×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Economie

    Posons de nouvelles règles et sécurités pour l’épargne et l’investissement
    Par M’Fadel EL HALAISSI

    Par L'Economiste | Edition N°:3310 Le 01/07/2010 | Partager

    Il y a un déséquilibre caractérisé: d’un côté, on cherche à élargir le périmètre des marchés des consommateurs. De l’autre, on oriente les investissements vers les places financières connues et sécurisées, bref, concentrées. Ceci a concentré les flux financiers sur un petit nombre de places financières, alors que l’origine de l’épargne est mondiale.L’Afrique se prête bien à une étude empirique: 1) C’est la moins connectée au système financier international, elle draine le moins de capitaux, réalise les plus faibles valeurs d’investissement, et enfin dispose d’un taux de bancarisation le plus faible du monde;2) Une grande partie des économies africaines est considérée comme «zone à risque élevé»;3) C’est un continent à très fort potentiel de croissance: plus d’un milliard de consommateurs, et des richesses naturelles, représentant des opportunités pour l’économie mondiale. Or c’est la partie du monde la moins «arrosée» en capitaux, alors que d’autres parties sont «inondées» par ces flux financiers cherchant désespérément des placements. Si une partie des flux financiers, investis par excès dans l’immobilier des Etats-Unis, avait été investie en Afrique, l’automobile et le secteur financier américains n’auraient pas connu de telle crise, grâce à la demande effective africaine, générée par ces investissements. C’est ce regard globalisé sur les flux financiers qui manque depuis des décennies.Mais il y a des préalables: intensifier le réseau bancaire et élargir le taux de couverture géographique et le taux de bancarisation de la population. C’est le dispositif fondamental de notre proposition, car un réseau bancaire à maillage satisfaisant demeure «la cheville ouvrière» du nouveau système financier mondialisé à concevoir.Ce système repose sur trois piliers: la bancarisation, et d’autre part, les places financières régionales, et enfin, ce réseau dans le système financier universel sous l’autorité d’un agent supranational régulateur, contrôleur, acteur, et arbitre du système financier mondial.Le taux de bancarisation africain est l’un des plus faibles au monde (10%). C’est donc un gisement de croissance pour plusieurs décennies. La densification du réseau bancaire servira de courroie de transmission entre des marchés autochtones et domestiques et le grand marché financier mondial. Enfin, un réseau bancaire catalyse les opérations financières (distribution des flux financiers mondiaux, collecte d’épargne locale, bancarisation des citoyens).L’amélioration du taux de bancarisation est essentiellement l’œuvre des banques commerciales. Elles doivent être dotées de suffisamment de fonds propres et avoir une taille significative pour réussir. Or, à quelques exceptions près (les établissements publics), les banques africaines sont de très petites tailles, des fonds propres insuffisants et géographiquement concentrées.

    Stratégie des places
    L’un des facteurs de succès du système financier mondial réside dans l’importance des places financières, et notamment dans le drainage des flux financiers et l’allocation de ces flux vers les niches d’investissement. En Afrique, rien de tel (excepté l’Afrique du Sud, qui est un hub financier). Pourtant, certaines places africaines ont atteint une maturité relative et intéressante, comme en Afrique du Nord. Il manque néanmoins de la diversité des produits financiers, ou des zones d’influence et de périmètre d’action. Souvent ces places sont bridées par une réglementation locale contraignante.Pourtant la création de plusieurs places financières, régionales s’avère nécessaire. Celles-ci doivent se doter des caractéristiques suivantes:- Etre en parfaite connexion avec les grandes places financières mondiales (New York, Londres, Paris, Tokyo, etc.), en offrant tous les produits financiers courants. Ceci permettra de faciliter les flux des capitaux et l’arbitrage des investisseurs.- Elargir la zone d’intervention de la place financière au-delà du pays où elle se trouve pour englober une grande région économique, voire plusieurs ensembles économiques régionaux tels les UEMOA, UMA, Cemac et l’EAC.- Libérer ces places des contraintes réglementaires nationales liées au contrôle de change et au flux des capitaux. Elles restent assujetties à la réglementation internationale et au contrôle de l’entité supra-nationale, ce qui ne veut pas dire leur donner une liberté débridée.
    On demande régulateur mondial: place libre de suite
    La crise l’a encore montré, le système financier mondial ne peut pas fonctionner sans régulateur, ni contrôleur, ni arbitre! Le temps de la jungle financière est bien révolu. Et nombre de nos certitudes ont été brutalement révisées: la rationalité du comportement des agents économiques, l’efficience des marchés et leurs autorégulations, l’intérêt individuel conduisant à l’intérêt collectif, etc.L’Etat gendarme est appelé à la rescousse, mais, le problème, c’est qu’il n’y a pas de structure mondiale, unique, légitime, et objective capable de réguler, contrôler, arbitrer,…En d’autres termes, il s’agit d’inventer une banque centrale universelle, la banque des banques, avec des pouvoirs et des capacités élargies, allant de simple régulateur des marchés (open market, des liquidités, taux de change, etc.) à l’interventionnisme direct sur les marchés par le biais de l’allocation des capitaux en investissements et l’offre de garantie pour les investisseurs dans les zones dites à risque élevé.Aujourd’hui l’institution financière qui peut incarner ce rôle moyennant quelques aménagements (étendue des prérogatives et extension de son périmètre d’actions) demeure le Fonds monétaire international. Sous certaines réserves, il peut remplir cette mission de Banque centrale internationale et agir en fédérateur des banques centrales nationales ou régionales. La mondialisation des économies impose la mondialisation d’un régulateur des monnaies, des flux financiers, des liquidités sur les marchés, des taux de change, des taux d’intérêts, etc, et de surcroît de l’allocation des flux des capitaux vers des zones à forte valeur ajoutée universelle.

    Serait-ce si compliqué?

    Epargne concentrée et dangereuse d’un côté, manque d’investissements de l’autre: il est temps de revoir structure et maillage du système financier mondial pour optimiser l’affectation des ressources. La concentration de l’épargne a créé des bulles puis une crise généralisée. Ce constat factuel impose des conclusions analytiques: l’épargne mondiale doit obéir à de nouvelles règles d’affectation.Deux mesures sont nécessaires à l’adaptation du système, né en 1945 (Bretton Woods) et mort le 15 septembre 2008 (faillite de Lehman Brothers).1- D’abord, encourager l’émergence d’un réseau de places financières aussi dense que possible sur toutes les parties du monde et notamment les zones économiques à très faible connexion et intégration au réseau financier mondial.2- Ensuite, doter un organe supranational (l’équivalent d’une Banque centrale du monde) de moyens financiers, de pouvoirs réglementaires et de capacités de couverture de risques politiques ou d’insolvabilité aux capitaux investis dans la zone économique dite à risque élevé.o


    Les garanties salutaires
    Les institutions comme la Fed, BCE… agissent sur les intervenants du marché africain directement ou indirectement par capitaux et flux d’investissements, ou bien par un système de garantie et de contre-garantie en faveur des investisseurs sur le continent.La garantie en couverture de risques politique, commercial et financier est d’autant plus salutaire qu’elle draine les investisseurs extérieurs autant que les locaux. Elle sécurise banques et intermédiaires financiers, lesquels demeurent conformes aux obligations prudentielles.Or là aussi, le système financier mondial a enfanté divers organismes de garantie. Malheureusement, ces instruments sont majoritairement liés au développement des exportations de pays riches vers les pays moins riches. La conception est plus orientée vers les intérêts des pays émetteurs que les pays récepteurs considérés comme de simples marchés.
    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc