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    Courrier des Lecteurs

    Pour limiter les effets de change : La Sonasid, privatisable, acculée à une extension

    Par L'Economiste | Edition N°:231 Le 23/05/1996 | Partager

    La prochaine privatisable par OPV dégage des résultats jugés honorables. Cependant, pour passer à la vitesse supérieure, la Sonasid devra réaliser une extension. L'intégration en amont sécurisera son approvisionnement et réduira l'impact du risque de change sur son résultat.

    L'OPV de la Sonasid sera lancée à la mi-juin et portera sur près de 30% du capital. Celui-ci s'élève à 390 millions de DH et est détenu à hauteur de 96,90% par l'Etat, le reliquat étant réparti entre le BRPM, la mine SEFERIF, l'ODI et des personnes physiques.
    La société sidérurgique produit essentiellement du rond à béton destiné au secteur du BTP et du fil machine pour les unités de tréfilage (clous, grillages...). Le laminoir opérationnel depuis 1984 a une capacité de production annuelle garantie de 420.000 tonnes en ronds à béton et fil machine pour un effectif de 600 employés.
    Le chiffre d'affaires global généré en 1995 atteint 1,8 milliard de DH pour un résultat net de 177 millions de DH et 456 000 tonnes produites.
    Depuis 1984, la Sonasid assure 95% de la production sidérurgique.
    En dépit de la libéralisation du secteur, elle reste leader avec des parts de marché qui gravitent autour de 70%. Depuis 1991, les importations, destinées à combler le déficit de production locale, se sont accélérées, représentant ainsi 15 à 25,8% du marché entre 1991 et 1993. Le secteur est encore protégé par des droits de douane de 35%.
    Parmi les concurrents, la société Sometal, dotée d'une capacité de 20.000 tonnes, est spécialisée uniquement dans la production des ronds à béton supérieurs à 12 mm. En outre, Longométal a installé un laminoir d'une capacité de 120.000 tonnes pour la fabrication des mêmes produits que la Sonasid.
    Selon les dirigeants de la Sonasid, les dividendes distribués depuis 1988 ont atteint près de 950 millions de DH.
    Sur le plan de l'approvisionnement, la société reste tributaire des importations de billettes. Le cours de ce produit semi-fini est lui même fonction de l'offre et de la demande internationales des produits sidérurgiques. Les conditions d'achat de la billette qui représente près de 80% du coût de production et le cours du Dollar influent de manière significative sur le résultat de la Sonasid.
    Pour limiter cette dépendance et augmenter la valeur ajoutée, le plan de développement de la société prévoyait dès sa création un projet d'intégration en amont. Mais l'ampleur des investissements requis et le niveau élevé de distribution ont incité les gestionnaires à procéder par étapes. "A la création de la Sonasid, le projet sidérurgique intégré nécessitait un investissement de plus de 7 milliards de DH", précise la direction.

    Ligne électrique unique

    Pour l'heure, l'étude de faisabilité de l'extension actualisée par la société évalue à quelque 2 milliards de DH la mise en place d'une mini-aciérie. Celle-ci serait alimentée par la ferraille et équipée d'un four de fusion électrique.
    La Sonasid est propriétaire de 1.695,3 hectares de terrains et bénéficie de la proximité du port de Nador. Le laminoir est alimenté par une ligne unique de 225 kW sujette à des coupures, provoquant des arrêts de production. Les prévisions d'exploitation de la société fixent à 120 millions de DH l'installation d'une deuxième ligne électrique pour suivre l'extension.
    L'intégration en amont va, non seulement assurer la sécurité de l'approvisionnement et améliorer la valeur ajoutée, mais aussi limiter l'impact du risque de change.
    Une étude établie par Wafa Bourse indique que le taux de rentabilité financière de la Sonasid est très satisfaisant, en dépit d'une tendance à la baisse. En effet, le ROE (Résultat Net/FP) est passé de 30,86% en 1992 à 20,76% en 1994, soit une perte de 10 points suivie d'une reprise en 1995 à 25,5%.
    La baisse du taux de rentabilité financière s'explique par le poids des amortissements du matériel, des frais financiers liés notamment à l'emprunt et des provisions pour pertes de change. Wafa Bourse anticipe une amélioration du rendement compte tenu de plusieurs facteurs.
    D'une part, le laminoir sera entièrement amorti à la fin de 1996.
    Selon les experts, celui-ci pourra fonctionner encore une vingtaine d'années sans gros frais de modernisation.
    Parallèlement, le poids des frais financiers va considérablement s'alléger dans les prochaines années, car le prêt contracté pour la réalisation du laminoir (330 millions de Marks) arrive à son échéance à la fin 1996. L'impact des provisions pour risque de change sur le résultat net peut être atténué par une gestion active du risque de change avec le développement du marché des changes, en attendant la réalisation de l'extension.
    Enfin, les perspectives de croissance du secteur sidérurgique sont importantes compte tenu des besoins en logements et en infrastructures.

    Mouna KABLY


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