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    Economie

    Pour financer près de 6000 stages : L'USAID ouvre la compétition entre les grandes écoles

    Par L'Economiste | Edition N°:70 Le 11/03/1993 | Partager

    Ecoles privées et publiques, de gestion et d'ingénieurs pourront profiter des fonds de l'USAID, pour renforcer leurs infrastructures, organiser la formation continue pour les cadres. La compétition est ouverte pour étudier le marché, y répondre.

    C'est une nouvelle manne pour les grandes écoles. Une partie du budget du programme "formation pour le développement" est mise à la disposition d'actions de formation continue au Maroc. Ce programme, co-géré par l'USAID et la Direction de la Formation des Cadres, s'étale jusqu'en 1999.
    D'un montant global de 28 millions de Dollars, il prévoit 3.800 stages au Maroc et 2.300 formations en anglais. 10 grandes écoles, dont 4 au maximum du secteur public, seront sélectionnées, bénéficieront de subventions pour organiser des modules de formation pointus, à destination du secteur privé, ou à renforcer leur infrastructure pour les réaliser.
    L'USAID et la DFC ont invité, le 25 février, l'ensemble des grandes écoles, publiques et privées, de gestion et d'ingénieurs, à une "journée d'information" surprenante au premier abord. Il n'y a pas de cahier de charges précis pour lequel chaque école va soumissionner. Le jeu est ouvert et les fournisseurs pris à rebours: il leur appartient de définir des actions éligibles au financement, d'en prendre l'initiative dans le cadre d'objectifs généraux.

    Formations reproductibles

    Ainsi, les écoles peuvent demander une "aide" pour un investissement (non mobilier) pour un équipement informatique ou audio-visuel, pour un "linkage" avec une université américaine (utile à la formation continue), ou pour l'amélioration de leur gestion.
    Ou bien alors, les écoles peuvent solliciter des financements pour mettre sur pied des modules de formation "reproductibles". Mis en place avec l'USAID, ils seront aussi sa propriété pour être mis à la disposition d'autres écoles, dans toute région du Maroc, pour une large diffusion.
    Ce type d'objectifs est fixé pour satisfaire quelques principes de gestion de ce programme USAID. Destiné au secteurs privé, il en adopte les bonnes méthodes marketing: il va au devant des besoins des entreprises. Il appartient aux écoles d'identifier ces besoins, de jouer les courroies de transmission, d'en être l'interface, de se placer sur les marchés. Il leur appartient aussi de déceler leurs propres besoins pour satisfaire ces marchés. "Que pouvez-vous faire pour nous? Oh! non pour vous! Que pouvons-nous faire pour vous?", leur disent les promoteurs du programme.

    Un questionnaire leur est remis en ce sens, pour un début de "dialogue". Ce sera une épreuve que d'y répondre: les écoles devront se valoriser pour montrer leur potentiel, paraître aptes à organiser des programmes. Elles devront aussi révéler leurs insuffisances pour solliciter des financements à leurs infrastructures.
    Outre cette approche marketing, la compétition entre institutions est un autre principe qui guide le projet. Ecoles privées et publiques devront s'y soumettre pour bénéficier de la manne, tout comme les candidats qui postulent à des bourses aux USA. La sélection des 10 institutions sera effectuée en commun par l'USAID, le DFC et un "comité mixte consultatif", désigné pour défendre les points de vue des employeurs et des cadres. Enfin, il sera exigé que les écoles supportent une partie de l'investissement, ou d'un module de formation financé par l'USAID. La participation aux frais est un autre principe du programme USAID, qui s'applique d'ailleurs aussi aux individus et entreprises qui veulent bénéficier des formations. Ce qui est complètement gratuit perd de sa valeur aux yeux de l'usager.

    Marchés permanents

    D'une manière générale, le but du programme "formation pour le développement", selon les représentants de l'USAID au Maroc et de la DFC, est de prodiguer une "aide pour que l'on s'entraide" .
    En l'occurrence, il s'agit pour le programme d'impulser des réflexes de formation continue chez les entreprises, et, en parallèle, des structures pour y répondre.
    Comme pour l'ensemble des programmes USAID, il s'agit de créer ou de renforcer des marchés permanents, autosuffisants.
    L'USAID a réorienté son action dans les années 80, dans la foulée du libéralisme et du reaganisme vers le secteur privé, jugé moteur du développement, surtout quand il est orienté vers l'exportation.
    Par la formation à laquelle l'USAID participe, il s'agit d'améliorer les capacités de réponses du secteur privé, des stimulations. Ces 28 millions de Dollars pour la formation viennent renforcer l'effet d'autres fonds USAID pour la gestion de l'Energie (9 millions de Dollars), la promotion de l'agribusness (20 millions de Dollars), l'accès aux marché internationaux (11 millions) le soutient à la PME (16,5 millions de Dollars). Au total, 150 millions de Dollars sont réservés au Maroc, pour la décennie.

    K. B.

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