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Economie

Plan gazier: Le projet piétine

Par L'Economiste | Edition N°:2091 Le 22/08/2005 | Partager

. Réduire la dépendance à l’égard du pétrole. Trois centrales électriques dans le pipe. Mais le code gazier toujours au SGGQu’est devenu le plan gazier? La réactivation du projet devient cruciale avec l’embrasement du prix des hydrocarbures. D’autant que le secteur énergétique doit faire face à plusieurs contraintes: bouclage de l’électrification rurale, libéralisation du secteur pétrolier et de l’électricité à usage industriel, sans oublier la diversification des sources d’énergie pour assurer la sécurité de l’approvisionnement.Dans ce contexte, le gaz naturel présente des atouts appréciables. De plus, il est à même de contribuer à l’amélioration de la compétitivité de l’industrie. . Bilan énergétiqueAinsi, le plan gazier finalisé au début de cette année par le ministère de l’Energie vise à rattraper le retard du Maroc dans ce domaine. A signaler qu’à ce jour, cette ressource contribue pour 0,36% à peine dans le bilan énergétique contre 23% pour l’Algérie, 12% pour l’Egypte, 9% pour la Tunisie et 7% pour la Turquie.Concrètement, le plan prévoit de contribuer pour 23% à la satisfaction de la demande nationale d’ici 2020 afin de réduire la dépendance à l’égard du pétrole. «Ce plan permettra de tirer profit de la proximité du fournisseur algérien en réduisant le coût du transport», souligne une étude de la Direction des études et de la prévision financières (DEPF).Il s’agit également de bénéficier de la proximité de l’Espagne et des interconnexions électriques et gazières entre les deux pays. «Le Maroc peut mobiliser la coopération espagnole pour mettre sur pied une gestion de l’approvisionnement de l’électricité et du gaz naturel au niveau régional», est-il précisé. Ce n’est pas un hasard si le voisin ibérique a porté sa consommation de 2 à 12,8% en moins de 10 ans alors qu’il est lui-même importateur de ce combustible grâce à la création de plusieurs centrales à cycles combinés. Pour son approvisionnement, le Maroc perçoit une redevance de 600 millions de m3/an. A l’issue des travaux d’extension du gazoduc Maghreb-Europe, elle pourrait être portée à 800 millions de m3/an au titre du passage du gazoduc sur son territoire.. «Regazéification»Pour satisfaire une demande de plus en plus croissante des opérateurs, il est possible d’importer du gaz naturel liquéfié en profitant de la structuration du marché international. Il faut donc prévoir la construction de stations de «regazéification» du gaz naturel liquéfié.Par ailleurs, compte tenu de l’option libérale adoptée par le Maroc, la majorité des investissements dans la construction des réseaux de transport et de distribution devrait émaner d’opérateurs privés dans le cadre de concessions de longue durée. Ainsi, le ministère de l’Energie estime à 650 millions de dollars les investissements privés dans les terminaux de gaz naturel liquéfié et le réseau de base. Le concours de l’Etat portera sur les extensions des ports capables de réceptionner des navires à grands tonnages. «Partout dans le monde, la tendance actuelle est à l’ouverture et à la libéralisation des marchés mondiaux. Cependant, les infrastructures lourdes dans le secteur gazier, à savoir, les réseaux, les structures de stockage et les terminaux de regazéification sont partout réalisés par des monopoles publics», relève la DEPF. Quoiqu’il en soit, l’expansion du secteur du gaz naturel ne se fera pas sans l’entrée en vigueur du code gazier. Celui-ci est censé instaurer un cadre légal et réglementaire adéquat. Encore à l’état de projet, ce code est actuellement au Secrétariat général du gouvernement. Sa mise en place est vivement attendue car il précisera le droit d’usage des futures infrastructures et les modalités d’accès des tiers à celles déjà existantes. Il devrait également définir la tarification et une fiscalité appropriées sans oublier les mesures incitatives pour la cogénération.


Les avantages compétitifs du gaz naturel

Le gaz naturel constitue une source d’énergie polyvalente qui peut être employée dans des domaines très variés, même si la production de chauffage et celle d’électricité constituent les principales utilisations traditionnelles. Ainsi, les compagnies d’électricité et les fournisseurs indépendants d’énergie emploient de plus en plus le gaz naturel pour alimenter les centrales en tirant avantage de son coût d’exploitation. «En effet, les centrales fonctionnant au gaz naturel coûtent moins cher, sont construites plus rapidement, travaillent plus efficacement et rejettent moins de pollution dans l’atmosphère que les centrales utilisant d’autres combustibles fossiles». Les améliorations technologiques en matière de conception, d’efficacité et d’emploi de turbines à cycles combinés ainsi que de processus de cogénération ont aussi encouragé l’emploi du gaz naturel pour la production d’électricité. Enfin, les préoccupations grandissantes liées à la protection de l’environnement devraient conduire à un plus grand recours au gaz naturel dans le secteur du transport. Le recours à cette source d’énergie permettrait notamment de limiter les impacts négatifs sur l’environnement, notamment les pluies acides, la détérioration de la couche d’ozone et les gaz à effet de serre. Mais l’efficacité du gaz naturel en tant que carburant dans les transports reste à prouver, vu les problèmes de sécurité qu’il pose.


Trois centrales électriques dans le pipe

- La centrale électrique de Tahaddart, inaugurée en janvier dernier, se situe à une vingtaine de kilomètres de Tanger. Le coût du projet dépasse les 284 millions d’euros (environ 3,1 milliards de DH). La centrale fournira 17% des besoins énergétiques du pays grâce à une puissance de 384 mégawatts. Construite par un consortium composé d’Endesa, Siemens et l’ONE, la centrale utilise le cycle combiné qui allie économie et rendement à la propreté du combustible utilisé, le gaz. Au lieu de rejeter dans la nature les gaz chauds, la centrale les utilisera pour faire tourner d’autres turbines pour recueillir plus d’énergie et augmenter le rendement de 38 à 58%. La centrale sera alimentée par une bretelle branchée sur le gazoduc Maghreb-Europe. Ce dernier transporte le gaz naturel des gisements algériens et sa capacité de transport est de 10 milliards de m3/an dans une première phase. Elle est en cours de doublement. - L’Office national d’électricité (ONE) a préqualifié, en mai 2005, quatre sociétés et groupements en vue de la construction, l’exploitation et la maintenance de la centrale à cycles combinés d’Al Wahda. Sept opérateurs ont été sélectionnés suite à un appel d’offres lancé le 11 février 2005.Le site de la future centrale d’une puissance de 2x400 MW est localisé à l’extérieur de l’enceinte de l’aménagement du barrage Al Wahda. Cette centrale utilisera également le gaz naturel transporté par le gazoduc Maghreb-Europe, une des sources d’énergie les plus propres et qui permet le recours à la technologie des cycles combinés. La mise en service de la première tranche de 400 MW est prévue pour fin 2008 et la seconde pour 2009. En régime de croisière, la centrale d’Al Wahda produira 6 milliards de kWh par an, ce qui représente à peu près 23% de la demande globale du pays à l’horizon 2010.- La Banque africaine de développement (BAD) a accordé au Maroc, en mars 2005, un prêt de 136,45 millions d’euros (près de 1,4 milliard de DH) destinés au financement de la centrale thermo-solaire de Aïn Beni Mathar.


Démarche à suivre

- L’essor du marché du gaz naturel dans le monde est lié au développement de la production de l’électricité. Aussi, les réformes qui affectent le premier marché influence-t-elles le second. Le Maroc ne fait pas exception: l’utilisation du gaz naturel dans le domaine de l’électricité constitue une locomotive de développement de ce marché naissant. D’ailleurs, l’inauguration, au début de l’année, de la centrale de Tahaddart et le bouclage des projets de celles d’Al Wahda et de Aïn Béni Mathar auront un impact majeur sur le développement de l’utilisation du gaz naturel. De même, la libéralisation programmée du marché électrique devrait impulser de façon durable la croissance du marché du gaz naturel. - Le rôle important des instances de régulation quel que soit le degré de libéralisation du marché. Elles s’assurent du bon fonctionnement du système et règlent des conflits (accès des tiers aux réseaux, tarification). D’ailleurs, le projet du code gazier prévoit également l’instauration d’une autorité indépendante de régulation pour assurer la transparence des opérations, le respect des règles de concurrence et l’équité des tarifs pour les consommateurs. - L’importance également de la notion du service public, malgré la libéralisation du marché. Cette option est essentielle surtout pour le développement de l’utilisation du gaz naturel dans le résidentiel. En outre, les pouvoirs publics devraient intégrer le gaz naturel dans le plan d’aménagement du territoire et des schémas directeurs d’urbanisme en prévision de la substitution progressive du gaz butane par le gaz naturel. - Au niveau de l’approvisionnement et malgré la libéralisation des marchés, les contrats à long terme jouent encore un rôle primordial dans la sécurité de l’approvisionnement. Dans ce sens, il paraît opportun de créer une centrale d’achats, sous forme de Groupement d’intérêt économique, regroupant les différents utilisateurs de gaz naturel, en vue de disposer d’un meilleur pouvoir de négociation auprès des fournisseurs.Mouna KABLY

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