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Pharmaciens/diplômés de l'Est: Ça sent le roussi

Par L'Economiste | Edition N°:1160 Le 07/12/2001 | Partager

. Le SGG suspend l'octroi des autorisations d'exercer puis les accorde. Le gouvernement sensibilisé mène une enquête officielle sur la validité des diplômesAlors que les choses semblaient s'être calmées pour les pharmaciens depuis juin dernier, voilà que la tension remonte d'un cran. Selon les professionnels, le Secrétariat Général du Gouvernement (SGG) a accordé il y a un peu moins d'un mois près de 400 autorisations d'exercer aux diplômés dont ceux des pays de l'Est. Contacté par L'Economiste à maintes reprises pour clarification, le responsable au sein du SGG se fera porter absent.Au début de l'été, le SGG, après une enquête officielle menée par le gouvernement, avait suspendu l'octroi de ces autorisations. Sous les incitations du Conseil National de l'Ordre des Pharmaciens (CNOP), le gouvernement a cherché à en savoir plus sur la qualité et la teneur scientifique de ces diplômes tant récriminés. Le 26 juin dernier, le verdict est rendu après les investigations qui ont été effectuées par le gouvernement. Dans un communiqué officiel du gouvernement, il est nettement apparu que: “Après l'effondrement du bloc de l'Est, le système éducatif a été battu en brèche. Il apparaît clairement que les universités, depuis qu'elles ont perdu leur caractère public, ont aujourd'hui des objectifs financiers très élevés à atteindre...” Le communiqué ajoute que les dépenses relatives aux étudiants marocains sont de l'ordre de 4,5 millions de dollars (soit plus de 52 millions de DH). Et un phénomène logique découle de cette situation: la surenchère au niveau des étudiants marocains bat son plein. La concurrence interuniversitaire fait rage. C'est à qui attirera le plus d'étudiants marocains, indique le communiqué. Et cela à leur détriment puisque l'enseignement dispensé est de moindre consistance que ce soit au niveau de la médecine ou de la pharmacie, toujours selon le même communiqué. Et pis encore, il s'avère d'après l'enquête officielle du gouvernement que même certains diplômes sont obtenus sans pour autant que l'étudiant effectue son cursus universitaire. Depuis donc le 1er juin dernier, plus aucune autorisation d'exercer n'avait été accordée. Mais ce revirement de situation opéré par le SGG aujourd'hui laisse les professionnels perplexes. C'est le flou total surtout que cette situation est loin d'être simple. Elle bute déjà contre un obstacle de taille, le projet de loi qui est encore bloqué au Parlement. Il s'agit particulièrement du sulfureux article 1er(1) qui a divisé la profession. En effet, il stipule que tout diplôme en pharmacie obtenu dans une faculté à l'étranger doit être reconnu équivalent au diplôme national par l'administration compétente. Sous la pression des différents lobbies, la Chambre des Représentants n'a pas encore rendu son verdict. Le jeu est serré: il faut soit adopter l'article 1er, ce qui permettra son application immédiate, soit l'amender, ce qui reportera son application à 2005.Cette situation avait déjà soulevé un tollé au sein de la profession et du CNOP qui pour s'insurger voulait même déposer sa démission, en mai dernier. Pis encore, en dépit du brassard qu'ils ont porté, les pharmaciens voulaient même organiser un sit-in qui leur a été refusé à la dernière minute. Pour les pharmaciens, c'en est trop. Alors qu'ils sont en pleine période électorale, “les 400 autorisations nous tombent sur la tête”, s'indignent-ils. Cette situation mène inéluctablement à la divergence des intérêts. Selon eux, “le fait d'avoir cédé aux pressions et octroyé autant d'autorisations permettra immanquablement aux diplômés de l'Est de se constituer en force, car devenus plus nombreux”. Face à cela, les pharmaciens ne comprennent pas le mutisme du ministère de la Santé, car la pharmacie demeure essentiellement une question de santé publique. Cependant, ces derniers sont taraudés par une autre question: “Comment fait-on pour devenir pharmacien en deux ans en Russie, alors que partout ailleurs ces études nécessitent un cursus de six ans?”. Le gouvernement ne répond pas non plus, d'après les pharmaciens, à leurs réclamations concernant la décentralisation des conseils Régionaux. “Les deux seuls qui existent ne peuvent pas gérer tout le monde”, est-il avancé. Mais ce ne sont pas les seuls écueils auxquels ils ont à faire face. La profession se dépêtre aussi dans des problèmes financiers. Selon leurs estimations, près de 20% des pharmaciens ont des difficultés à régler leurs fournisseurs, à honorer leurs crédits, ou tout simplement à subvenir à leurs besoins. Rappelons que tout pharmacien qui déclarerait faillite se verrait retirer définitivement son autorisation d'exercer.Jihad RIZK(1) L'article 1er du projet de loi n°34-99 organisant la profession.

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