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    Pompes agricoles : La sécheresse bénéficie aux importations

    Par L'Economiste | Edition N°:167 Le 16/02/1995 | Partager

    La sécheresse représente pour les fabricants des pompes la période d'augmentation des ventes. Pourtant, l'année 1995 commence sur une note désagréable de conjoncture. Les problèmes de trésoreries, l'exonération totale de tous droits et taxes pour la pompe importée expliquent en grande partie cette situation mitigée.

    "L'ANNEE 1995, a l'air de bien se présenter, mais il ne faut pas trop s'avancer", indiquent les fabricants de pompes. La demande demeure assez importante.

    Dès janvier, certaines entreprises ont même enregistré des augmentations de ventes par rapport aux mêmes mois de l'année précédente ou de 1993. "Du fait d'une mauvaise pluviométrie, la situation devrait se confirmer. Mais il est encore trop tôt pour avancer des arguments optimistes étant donné que nous sommes au niveau d'une activité saisonnière et que le mois de janvier a toujours été un bon mois même au cours des mauvaises années", avancent les industriels.

    Ceux-ci ont connu en 1994 des moments très difficiles dus à une bonne pluviométrie. Cela s'était traduit par un ralentissement du volume des ventes, une baisse des chiffres d'affaires allant jusqu'à 15%, ainsi que par la contrainte de recourir pour certains fabricants au chômage technique. Le ralentissement des ventes qui se dessine pour 1995 s'explique, notamment, par les difficultés de trésorerie auxquelles sont confrontés tous les secteurs de l'économie, mais aussi et surtout par l'importation du produit fini exonéré de tous droit et taxe. "La bonne année, malheureusement, est aujourd'hui à l'avantage des importateurs qui ne sont assujettis à aucun droit ni taxe et qui creusent un peu plus leur part de marché", s'exclament les fabricants de pompes agricoles.

    Egalité pour les importations

    Ceux-ci dénoncent le principal frein au développement du secteur, en l'occurrence l'entrée de produits étrangers "à des conditions d'importation plus avantageuses que pour l'industrie locale". Pour M. Karim Bennani-Smirès, directeur de la société Soframar, "nous avons un savoir-faire et un métier que nous ne voulons pas perdre". Pessimisme, concurrence déloyale sont les principales expressions utilisées pour qualifier la situation actuelle du secteur des pompes au Maroc. L'importation concerne principalement la pompe à axe verticale.

    Il y a deux ans, le secteur ne comptait qu'un seul importateur ; aujourd'hui il en compte trois. "Malheureusement , du fait d'un a priori, le produit étranger remporte tous les succès".

    Face au déséquilibre créé par l'exonération des droits et taxes des pompes étrangères, les producteurs craignent pour "la survie du secteur".

    L'explication de l'exonération de l'importation trouve son origine dans la réglementation selon laquelle "la pompe, au même titre que les autres produits destinés à l'agriculture, est exonérée de tout droit. Ceci resterait logique et cohérent s'il n'existait pas d'industrie locale. Ce qui n'est pas le cas", rappellent les fabricants.

    Des contacts ont été pris avec différents ministères, dont celui du Commerce et de l'Industrie, de l'Agriculture et des Finances. "Nous ne demandons aucune protection particulière à l'Administration. Nous souhaitons seulement une égalité dans les conditions d'importation, à savoir que les importateurs soient soumis, eux aussi, à un tarif douanier, au PFI et à la TVA. A partir de là, nous pourrons véritablement parler de concurrence normale et équitable", soulignent les industriels.

    Aujourd'hui, ceux-ci sont dans une phase de transition avec une solution intermédiaire, à savoir l'article 163 bis du code douanier suivant lequel, la matière première importée n'est assujettie à aucune taxe. Toutefois, cet article "ne satisfait pas la profession, car il ne concerne que l'admission temporaire. Il faut dans ces conditions mettre des cautions en place et chaque année justifier que l'achat a été réalisé pour une quantité déterminée de pompes alors que le marché est variable d'une année à l'autre".

    Franchise totale en cours d'étude

    Actuellement, un dossier sur la franchise totale des matières premières est en cours d'étude au niveau de la Douane. "En attendant, chaque jour, les pompes d'importation sont commercialisées. Nos prix de revient ne sont en aucune manière compétitifs avec ceux des pompes importées. Nous ne pouvons pas nous battre avec des concurrents qui ne disposent d'aucun investissement lourd et importent un produit totalement exonéré".

    Cependant, ne sont permis à l'importation que les produits comprenant cinq éléments de colonne, "barrière que la Douane a bien voulu imposer aux importateurs. Il ont donc un manque d'éléments de colonne qui permettent la transmission de l'eau hors du puits et doivent donc s'adresser à des artisans locaux. Les éléments sous-traités sont parfois mal soudés, mal usinés... Le client achète souvent une pompe neuve à problèmes", remarquent les industriels.

    Le secteur des pompes au Maroc regroupe près de neuf entreprises, considérées comme les principaux représentants du marché, dont quatre qui interviennent au niveau de la fabrication.

    Autour de ces sociétés gravitent 30 à 40 distributeurs. La fabrication emploie actuellement une main d'oeuvre de 574 personnes. La masse salariale annuelle est de l'ordre de 28,8 millions de DH.

    Le volume des ventes s'est chiffré en 1993 à 8.909 unités (toutes pompes confondues). De son côté, le chiffre d'affaires s'est élevé pour la même année à 122,5 millions de DH et le taux d'intégration est de l'ordre de 78%

    Le secteur global des pompes se divise en deux branches : les pompes à axe vertical pour les forages et les puits, les pompes à axe horizontal pour l'irrigation par pivots, le goutte-à-goutte... Ne disposant pas de statistiques précises, les professionnels estiment le volume des ventes du premier segment entre 4.500 et 6.500 pompes par an, selon l'année.

    Pour le second segment qui reste moins important, le volume tournerait autour de 1.000 et 1.500 unités par an.

    Meriem OUDGHIRI

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