Economie Internationale

Pétrole brut: Le plongeon des cours

Par L'Economiste | Edition N°:320 Le 05/03/1998 | Partager

Le système d'indexation mis en place en 1995 a finalement du bon. Le consommateur marocain en profite surtout depuis que les prix des produits pétroliers sont à la baisse.


Depuis le 22 février, les cours du pétrole brut ne cessent de chuter. Ils ont atteint le niveau le plus bas et ce, depuis quatre ans. De l'avis des experts, les prix des produits pétroliers continueront à baisser.
Selon la presse française, le baril de WTI pour livraison en avril s'échangeait à New York le lundi 2 mars matin à 15,35 Dollars, soit 9 cents de moins qu'à l'ouverture. A Londres, le baril de brent se négociait à 13 Dollars, contre une moyenne de 19,12 Dollars en 1997. Les raisons: d'une part, la crise asiatique et la clémence de l'hiver dans l'hémisphère nord réduisent la croissance de la demande; d'autre part, le relèvement des quotats de l'OPEP et le nouvel accord entre l'Iraq et l'ONU poussent à une augmentation de l'offre.

Seule une réduction de la production de l'OPEP serait susceptible de soutenir les prix du pétrole, estiment les spécialistes. Mais l'organisation ne l'entend pas de cette oreille. «Le Venezuela, qui était à l'origine de la création de l'OPEP, risque d'entraîner l'ef-fondrement du cartel», affirme un expert. En effet, selon l'AFP, ce pays prévoit d'investir quelque 50 milliards de Dollars jusqu'à 2007 pour doubler sa capacité de production d'hydrocarbures. Ce plan ambitieux portera la production à 6,3 millions de barils/jour (mb/j), contre 3,3 mb/j actuellement. Or, le quota officiel de production imposé par l'OPEP au Venezuela est de 2,58 mb/j. Ce qui préfigure une offre encore plus élevée que la demande.
Pour le consommateur final marocain, qu'il soit automobiliste ou industriel, cette tendance est avantageuse.

La Loi de Finances 1995 avait en effet instauré un système d'indexation des prix des produits pétroliers sur les cours des marchés internationaux. Des réformes fiscales devaient également accompagner cette libéralisation. De fait, la Loi de Finances 1995 a simplifié le système de taxes appli-quées sur les produits pétroliers. Au lieu d'une multitude de taxes (droits de douane, PFI, taxe intérieure à la consommation TIC...), il n'était prévu qu'une TIC sur les produits raffinés applicable au niveau des distributeurs.
Avec l'indexation du prix pétrolier sur le cours mondial depuis janvier 1995, les opérateurs marocains du secteur pétrolier se trouvent de plus en plus exposés aux risques de change et de prix. Les produits pétroliers sont cotés en devises et leurs cours évoluent en fonction de l'offre et de la demande internationales. Par conséquent, toute évolution défavorable des cours modifie la structure du résultat et provoque un manque à gagner. En outre, elle entraîne une dépréciation des stocks, laquelle met en péril la rentabilité des investissements.
En fait, une variation des cours peut être aussi bien à la hausse qu'à la baisse. La prise de décision de se couvrir contre ce risque dépend de la capacité financière de l'opérateur à supporter un risque flottant et de la position des concurrents vis-à-vis de ce risque. Une couverture totale peut le défavoriser par rapport à cette concurrence si le prix évolue favorablement. C'est pour cette raison que la plupart des opérateurs optent pour une couverture partielle afin de pouvoir bénéficier d'une évolution favorable du marché.


Swaps pétroliers


La technique des swaps pétroliers permet aux opérateurs du secteur de se prémunir contre les risques de prix et de change auxquels ils sont exposés. C'est un contrat qui consiste en l'échange d'un prix variable contre un prix fixe portant sur un volume défini. Pour un producteur qui se voit livré des quantités de pétrole brut à un prix de marché volatile, il est intéressant de garantir un prix de vente fixe. Pour ce faire, il échangera avec sa banque le prix variable contre un prix fixe. Le raffineur, de son côté, s'il veut garantir sa marge (prix de vente-prix du brut) sur produits raffinés, il utilisera deux swaps distincts, l'un pour fixer le prix d'achat du brut et l'autre le prix de vente du produit raffiné. Il peut même réaliser un swap global sur cette marge en échangeant une marge variable contre une marge fixe.

Kamal LAHBIB

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