiale saoudienne: question de concurrence. Un pays où justement Etisalat opère également. Elle est actionnaire à 26% dans Mobily. Un opérateur rentable qu’il a mis sur pied. Ce deal est par ailleurs très suivi en Arabie saoudite où les Emiratis n’ont pas toujours bonne presse.Faiçal FAQUIHI

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