×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique Internationale

    Peinture : James Brown, un Américain au Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:159 Le 22/12/1994 | Partager

    James Brown est l'homonyme d'un chanteur, mais il peint. L'Américain inspiré par Tanger expose une vingtaine d'oeuvres dont certaines ne sont que des toiles blanches à la galerie Meltem, jusqu'au 7 janvier.

    Si l'art aux Etats-Unis a, depuis cinq siècles, vécu de l'apport des colons européens, de leur nostalgie marquée d'indépendance, de leur attachement dans la distance à leurs origines, il est devenu au début du XXème siècle le refuge de la modernité, avant de s'affirmer à partir des années 40 comme un nouveau modèle de culture caractérisé par une recherche d'identité proprement américaine.

    La peinture de James Brown, dont les derniers tableaux sont exposés à la Galerie Meltem du 15 décembre 1994 au 7 janvier 1995, y prend racine et s'en dégage, dans le courant d'une quête de l'universalité des cultures.

    Il est exceptionnel qu'un peintre américain, de cette renommé, expose au Maroc. Mais c'est bien aussi du Maroc qu'il s'agit, puisque James Brown a composé ces oeuvres au cours d'un séjour dans le pays, en particulier à Tanger, et travaillé avec des essences naturelles locales.
    Ses tableaux - ici une vingtaine -, peints sur toile de lin écrue ou papier blanc, se chargent d'émotion au seul regard du spectateur, loin de toute couleur, de tout message, de toute visibilité. Car nulle perception n'est naïve, encore moins dans l'art. Voir est un leurre, on ne perçoit que ce que l'on apporte, comme on n'entend que ce que l'on écoute sur le silence plane de la toile. La création existe pour le regard, en lui.

    Pourtant, dans ce dépouillement esthétique, où James Brown a pu aller jusqu'à peindre des toiles blanches, vide absolu, ouverture béante, émergent des images réelles - visage, animaux marins, photographies. Indifférentes et particulières, mêlées à leur reflet coloré, elles se diluent dans sa présence au-delà de toute particularité, là où la matière et l'esprit se confondent.
    Des lignes se tracent, d'étranges fleurs éclosent et s'étalent, dans une identité sans ressemblance. Encadré, le travail du peintre, précieux déjà sur la surface, se métamorphose en objet original de culte somptueux. L'art renaît, de son dénuement, dans toute sa force et sa pureté.

    Faut-il y voir l'effet, le poids du parcours du peintre et son environnement culturel? James Brown, dans la mouvance actuelle de la peinture américaine, n'est pas en quête d'identité, mais d'identique en l'Homme porteur d'une vision du monde. Né à Los Angeles en 1951, il est tenté par une vocation religieuse, puis voyage à travers le monde et peint à partir de son expérience, de sa recherche des matériaux bruts.

    Dès le début des années 80 il paraît comme un des "promoteurs" de l'art contemporain. Les plus grandes Galeries d'art de niveau international lui ouvrent leurs portes en Italie, en France, en Allemagne, en Suède, au Japon, aux Etats-Unis.
    Aujourd'hui, s'il vit et travaille à New York, il garde toujours à Paris un atelier où domine le blanc, où tout rayonne de lumière et de cette pureté qu'il transmet à ses oeuvres. Voyageur, il garde en sa mémoire de peintre l'essentiel, l'unité allant jusqu'au monochromatisme, où l'invisible se donne à voir dans sa présence évanescente. La peinture y est sauve de toute disparition dans l'inessentiel. Et l'homme est exprimé dans une synthèse de sa diversité - la vie - sa brisure.

    En marge de cette exposition à laquelle assistera le peintre, la Galerie Meltem organisera une conférence sur "l'Artiste occidental et le Monde oriental", qui devrait être animée par un spécialiste américain de l'histoire de l'art de l'Université de New York, Robert Rosenblum.
    Taher Ben Jelloun a offert cinq poèmes inspirés par les oeuvres de James Brown, rencontré à Tanger, pour le livret sur l'artiste et son oeuvre composé par la Galerie, qui permet ainsi au public de se familiariser avec un des grands courants picturaux de cette fin de siècle.

    Thérèse BENJELLOUN

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc