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Economie

Phosphates: La demande européenne se resserre

Par L'Economiste | Edition N°:63 Le 21/01/1993 | Partager

Sous les effets cumulés de la PAC (Politique Agricole Commune), comme des préoccupations écologiques associées aux nouvelles stratégies de fertilisation, les perspectives de la consommation européenne d'engrais phosphatés s'orientent vers une baisse estimée, à l'horizon 2000, de 16 à -27%. Un volumineux rapport de l'Institut Mondial du Phosphate présente 3 scénarios pour appréhender l'involution. Réflexions sur une réforme de la PAC (Politique Agricole Commune) obligent, l'Institut Mondial du Phosphate (Imphos) se penche dans un volumineux rapport sur le devenir du marché des engrais phosphatés de la communauté des douze. Plus précisément, l'étude de l'Imphos porte sur l'évolution de la consommation de ces mêmes engrais par les cultures céréalières et fourragères. Un sujet de circonstance, puisque ces deux postes absorberaient, en volume, plus de 80% des ventes en Europe d'engrais phosphatés. Or, les surfaces de ces cultures en zone CEE devraient être notablement amputées à moyen terme. Et ce via une accélération très probable du gel des terres préconisée par les réformateurs d'une PAC au devenir désormais scellé aux négociations du Gatt.

Ecologie

En corollaire, la montée de l'opinion écologique, avec sa panoplie de pratiques, comme les avancées scientifiques en matière de fertilisation, devraient se greffer aux facteurs limitants, à moyen terme, de la consommation européenne d'engrais phosphatés. L'impact de ces deux tendances sur les modes se productions céréalières et fourragères se caractérise par une baisse contrôlée et rapide de la fertilisation vers un plancher calculé au plus près des seuls besoins de la plante. Simplifier, selon les prospectives de l'Imphos, les effets cumulés de ces trois phénomènes devraient engendrer, à l'horizon 2000, une chute de la consommation européenne d'engrais phosphatés de -16 à -27% de sa valeur 1990 sur l'ensemble des surfaces céréalières et fourragères. Toutefois, si la consommation de P205 reste constante sur les autres cultures, cette diminution de la consommation européenne d'engrais phosphatés pourrait être ramenée dans une fourchette de 14 à 23%. Quoi qu'il en soit, comparativement au poids des changements de stratégies de fertilisation, l'orientation suivie par la réforme de la PAC sera nettement plus déterminante dans le taux de chute de cette consommation.

Plusieurs orientations d'ores et déjà envisageables ont donc été retenues par l'Imphos. Elles donnent lieu à trois scénarios du devenir de la consommation d'engrais phosphatés en Europe, constituant, en quelque sorte, les hypothèses haute, basse et intermédiaire. Leur but vise surtout à constituer un outil permettant d'orienter les prévisions sur l'un des trois scénarios établis en fonction de la tournure des négociations du Gatt et de l'évolution de la PAC.

Ainsi, un scénario orienté sur une réforme de la PAC additionnée de mesures environnementales "peu poussées", amène, à l'horizon 2000, une baisse de 22,6% de la consommation européenne d'engrais phosphatés sur les cultures céréalières et fourragères. Cette hypothèse intermédiaire s'appuie, entre autres, sur des mesures de libéralisation des prix céréaliers générant une chute de la production et de ses surfaces de 19%.

Un autre scénario dit "tendanciel" aboutit pour sa part à une chute de 16% de cette même consommation européenne sur les cultures céréalières et fourragères. Cette baisse se décompose en 3% imputables à une réduction des doses de fertilisants à l'hectare, notamment sur les céréales. Les 13% restant proviennent de la réduction des surfaces de cultures fourragères dont les superficies pourraient être réduites de 21% à l'horizon 2000.

Enfin, le troisième scénario des analystes de l'Imphos s'inspire lui aussi d'une réforme de la PAC renforcée, cette fois, de mesures environnementales "plus radicales". Son résultat induit une prépondérance de la réduction des surfaces de cultures céréalières et fourragères amenant à une baisse "record" de 26,7% de la consommation européenne d'engrais phosphatés sur les 7 années à venir.

Rééquilibrage

Toutefois, cette analyse doit être relativisée. En effet, comme le rappellent ses auteurs, plusieurs incertitudes soumises à des décisions relevant essentiellement de la sphère politique pèsent encore sur l'évolution de la part des deux postes pris en compte (céréales et fourrages).

En effet, le degré de rééquilibrage des marchés céréaliers et oléoprotéagineux qu'obtiendra la CEE, comme le développement éventuel de la valorisation non-alimentaire des productions agricoles pourraient éventuellement contribuer à un ralentissement du taux de chute de la consommation d'engrais phosphatés.

Christian MEAR

L'institut Mondial du Phosphate

Créé en 1973 par les principaux producteurs de phosphates, l'Imphos, dont le siège est à Casablanca, se définit comme un organisme scientifique à but non lucratif. Les compagnies membres de l'Imphos sont au nombre de sept: l'Algérie (Ferphos), la Jordanie (Jordan Phosphates Mines CO.), le Maroc avec l'OCP (Office Chérifien des Phosphates) et les Phosphates de Boucra; le Sénégal (Compagnie des phosphates de Taiba) et enfin le Togo et la Tunisie respectivement représentés par l'Office Togolais des Phosphates et la Compagnie des Phosphates de Gafsa. Le Conseil d'Administration de l'Imphos est actuellement présidé par M. Mohamed Fettah, Directeur Général de l'Office Chérifien des Phosphates (OCP).

Il est à noter que pour tous les pays membres de l'Imphos les exportations de phosphates et dérivés représentent de 40 à 50% de la valeur totale de leur commerce extérieur.

D'une première mission de "recueil et diffusion" de l'information, les activités de l'Institut Mondial du Phosphate évoluent aujourd'hui vers une promotion scientifique et technique des "pratiques d'utilisation raisonnées des phosphates, conciliant les besoins alimentaires du monde avec la protection de l'environnement comme la promotion d'une agriculture durable et rentable".

Pour ce faire, l'Imphos dispose de ressources provenant exclusivement des contributions versées par ses membres. Elles alimentent un budget de fonctionnement et de recherches d'un montant annuel moyen de 1 million de $ US. Toutefois, pour certains projets, d'autres sources de financement peuvent être recherchées, comme actuellement auprès de la CEE.

Au sein de l'Imphos, une Division agronomique est ainsi chargée de la conduite des études et recherches sur l'utilisation des phosphates en agriculture. A ce titre, l'une des contributions les plus significatives de l'Imphos a porté sur le soutien technique et matériel aux recherches agronomiques concernant l'utilisation des phosphates dans les pays en développement.

Quant à la Division technique de l'Imphos, elle affiche une vocation identique orientée sur l'industrie des engrais et la technologie de ses produits. Elle planche notamment sur les questions relatives à la pollution liée à l'utilisation d'engrais phosphatés en Europe. L'ensemble des travaux de l'Imphos sont menés en concertation avec un comité scientifique composé de spécialistes de notoriété internationale.

Ouvert, l'Institut, pour atteindre ses objectifs, coopère également avec la plupart des instances internationales, des organismes spécialisés ainsi qu'avec les services publics des pays intéressés.

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