×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Economie

    Plan de sauvetage pour la pêche hauturière

    Par L'Economiste | Edition N°:299 Le 09/10/1997 | Partager

    Cinq mesures vont être adoptées pour sortir in extremis les céphalopodiers de leur crise. Les recettes en devises sont en chute libre et l'impact social risque d'être douloureux.


    Comment sortir la pêche hauturière de son marasme? Cinq mesures sont sur le point d'être engagées pour limiter les dégâts.
    Eradiquer les poulpiers de la région de Dakhla, appliquer la réglementation concernant l'aménagement des pêcheries et le zonage, réduire la flotte pendant deux ans, rééchelonner les dettes des opérateurs et mettre en place un traitement fiscal spécifique.
    Dans l'immédiat, les armateurs réclament le retrait rapide des poulpiers installés à Dakhla compte tenu des effets désastreux sur la ressource halieutique: dégradation de la qualité du poisson et destruction des poissons reproducteurs. "Le secteur artisanal des poul-piers opère en marge du circuit administratif et de la réglementation", dénonce l'Associa-tion des Céphalopodiers du Maroc (ACM).

    En revanche, la pêche hauturière constitue un secteur formel qui emploie directement 15.000 personnes et indirectement 30.000. Elle génère, à elle seule, plus de 12% des recettes d'exportations, soit plus de 500 millions de Dollars.
    Par rapport à la marée 1996, elle-même médiocre, les tonnages débarqués en direction du Japon ont chuté de 33% à 4.150 tonnes. Ce marché qui génère l'essentiel du chiffre d'affaires du secteur a vu sa part passer de 56 à 35% entre 1996 et 1997. La part Europe a, elle, été portée de 30 à 42% avec une prédominance du poisson sur les céphalopodes. Les rendements journaliers en poulpes ont pour leur part reculé de 50%.
    L'ACM précise en outre que les recettes par bateau oscillent entre 100.000 et 150.000 Dollars, alors que le niveau requis pour couvrir les charges directes d'exploitation est de l'ordre de 300.000 Dollars. Ce qui explique l'incapacité des sociétés de la pêche hauturière à honorer leurs engagements financiers.

    Concernant l'effort de pêche, les professionnels préconisaient un prolongement de la durée du repos biologique de 4 à 6 mois afin de permettre une réelle reconstitution de la ressource. En fait, cette requête a peu de chances d'être retenue. Pour réduire l'effort de pêche, les décideurs penchent plutôt pour un arrêt partiel et alterné de la flotte. Concrètement, il faudra autoriser la sortie en mer à la moitié de la flotte et prévoir un système de roulement. Toutefois, les opérateurs affichent un certain scepticisme. La mesure paraît difficile à appliquer et nécessite un dispositif de contrôle rigoureux dans les ports. "L'arrêt systématique généralisé à toute la flotte sur une durée de 6 mois a pour avantage d'être plus facile à appliquer et à contrôler. De plus, au terme de la période, les résultats seraient plus palpables", souligne un armateur. Cependant, il est clair qu'un arrêt prolongé aurait un impact social lourd dans certaines régions.
    Il est à rappeler que, sous la pression des professionnels, la durée du repos biologique a été portée de 2 à 4 mois (avril/mai et septembre/octobre). Preuve que le prolongement de l'arrêt biologique ne suffit pas, à lui seul, à réparer les dégâts du secteur.

    Le secteur en chiffres


    · Une flotte de 455 unités représentant une valeur d'un milliard de Dollars d'investissements et 150.895 tonneaux de jauge brute (TJB).
    Quelque 22 entrepôts frigorifiques dont 12 au port d'Agadir, représentant une capacité totale de plus de 40.000 tonnes.
    · Près de 15.000 emplois directs et 30.000 emplois indirects.
    · Une production globale de près de 100.000 tonnes exportées dans sa quasi-totalité. Le marché japonais absorbe à lui seul 70% des captures. Le Maroc est le premier exportateur mondial de céphalopodes, notamment du poulpe.
    · Un demi-milliard de Dollars de recettes d'exportation, soit 12% des exportations globales.
    · Près de 200 millions de Dollars en investissement d'infrastructures portuaires destinées à l'accueil des chalutiers congélateurs dont 150 millions procurés par l'accord de pêche conclu avec l'Espagne en 1983. En outre, le nouveau port de Dakhla qui sera opérationnel en 1999 mobilisera une enveloppe globale de 100 millions de Dollars. Une zone industrielle sur une superficie de 270 ha est prévue à proximité du port.

    Mouna KABLY


    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc