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Plastique: baisse d'activité au premier semestre : Le recyclage a commencé grâce au secteur informel

Par L'Economiste | Edition N°:49 Le 15/10/1992 | Partager


Le secteur du plastique a enregistré une baisse de 20% durant le premier semestre. Certaines branches ne seraient pas concernées. La diversité des applications explique cette situation. Le volume de la consommation augmente. De ce fait, le problème de la pollution ne manquera pas de se poser.


LA baisse des droits de douane entraîne le secteur du plastique dans la tourmente. La situation n'est pas alarmante mais «la crise est bien là», affirme un professionnel du secteur. De l'avis général, le premier semestre de l'année a été morose. Une baisse du chiffre d'affaires d'environ 20% est constatée dans certaines branches, notamment l'enduction (plastification d'un support textile) et le soufflage (procédé de fabrication d'un corps creux, une bouteille par exemple). En revanche, d'autres branches connaîtraient des hausses même si les résultats enregistrés sont en-deçà des objectifs. Outre la concurrence des produits importés qui a provoqué une chute des prix de l'ordre de 15 à 20% dans certains créneaux, la restriction du crédit bancaire a ravivé les problèmes de trésorerie. La situation présente soulève globalement le problème de la protection et de la compétitivité des industries locales de transformation au moment où les frontières s'ouvrent davantage aux produits étrangers.

58% du marché pour l'emballage


Le secteur du plastique est très hétérogène. La matière unit des métiers tournés vers des marchés différents. Le plastique est ainsi présent dans tous les domaines. Aussi bien dans les techniques de soufflage que dans la mise en uvre de matériaux de pointe, toutes les industries sont concernées. Il compte à ce jour quelque 400 entreprises dont la plupart est installée à Casablanca avec une prépondérance pour les producteurs d'emballages qui détiennent 58% du marché. Les autres sous-secteurs sont constitués de l'équipement ménager, du bâtiment, de l'électricité, du transport, des jouets, de l'agriculture, de la chaussure..., et de l'habillement.
D'après une étude du Ministère du Commerce et de l'Industrie, la production du secteur en valeur, le chiffres d'affaires et les investissements ont respectivement progressé de 17, 21 et 74% entre 1988 et 1990. Durant cette dernière année, la production du secteur était de 66.000 tonnes pour un chiffre d'affaires de près de 1,5 milliard de Dirhams. Les exportations étaient de 36 millions de Dirhams au cours de la même année.

Matières premières importées


Pour sa part, la consommation cumulée en volume des principales matières plastiques est passée de 80.500 tonnes en 1987 à 121.400 tonnes en 1991, soit une progression de 51% en quatre années. Le marché est donc en pleine croissance, même si la consommation nationale par tête reste encore faible. Elle ne dépasse guère 4 kg par an, contre 50 kg en moyenne dans les pays industrialisés. De ce fait, les usines ne tournent qu'à 51% de leur capacité avec un effectif qui a reculé de 13% entre 1988 et 1990, année durant laquelle il se situait à 8.150 personnes, révèle l'étude du Ministère du Commerce et de l'Industrie.
La matière première de base est constituée par plusieurs produits. Le polyéthylène (PE) et le polychlorure de vinyle (PVC) sont les plus consommés au Maroc. Suivent le polypropylène (PP), et dans une moindre mesure le polystyrène (PS). Beaucoup d'autres matières sont mises en uvre mais le tonnage par produit reste faible.

Encombrement des ordures


Le PVC est le seul fabriqué au Maroc. Il génère plusieurs sous-produits destinés à la fabrication de multiples objets. Jusqu'en 1977, les industriels avaient recours à l'importation pour satisfaire leurs besoins. Le démarrage de la production de la SNEP en 1978 a permis aux industries locales de réduire considérablement leurs achats à l'étranger de PVC. Cette unité industrielle occupe actuellement 90% du marché du PVC. Pour les autres matières premières, l'approvisionnement se fait exclusivement à l'étranger.
La croissance de la consommation pose le problème de la pollution. Mais elle est moins grave qu'en Europe. En fait, l'importance de la consommation européenne des matières plastiques entraîne l'encombrement des ordures ménagères par les emballages. Celles-ci entrent pour 10% du poids des décharges et représentent plus de 25% du volume. Cet encombrement est considéré comme une atteinte à l'environnement, d'autant plus que la matière n'est pas biodégradable et le volume ne peut qu'augmenter dans le temps. Certaines autorités européennes ont mis en place des mesures, en particulier l'installation de poubelles séparées (plastiques, verres, aluminium). En outre, des installations de récupération ou d'élimination des plastiques ont été mises en place. Cependant, ces opérations de collecte séparée, de réutilisation ou d'élimination coûtent chères. Par ailleurs, la récupération est très technique d'autant plus qu'il existe plusieurs variétés de matières plastiques.

Les ramasseurs participent au recyclage


Au Maroc, la situation n'est pas encore alarmante. Cependant, le plastique devient une composante non négligeable des ordures ménagères. Toutefois, le recyclage existe déjà. La récupération des emballages est un «métier» assez développé dans le secteur informel. Des ramasseurs récupèrent des bouteilles de toutes natures qu'ils vendent à des collecteurs dont le travail consiste à ravitailler les transformateurs. Les bouteilles PVC sont nettoyées, broyées, puis utilisées pour la fabrication de tuyaux d'évacuation ou d'adduction d'eau, de chaussures et d'emballages non alimentaires. La réutilisation se développe de plus en plus.
En l'absence de statistiques, le tonnage récupéré, ainsi que les sommes mises en jeu, ne peuvent être avancés. «Le système informel de collecte, traitement et réutilisation des bouteilles PVC est rentable pour tous les partenaires», explique un industriel.
Une société de production de tubes installée à Agadir réaliserait même une grande partie de sa production à partir des produits de récupération.
«La matière plastique a été d'un grand apport pour l'industrie. Qu'elle soit polluante ou pas, nous ne pouvons plus nous en passer», affirme un professionnel du secteur.
Toutefois, «son avenir dépend de la capacité des industries locales à investir une grande part des profits réalisés afin de développer des technologies nouvelles pour l'élaboration de produits de plus en plus performants» explique-t-il.

Alié Dior NDOUR

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