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Plus de 70% des AT concentrés dans le secteur

Par L'Economiste | Edition N°:324 Le 02/04/1998 | Partager

La majorité des accidents de travail dans les mines ont pour origine l'homme. Une politique de prévention s'avère nécessaire. L'OCP est un cas d'école.


Chute de blocs, bruits provoqués par les gros engins, mauvaises conditions d'aération, poussière: Les mineurs sont exposés à de nombreux risques. Près de 72% des accidents de travail (AT) proviennent de ce secteur, indique M. Sahbaoui, chef du service de la sécurité à la Division de l'Inspection des Mines au Ministère de l'Energie et des Mines. Parmi ces accidents, 70 à 90% ont une origine humaine. Les actions de prévention deviennent par conséquent une priorité.
Entre 1985 et 1995, les accidents de travail dans ce secteur ont baissé de 44% et les accidents mortels de 71%. Mais les professionnels précisent qu'il faudrait consentir des efforts supplémentaires.
C'est dans ce sens que la Fédération de l'Industrie Minérale (FDIM), ex-Association des Industries Minières du Maroc (AIMM), a organisé une table ronde le 23 mars à Fès sur le thème «Sécurité et hygiène dans l'industrie minière». Objectif: sensibiliser les professionnels du secteur sur l'importance de la prévention.

Une politique d'hygiène et de sécurité devrait permettre d'améliorer les conditions de travail des mineurs de manière à augmenter la productivité, soulignent les conférenciers.
Si des entreprises ont enregistré de bons résultats en matière de prévention et de sécurité, pour d'autres il reste beaucoup à faire. Le cas de l'Office Chérifien des Phosphates (OCP) est éloquent. D'ailleurs, le Groupe s'était tracé au mois de mars dernier un objectif de zéro accident de travail.
Le recrutement de médecins du travail depuis les années 70 a permis de réduire les AT, affirme M. El Mostafa Haizoun, médecin du travail à l'OCP. En 1990, les accidents de travail ont concerné 2,1% de l'effectif total. En 1997, ce pourcentage n'est plus que de 1,7%. Cette amélioration n'est pas due au hasard, est-il précisé. En effet, en dehors de l'activité purement médicale, les médecins du travail collaborent avec les diverses structures mises en place par le Groupe. Ces dernières vont du comité d'hygiène et de sécurité aux services de sécurité en passant par les centres de formation professionnelle, explique M. Haizoun.

Programme SST


Quels sont les moyens susceptibles de diminuer si ce n'est ramener à zéro les accidents de travail et les maladies profes-sionnelles dans ce secteur?
Pour M. Guy Lauret, ingénieur à la Société des Mines de Jouac en France, un moyen efficace réside dans une politique de com-munication et de qualité. La com-munication permet d'attirer l'attention sur un risque présent ou sur la nécessité de porter des équipements de protection.
Pour illustrer ses propos, M. Lauret a assimilé la question de sécurité à un iceberg. La partie visible correspond au moment où l'accident se produit. Quant à la partie immergée, elle se rapporte aux anomalies (situation anormale par rapport à une situation normale) et aux incidents (situation où la personne l'a échappé belle). De l'avis de M. Lauret, le responsable de la sécurité doit absolument avoir connaissance des situations à risque (anomalies et incidents) qui sont la partie cachée de la sécurité. A cet effet, le conférencier a proposé de prévoir des fiches d'incidents ou d'anomalies. Celles-ci seront remplies par les travailleurs et contiendraient notamment le lieu et la date de l'incident ou de l'ano-malie, les machines concernées, la description des circonstances et la proposition de solutions.

Selon Mme Judith Marie Lord, hygiéniste industrielle au Québec, la volonté et la détermination de la direction de l'entreprise de réduire les AT sont un préalable. «Toute la hiérarchie doit être impliquée dans les actions de prévention des accidents», dit-elle. L'instauration d'une approche préventive requiert une philosophie, une structure de la santé et de la sécurité du travail (SST), un programme de formation et son maintien. «Il ne suffit pas d'implanter un programme de SST. Il faut le maintenir, le pérenniser pour contrecarrer les risques d'oubli», souligne Mme Lord.
Certes, une telle approche peut s'avérer coûteuse, mais il n'en demeure pas moins que c'est un investissement rentable à long terme.


Visite du site de Tighza


Mine de Tighza ou mine d'El Hammam de Samine: des visites au choix ont été programmées par la Fédération des Industries Minières (FDIM) le 24 mars. La première mine est située à 100 km au Sud de Meknès, sur la route reliant cette dernière à Khénifra. Quant à la deuxième, elle se trouve à 110 km de Fès.
Située entre les montagnes de l'Atlas, la mine de Tighza est divisée en deux centres, l'un riche en argent, l'autre riche en plomb. La teneur totale est de 10% pour le plomb, 1,5% pour le zinc et 125g/tonne pour l'argent.
Selon M. Tâaya Benmlih, secrétaire général de la FDIM, ce gisement est actuellement un véritable pôle de développement régional.
La liquidation judiciaire de la Société Minière de Djbel Aouam(1) en 1993 a provoqué l'arrêt des travaux. Toute la région était quasiment déserte. Depuis le rachat de la mine par la Compagnie Minière de Touissit en janvier 1996, l'exploitation du gisement bat son plein. Des centaines de personnes occupent les logements qui se trouvent aux alentours de la mine. Ecoles, épiceries et cafés reprennent activité.

Depuis janvier 1996, la mine a connu une production totale de 24.000 tonnes de concentré de plomb et de zinc. L'effectif global est de 295 personnes. Le concentré de plomb produit est ainsi vendu à 80% à la fonderie de Oued El Heimer (près d'Oujda). Le reste ainsi que le concentré de zinc sont exportés via les ports de Nador et de Mehdia.
Une descente de 550 m dans la mine a été l'occasion d'apprécier sur place les dispositifs de sécurité. Ainsi, pour éviter d'éventuels éboulements, des grillages ont été placés sur la voûte. Les conditions d'aérage devenant difficiles à un kilomètre de marche dans la mine, des conduites en plastique ont été prévues pour faire passer de
l'air.
Par ailleurs, contrairement aux gisements de charbon où les mineurs ne se reconnaissent même plus à cause de la poussière, ce gisement se targue d'en avoir peu. Par conséquent, le risque de silicose est faible. Ce qui facilite les conditions de travail des mineurs et des ingénieurs. «On n'a même pas besoin de prendre une douche une fois qu'on remonte», souligne M. Lahcen Ouchtouban, ingénieur des mines.

(1) Cf. L'Economiste n°170 du Jeudi 9 mars 1995.


Kamal LAHBIB

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