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    Poulpes: Nouvelles recettes pour le marché nippon

    · Une antenne de céphalopodiers à Tokyo

    Par L'Economiste | Edition N°:431 Le 28/01/1999 | Partager

    Premier importateur mondial du poulpe, le marché japonais est également fortement rémunérateur. Avec ce partenaire de longue date, les opérateurs marocains veulent explorer de nouveaux créneaux de coopération.

    Monoproduit-monomarché. Près de 80% de la pêche céphalopodière est destinée au marché japonais. L'effet de dépendance du poulpe vis-à-vis de ce marché, fortement rémunérateur du reste, est indéniable. Avec une tradition gastronomique bien ancrée, les Japonais ne lésinent pas sur les moyens pour approvisionner leur marché. Pour atténuer le risque qui peut être engendré par cette dépendance, des efforts ont été fournis depuis 1993 par le Ministère des Pêches Maritimes (MPM) pour orienter le poulpe de grande taille vers les marchés européens. "Mais compte tenu des faibles quantités à destination de ce marché, les résultats sont restés modestes", est-il précisé au MPM.
    En effet, le marché japonais est le plus grand importateur de poulpe dans le monde. Son approvisionnement s'effectue d'abord à travers le marché marocain, suivi de la Mauritanie et de l'Espagne. Ainsi, un poulpe sur deux consommé au Japon provient des eaux marocaines. A titre d'exemple, la quote-part provenant du Maroc a représenté pour les années 1996 et 1997 respectivement près de 58 et 54%.
    Côté consommation, le niveau varie en fonction de l'offre en poulpes disponibles (quantités stockées au Japon) et du niveau des prix: de 92.226 tonnes en 1996, la consommation est passée en 1997 à moins de 72.000 tonnes. "En raison de l'importance de leur marché intérieur, les opérateurs japonais pourront importer l'équivalent de trois ans d'approvisionnement de ce produit à haute valeur ajoutée commerciale", affirme un professionnel de la pêche hauturière. Conscients de l'importance du marché nippon, les opérateurs marocains rivalisent aujourd'hui d'ingéniosité pour explorer d'autres créneaux de coopération. "Les quelques tentatives arrachées aux partenaires japonais par les armateurs marocains étaient timides et ont tourné court", est-il souligné.

    Grandes espérances


    Selon les industriels de la congélation à Dakhla, cette solution serait difficile à mettre en place en raison de la tradition gastronomique japonaise qui privilégie le poulpe frais traité sur place. Les Japonais, selon la même source, restent fermement attachés à réaliser le traitement et la transformation chez eux de tout poisson importé.
    Outre la valorisation du poulpe, les professionnels de la pêche hauturière planchent sur la mise en place d'une antenne de l'ACM (Association des Céphalopodiers Marocains) à Tokyo pour améliorer le suivi des cours des différents segments du marché des céphalopodes. De plus, "cette implantation permettra d'identifier avec les partenaires japonais les possibilités offertes au niveau du processing des céphalopodes avant l'export", affirme un armateur.
    A rappeler que l'Afiex (Association des Importateurs et Exportateurs Africains des Produits de la Mer) avait sollicité la FAO pour le financement d'une étude de faisabilité pour la création d'une bourse des Céphalopodes au Maroc. "Cette bourse permettra de maîtriser le prix du poulpe", déclare M. Hassan Sentissi, président de l'Afiex. En outre, ajoutent les responsables du MPM, l'expérience et le savoir-faire japonais conjugués à leur position de premier client pourraient être graduellement mis à profit pour la réalisation de ce projet.
    Autres partenariats maroco-japonais en perspective, la construction d'un chantier de réparation navale ainsi que la mise en place d'un bateau de recherche scientifique. De grandes espérances sont ainsi fondées sur le partenaire japonais dont les dons, durant les vingt dernières années, sont estimés à plus de 900 millions de DH.

    Hassan BOUCHACHIA

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