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Economie

Plus de 5 milliards de DH de manque à gagner

Par L'Economiste | Edition N°:379 Le 16/11/1998 | Partager

Plus qu'une année pour l'expiration de l'accord de pêche avec l'Union Européenne prévue en novembre 1999. La réunion du Conseil National du Patronat (CNP) a été l'occasion d'évaluer le manque à gagner de cet accord.

Avec 400.000 emplois, 5 milliards de DH générés par la production halieutique, 15% de l'ensemble des exportations marocaines et 50% des produits agro-alimentaires, le secteur de la pêche est hautement stratégique. "En dépit de la compensation financière, en contrepartie à l'accès aux ressources halieutiques nationales de la flotte communautaire, l'accord n'a pas profité à l'essor du secteur", souligne M. Abdelmajid Smires, président de la Chambre des Pêches Maritimes de l'Atlantique-Nord. Et ce, lors de la réunion du CNP.
En effet, la présence de la flotte communautaire, et particulièrement espagnole, est à l'origine d'un manque à gagner substantiel pour toutes les catégories de pêche et à tous les niveaux. En tête de liste, les céphalopodiers. Constituée de 350 chalutiers congélateurs, dont seuls 285 sont actuellement opérationnels, la flotte céphalopodière a exporté en 1995 quelque 400 millions de Dollars (l'équivalent de 3.680 millions de DH). Deux ans après l'entrée en vigueur de l'accord de pêche entre le Maroc et l'Union Européenne, les exportations se sont établies à 2.441 millions de DH, soit une baisse de 29% par rapport à 1995. En fait, déjà en 1994, les rapports de recherches de l'Institut Scientifique des Pêches Maritimes (ISPM), faisaient état d'un effort de pêche excédentaire de 40%. "L'effort de pêche maximum que peut supporter le stock de céphalopodes se situait à 100.000 jours de pêche-chalutier par an, lequel effort peut être totalement réalisé par la seule flotte nationale", affirme M. Toufiq Jorio, membre de la Fédération des Industries de la Mer à la CGEM, faisant référence au rapport de l'ISPM.
De son côté, la pêche côtière enregistre un manque à gagner par rapport à la présence de la flotte communautaire évalué à 5,2 milliards de DH. Ainsi, le remplacement des palangriers européens par des unités similaires générera 2 milliard de DH. Le reste du surplus de production, induit par le retrait de la flotte communautaire, est partagé entre la pêche "merlutière" avec 300 millions de DH, même montant pour la pêche industrielle et 500 millions de DH pour l'exploitation des thonidés.
La pêche à la crevette, pour sa part, pourra afficher un chiffre d'affaires supérieur à 800 millions de DH.


Intégration: Quelle formule?


L'intégration des filières a des vertus. Les manuels de l'économie industrielle l'ont recommandé, l'expérience des grandes multinationales l'a démontré. Dans la filière sardinière marocaine, le débat est d'actualité. "La maîtrise de la filière au niveau de l'approvisionnement est la voie de salut pour sortir le secteur de la pêche côtière de sa sinistralité", affirme en substance M. Mohammed Joundi, président de l'Union Nationale des Industries de Conserve de Poisson (UNICOP). Cependant, si l'intégration permettra d'opérer une synergie entre les différents segments de la filière sardinière (extraction du poisson, sa valorisation et éventuellement sa distribution) par le biais des licences d'affrètement, les conserveurs doivent convaincre le Ministère de tutelle de les leur accorder. Ce qui n'est d'ailleurs pas de l'avis des armateurs et marins de la pêche côtière.
Autrement, sur les deux principaux acheteurs de la sardine, les conserveurs et les fariniers, les 2.664 bateaux de la flotte de la pêche côtière ne trouveraient plus preneurs pour leur marchandise, car les grands clients auront intégré leur circuit d'approvisionnement. M. Joundi préconise à cet égard l'élaboration d'une "formule" avec les armateurs de la pêche côtière pour les impliquer dans ce processus d'intégration de la filière. Reste à trouver cette "formule" magique qui arrangerait tout le monde.

Hassan BOUCHACHIA

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