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    Economie

    Pour pallier le manque de bon matériau : Travaux routiers: Le traitement des sols in situ relancé

    Par L'Economiste | Edition N°:73 Le 01/04/1993 | Partager

    Certaines régions manquent de matériaux résistants pour leurs routes. Il faut en apporter des fleuves. Ce qui coûte en transport. Une entreprise relance le traitement des sols sur place. Le procédé serait moins onéreux. Il pourrait ouvrir un débouché pour les cimenteries dont les marchés traditionnels stagnent alors qu'ils ont multiplié les extensions.

    Implantée depuis 18 mois au Maroc, Getrater SA. est une filiale de Guintoli, société leader en France en matière de terrassements et traitements des sols. Elle est également filiale de Procimar, société liée aux Ciments Français. Getrater S.A. propose une technique de "traitement des sols en place" pour la réalisation de travaux routiers, autoroutiers ou ferroviaires. Il s'agit d'enrichir au ciment du matériau disponible, en l'occurrence le caillou, quand ce dernier est de moyenne qualité. C'est le cas à Safi où l'entreprise a été chargée de réaliser le renforcement de la route CT 6501 entre la nouvelle usine de Safi et la ville.

    Surcoût du transport

    Le problème qui se pose dans la région est le manque de bons matériaux: maîtres d'ouvrage et entreprises sont amenés à utiliser des cailloux originaires de l'oued Tensift distant de plus de 100km de certains chantiers. Le transport par la route des matériaux entraîne un surcoût des projets et une usure non négligeable du réseau routier. D'où la proposition de l'entreprise de traiter sur place les sols. A cet effet deux machines venues de France ont été présentées le 30 mars dernier, par l'entreprise Getrater, en présence de M. Benmoussa, directeur des Routes et de la Circulation Routière au Ministère des Transports et président-délégué de l'Association marocaine permanente des Congrès de la route.

    Pour construire ces infrastructures, qu'elles soient routières ou ferroviaires, est exigé avant tout un matériau résistant (calcaire ou quartzite) provenant généralement des fleuves et que l'on trouve plus particulièrement dans l'oued Tensift, vers Benslimane (oued Cherrat), Marrakech ou El Jadida. Or ces centres de production sont souvent éloignés, ce qui rend le transport du matériau onéreux; d'autre part, les cailloux proviennent des crues: la mise en place de barrages rend ce matériau plus rare en aval puisqu'il ne descend plus très bas; les sources actuelles de cailloux vont donc s'amoindrir (excepté dans l'Atlas ou le Tensift).

    L'exemple de Safi où le matériau n'est pas de bonne qualité est édifiant. Le coût du transport est évalué en général entre 1 et 1,50DH/m2. Il représente, un coût de 2,50DH/m2 puisque la ville est distante de 250km de Casablanca. D'autre part les camions qui transportent par voyage 25 à 30t de matériaux sont un facteur non négligeable de détérioration des routes.

    La technique

    L'idéal est donc de trouver le matériau sur place. C'est ce que propose Getrater dont la méthode est de renforcer sur place le matériau existant.

    S'il est tendre, le caillou a une durée de vie très faible: l'entreprise le renforce donc par adduction de ciment, de gravillon et de sable. Une sorte de béton pour route. Le traitement des sols en place se pratique en Europe depuis une trentaine d'années, notamment dans la région parisienne. Au Maroc, le procédé a été expérimenté il y a 5 à 6 ans sans lendemain.

    Le problème est de trouver un dosage de ciment qui laisse une certaine souplesse à la structure.

    Getrater a proposé à cet effet deux machines: une épandeuse qui dose le ciment au m2, et un pulvimixer (pulvérisateur de sol) qui mélange de façon homogène la matière (caillou + ciment) et l'eau tout en procédant au réglage du profil. Une fois le mélange réalisé et sec la couche de bitume est posée. Les avantages d'une telle méthode sont:

    éviter le transport du matériau puisqu'il est traité sur place (seul le ciment est transporté et ne représente que 30% du mélange),

    pouvoir utiliser le matériau se trouvant en place même s'il est inférieur aux normes,

    permettre un gain de temps. Selon Getrater, la méthode permet de réaliser 550m2 linéaires de route par jour, sur 6m de large.

    Le marché

    Selon les promoteurs, le Maroc, qui est un des pays les mieux couverts en cimenterie (Oujda, Tanger, Rabat, Casablanca, Agadir et Marrakech) peut, grâce à ce procédé, relancer le marché du ciment.

    Pour un même budget, un kilométrage plus important peut être réalisé, notamment dans les régions où manque le bon matériau. Quant au marché proprement dit, il peut être étendu à la construction de la future autoroute Rabat-Larache pour laquelle il y a un problème majeur de cailloux.

    Jamal MANSOUR

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