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Economie Internationale

Pilule argentine pour la Russie

Par L'Economiste | Edition N°:346 Le 17/09/1998 | Partager

Nommé ministre de l'Economie en janvier 1991, M. Cavallo, économiste pur et dur diplômé de Harvard, avait rapidement réussi la gageure de redresser une économie argentine en lambeaux après des années de dictature et la défaite aux Malouines. Le portrait de M. Cavallo appelé à l'aide auprès de l'économie russe.


L'expérience argentine appliquée à la Russie? L'ancien ministre des Finances du Président Carlos Menem, M. Domingo Cavallo, a été suggéré par le directeur général du Fonds Monétaire International, M. Michel Camdessus, au Président Boris Eltsine et à son nouveau Premier ministre, M. Evgueni Primakov. Cependant l'ex-ministre argentin espère pouvoir contribuer à l'amélioration de la situation.
M. Cavallo a rappelé que ce n'était pas la première fois qu'il est sollicité pour une telle aide. Il a expliqué qu'il avait déjà été invité «par d'autres pays et organisations internationales pour donner des avis». Etant donné l'importance du pays et la situation critique qu'il traverse, «ce dernier appel a eu plus de répercussion».

L'ancien ministre argentin de l'Economie, considéré comme le père du programme de convertibilité instaurant la parité entre le Peso argentin et le Dollar américain, avait été choisi en 1991 par le Président Menem. Cet économiste pur et dur diplômé de Harvard avait rapidement réussi la gageure d'assainir une économie argentine en lambeaux après des années de dictature militaire et une cuisante et coûteuse défaite aux Malouines.

Juguler l'hyperinflation


Son plan parité Dollar-Peso, qui avait pourtant été accueilli avec une certaine incrédulité au départ, avait rapidement séduit les investisseurs étrangers et a permis de juguler l'hyperinflation presque d'un coup de baguette magique. "Peut-être que, sous une autre forme de gouvernement, ce programme aurait eu du mal à être mis en place, car c'est la stabilité du pays qui rassure les investisseurs étrangers", avait déclaré M. Jorge Arguindegui conseiller à la Chambre argentine de Commerce International, lors de son allocution au Forum Finances de L'Economiste en juillet 1997. M. Arguindegui avait estimé que "le contexte géopolitique, l'histoire et les traditions du pays représentent une limite, même si les principes et techniques économiques sont valables partout"(1).
La privatisation au pas de charge de la majorité des entreprises publiques lui permettait également de faire entrer de l'argent et à l'Argentine de relever la tête. Mais la crise mexicaine de 1994 et l'effet Tequila l'obligeaient à prendre des mesures de plus en plus drastiques et impopulaires. Critiqué par les gouvernements des puissantes provinces obligés pour la première fois de gérer un budget d'austérité, M. Cavallo devait également faire face à une montée très sensible du chômage en Argentine, qui atteignait le taux record de 17,1% à la fin de 1995.

Au fil des mois, les gouverneurs(2)devenaient de plus en plus réfractaires aux solutions prônées par le ministre de l'Economie, refusant souvent de les mettre en application, parfois avec l'accord de la présidence. Ainsi, quand M. Cavallo annonce une suppression de l'ordre de 30.000 emplois dans la fonction publique, le chiffre retombe rapidement à 4.400 après une intervention du Président Menem, surtout préoccupé par la vague croissante de mécontentements à la veille des élections municipales.
Très populaire au moment de l'instauration de la parité, au point de faire de l'ombre aux hommes politiques en place, l'image de M. Cavallo se dégradait tout aussi vite. Ainsi, en juin 1996, 60% des Argentins demandaient son départ alors que des mouvements sociaux préoccupants commençaient à se faire jour, comme les prises d'assaut des supermarchés par des retraités sans ressources.
Ecarté du pouvoir le 26 juillet 1996 par le Président Menem, qui s'empressait cependant de souligner que la parité n'était pas remise en cause, M. Cavallo reprenait son bâton de pèlerin d'économiste international tout en ne cachant pas ses aspirations présidentielles dans la perspective des élections de 1999.

Malgré une réussite indéniable sur le plan politique, puisqu'il a été élu député en 1985 et nommé ministre des Affaires étrangères en 1989, Domingo Cavallo préfère son «étiquette» d'économiste international. Il a en effet déjà été appelé en «consultation» en Bolivie et en Equateur tout en multipliant les conférences, essentiellement aux Etats-Unis. Son invitation au chevet de l'économie russe en crise est pour lui une nouvelle reconnaissance internationale du modèle qu'il a imposé malgré tout en Argentine.
Dans un récent reportage effectué par le quotidien argentin «La Nacion», M. Cavallo avait déclaré que la seule possibilité pour le gouvernement russe était de faire un «plan de convertibilité» comme celui mis en place en Argentine. Mais il existe toujours un problème. La convertibilité est une loi, et comme tous les lois, il faut la décider par la Douma. Boris Eltsine et son éventuel Premier ministre auront du mal a convaincre leur Douma, majoritairement contrôlée par les communistes.

Jorge D. ARGUINDEGUI

(1) Cf L'Economiste du 10 juillet 1997.
(2)Les gouverneurs des provinces sont des élus un peu comme aux Etats-Unis.

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