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    Politique Internationale

    Pour redonner le sourire aux enfants des rues de Casablanca : Terre des Hommes et L'Heure Joyeuse unissent leurs forces

    Par L'Economiste | Edition N°:232 Le 30/05/1996 | Partager


    Casablanca s'avère être la ville la plus touchée par le phénomène des enfants qui errent dans les rues. Terre des Hommes s'est jointe à L'Heure Joyeuse pour agir avant qu'il ne soit trop tard

    Les petites mains tendues vers les vitres ouvertes des voitures arrêtées aux feux rouges se font plus nombreuses. Les bandes d'enfants sales ici et là commencent à se faire remarquer et à déranger. Sont-ils des délinquants, des voleurs ou de malheureux enfants sans famille ni abri? Les attitudes diffèrent, les points de vue aussi, mais ce qui est sûr c'est qu'il est temps d'agir. Ce ne sont peut-être pas encore des parias; on le doit d'ailleurs au contexte éducatif, social et religieux qui reste encore dominant dans leurs petits esprits; ils n'ont peut-être pas encore rejeté la société mais, en tout cas, ne trouvent pas le moyen de s'y insérer.
    Terre des Hommes, mouvement international d'aide à l'enfance, et L'Heure Joyeuse, ONG marocaine polyvalente ciblant l'enfant, se sont associées pour donner naissance à une opération dite "Enfants des rues de Casablanca". Avec le soutien de l'Institut Français de Casablanca et de Matech'Art, un groupe de peintres et sculpteurs marocains et belges, les deux associations ont réussi à mobiliser une équipe d'assistants sociaux qui devaient établir des points de contact avec ces jeunes enfants. Soins, sandwichs et tendresse étaient au rendez-vous à des heures et des jours précis. Les enfants se sont d'abord méfiés de ces inconnus qui les abordaient, puis ont commencé à se sentir en confiance à communiquer.

    Plus de 200 cas


    Au bout de trois mois les enquêteurs ont réussi à établir des fiches descriptives. Plus de 200 cas vivant exclusivement dans la rue ont été étudiés. Ils sont en général âgés de 15 à 18 ans. Quelques-uns ont moins de 11 ans. Seulement, l'âge réel demeure incertain puisque beaucoup d'entre eux n'ont pas d'état civil. La situation familiale (divorce, décès, remariage, chômage, misère, alcoolisme, violence, fratrie nombreuse ou encore exode rural) et l'échec scolaire sont cités comme principales causes de cette errance. Concernant leurs conditions de vie, le rapport souligne: "Ils vivent en bande, le leader étant le plus ancien dans la rue et non le plus âgé. Ils vivent d'expédients et passent la nuit dans des terrains vagues, entre deux stalles dans le marché de gros Ils s'adonnent pratiquement tous à l'inhalation de colle organique. Les plus anciens boivent de l'alcool et, si l'argent le permet, fument du haschisch. Ils vivent dans une saleté indescriptible et leur état de santé est précaire: bronchite chronique, plaies surinfectées, maigreur et dénutrition". Et d'ajouter: "le premier désir de ces enfants est un endroit à l'abri où ils peuvent dormir en sécurité et manger à leur faim. Pratiquement tous aspirent à une formation professionnelle débouchant rapidement sur un emploi leur permettant de vivre décemment".

    Nourriture, soins et arts plastiques


    L'opération "Enfants des rues" consiste d'abord à leur assurer un lieu d'accueil où ils se sentiront en confiance, acceptés et écoutés, un lieu qui les hébergera et les protégera de la violence. Ils y recevront éducation, formation, soins et nourriture. D'autres activités sont également proposées:
    - un atelier de création artistique organisé tous les mercredis après-midi dans les locaux de l'école Victor Hugo prêtés gracieusement par l'Institut Français de Casablanca, permet aux enfants de se familiariser aux techniques du dessin, de la peinture et du modelage. D'ailleurs, les oeuvres réalisées lors de ces ateliers ont été exposées à la galerie 121 de l'Institut Français de Casablanca du 21 au 29 mai;
    - un atelier bain durant lequel ils peuvent se laver et recevoir de nouveaux vêtements;
    - un atelier de réflexion et de sensibilisation pour discuter, encadrés par des éducateurs confirmés, de sujets tels que la réinsertion, l'utilité des études, l'avenir
    Des démarches seront entreprises pour obtenir des papiers d'identité pour les enfants demandeurs et entreprendre, en collaboration avec le gouvernement, les procédures légales en matière de réintégration des enfants.
    En attendant, Terre des Hommes et L'Heure Joyeuse ont organisé les 25 et 26 mai, à l'occasion de la Journée Nationale de l'Enfant, des journées portes ouvertes à l'école Victor Hugo (Aïn Sebaâ) en vue de sensibiliser le grand public aux problèmes de cette population marginalisée.

    Hanaâ FOULANI

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