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Peut-on faire de la politique autrement?
Par Saloua Karkri, députée de l’USFP

Par L'Economiste | Edition N°:2797 Le 12/06/2008 | Partager

Saloua Karkri, qui dit d’elle-même qu’elle est «députée, chef d’entreprise et chef de famille», a créé une entreprise de premier plan dans les nouvelles technologies, GFI-Maroc. Elle a été cofondatrice et première présidente de l’Association des femmes chefs d’entreprise, l’Afem. Elle s’est lancée dans la politique active au sein de l’USFP et a été élue sur la liste féminine, en septembre 2007Les dernières élections ont été marquées par le désintérêt et le taux de participation le plus faible de l’histoire de notre démocratie. Elles ont été marquées aussi par ce que nos militants à l’USFP ont considéré comme un camouflet, un revers pour notre parti. Notre véritable crise est dans l’absence de majorité forte capable de prendre les rênes du pays. Le clan libéral s’organise, se prépare à l’exercice de la démocratie et ratisse large, même si certains peuvent lui reprocher les «délits d’initiés». Pendant ce temps, le clan social-démocrate se désagrège en essayant de se reconstituer. Alors, de mon point de vue, il y a deux actions à entreprendre: la reconstruction d’alliances stratégiques et idéologiques autour des principes de social-démocratie et la reconquête de notre électorat, en lui offrant un projet de société viable, juste et équitable. . Moderniser les outils et les thèmesPour cette reconquête de l’électorat, il faut remettre en branle les cellules, les actions de masse, les actions régionales. Il faut mettre en place les procédures de communications modernes, pour transmettre nos messages, pour valoriser l’action du parti et de toutes les composantes du parti, actions des ministres, actions des parlementaires et actions du bureau politique. Des spécialistes de communication ou des conseillers en communication doivent être embauchés. Et les personnalités du parti ne doivent pas hésiter à se faire coacher pour plaire.Il faut avoir un programme ambitieux, et des idées originales dans notre programme et nos actions.Ces programmes et actions doivent viser le bien-être d’un grand nombre de nos citoyens, l’équité sociale… Nous avons défendu les entreprises et créé un environnement favorable aux entreprises. Il est temps de mettre les familles aux centres de nos préoccupations. La création des entreprises, la création des emplois et des richesses ne sont qu’un moyen pour mettre du bonheur dans les foyers.Je pense qu’une section féminine au parti, réservée uniquement aux femmes et destinée à émettre des messages adressés seulement aux femmes n’est pas la meilleure solution pour la participation des femmes.Elle produit les effets que produit la création d’une section entrepreneurs, une section cadre ou une section travailleurs, c’est-à-dire la division du parti en genre ou en classe aux intérêts divergents: au lieu d’unir autour d’objectifs communs, elle aboutit à des tensions internes.. Les femmes, ce n’est pas une mode!L’action en faveur des femmes devrait se matérialiser en veillant à l’implication des femmes dans toutes les instances du parti, de façon plus effective, au besoin en usant de la discrimination positive.Et une des mesures pourrait être la création d’une section mixte comprenant des hommes et des femmes dont l’action sera de:- Veiller au sein du parti à l’application de toutes les mesures visant à impliquer davantage les femmes;- Entreprendre une réflexion et faire des propositions de mesures pour inciter les femmes à participer;- Entreprendre une coordination avec les associations de femmes pour les attirer dans le giron du parti, ou inciter à la création d’associations autonomes soutenues par le parti.Il serait judicieux d’assurer une coordination avec les femmes parlementaires du parti et au besoin en faisant appel à une union des femmes parlementaires et le soutien des femmes ministres à revoir ce programme en fonction de la configuration politique actuelle et de définir un plan d’action pour encourager et inciter les femmes à plus de participation politique.J’insiste: l’implication des femmes n’est pas une mode. C’est un choix social, équilibrant la famille et améliorant les chances de notre jeunesse, sa formation et sa culture, et c’est un choix de société économique. L’intégration des femmes nécessite une remise en cause de notre organisation interne. Le respect des horaires, le timing dans les interventions, l’obligation d’écouter et de respecter le point de vue de l’autre, le respect des temps de parole, l’obligation de s’en tenir aux horaires raisonnables, tout cela est indissociable avec la participation des femmes. Il y a fort à parier que ces règles feront du bien également aux hommes.


Fausses raisons

Les raisons de la crise de l’USFP ne sont pas le dysfonctionnement des structures du parti construit sur le modèle des autres partis socialistes et qui fonctionne depuis cinquante ans.Ces causes ne sont pas idéologiques et nos principes socialistes de répartition des richesses et d’équité sociale ne sont pas écornés par la mondialisation. Il y a 70 ans, les nationalisations étaient le meilleur moyen de produire et aujourd’hui la libre entreprise a pris le dessus. Mais l’idéologie socialiste doit continuer pour sauvegarder ses acquis à s’opposer aux inégalités et aux injustices.Les raisons ne sont pas la carence de leadership, les hommes du parti ont fait la preuve de leur militantisme et de leurs compétences, dans l’opposition comme au pouvoir et le parti regorge de ressources humaines et de compétences.


Erreur d’optique

Je crois que l’acquis le plus important des dernières élections est masqué par nos attitudes négatives. Les dernières élections marquent la fin de la transition démocratique, que nous traînons depuis 50 ans. Une transition doit par définition être de courte durée, et les dernières élections doivent être l’opportunité de mettre un terme à la transition démocratique pour entrer de plain-pied dans l’exercice de la démocratie.L’expression des urnes doit donner tous les pouvoirs aux partis ou aux alliances désignées, sans restrictions, sans interventionnisme, mais aussi sans risques de bouleversement pour notre société.La désignation d’un Premier ministre issu des urnes est un acquis démocratique qu’il faut sauvegarder en renforçant les partis et les majorités capables de diriger le pays et non en acculant les partis à des crises et des luttes intestines.


L’opposition? Non!

Certains estiment qu’il faut obligatoirement revenir à l’opposition pour reconquérir la sympathie de l’électorat. Mais j’estime que le principal objectif d’un parti politique est la conquête du pouvoir et l’exercice de la gestion de la chose publique, pour approcher le projet de société que nous souhaitons pour nos concitoyens et mettre en œuvre notre programme.Seuls l’échec, la sanction des urnes et le jeu des alliances peuvent nous renvoyer dans l’opposition. Si les urnes nous sont favorables, nos négociations seront plus faciles au sein de nos alliances et avec toutes les entités concernées pour avancer dans la voie de la démocratisation dans laquelle l’USFP a toujours été un acteur primordial.

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