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Economie

Pêche/Surexploitation
ONG et scientifiques sonnent l’alarme

Par L'Economiste | Edition N°:2171 Le 14/12/2005 | Partager

. Une ONG espagnole dénonce l’utilisation de chalutiers dans les eaux profondes. Elle s’aligne sur les mises en garde des scientifiques . L’accord de pêche dans la ligne de mire Désormais, la pêche intensive ne menace pas seulement les céphalopodes. Dans les eaux marocaines, le poisson de profondeur, que le ministère de la Pêche avait présenté en tant qu’alternative à la raréfaction de certaines espèces comme les céphalopodes, serait également menacé. Oceana, une importante organisation internationale de protection des ressources halieutiques, basée à Madrid, vient de sonner l’alarme. Elle dénonce la surexploitation par les chalutiers espagnols des eaux profondes du Maroc, et ce, en dépit des mises en garde des scientifiques des deux pays. En effet, l’ONG espagnole ne fait que reprendre l’alerte qui avait été donnée déjà en novembre 2004 par l’Institut national de la recherche halieutique (INRH) et l’Institut espagnol d’océanographie (IEO), à l’issue d’une sortie de prospection dans les zones comprises entre les caps d’Agadir et Boujdour. La mission scientifique a été effectuée à bord même du navire scientifique espagnol Vizconde de Eza, précise un responsable de l’INRH. L’évaluation de l’état des espèces de profondeur dans ces zones a fait ressortir le danger d’une pêcherie incontrôlée. Selon Oceana, les résultats communs de l’INRH et de l’IEO révèlent que «seule une pêche expérimentale contrôlée pourrait être autorisée sur quelques espèces de profondeur, avec des engins sélectifs et une extraction limitée de biomasse». Les scientifiques préconisent, par ailleurs, l’utilisation d’un petit nombre de palangriers de fond pour la capture du merlu noir, du mostalle et du sabre noir. Xavier Pastor, directeur d’Oceana pour l’Europe, est catégorique: «le Secrétariat général de la pêche maritime (SGPM) espagnol ignore ces résultats et prétend répéter l’étude autant de fois que nécessaire pour satisfaire les intérêts des compagnies de pêche au chalut». En effet, si la mise en garde de l’organisation internationale concerne les missions d’étude et de prospection, elle est à plus forte raison valable pour les campagnes de pêche proprement dites. Elle déclenche, par la même occasion, un débat longtemps ignoré sur la situation des espèces des eaux profondes au sud du Maroc. D’un point de vue purement technique, et au-delà de l’aspect quantitatif, la pêche à la palangre est plus sélective que celle au chalut. La première utilise des lignes avec des hameçons dont la taille détermine celle du poisson pêché, tandis que le chalut utilise des filets qui, souvent, portent préjudice aux milieux naturels des poissons en dévastant les forêts marines. C’est pour cette raison aussi que l’Onu a banni l’utilisation des chaluts dans les eaux profondes en regroupant les avis conformes d’un millier de scientifiques à travers le monde. Le communiqué d’Oceana souligne que «dans différentes zones d’Europe, l’utilisation de chalutiers a endommagé entre 30 et 50% d’importants écosystèmes et provoqué une grave perte de biodiversité et de production marine». Aujourd’hui, et à trois mois de l’entrée en vigueur de l’accord de pêche entre le Maroc et l’UE, le SGPM dépendant du gouvernement espagnol est dans le collimateur. Les autorités marocaines le sont tout autant. Pour Abdelfettah Zine, armateur, il est aujourd’hui nécessaire d’avoir plus d’informations sur les espèces des fonds. Il s’agit d’une précaution à prendre pour ne pas condamner des espèces à l’essoufflement. Toutefois, l’accord de pêche avec l’UE, qui entre en vigueur à partir de mars 2006, prévoit 22 bateaux entre chalutiers et palangriers qui pêcheront dans les eaux profondes du sud. Les professionnels marocains pensent que le nombre des chalutiers dépassera celui des palangriers. «Nous ne sommes pas dupes. Ces chaluts ne pêcheront pas seulement des espèces abondantes comme le merlu noir. Ils rafleront tout aussi bien les crevettes ou des espèces à grande valeur ajoutée», estime un armateur de la pêche hauturière. Rappelons que le ministère de tutelle avait affirmé, à l’issue des négociations avec l’UE, qu’il s’agit d’une pêche majoritairement artisanale, sans répercussion majeure sur la ressource. Toutefois, les professionnels marocains ne sont pas du même avis. Ils mettent en avant la performance de ces bateaux qui peuvent cibler d’autres espèces que celles qui leur avaient été désignées. Zine donne pour exemple les 60.000 tonnes de pélagiques, accordées à 18 chalutiers principalement français. Ces derniers sont parfaitement capables, est-il précisé, de cibler une pêcherie à meilleure valeur ajoutée comme les anchois. Sur un autre registre, les professionnels marocains dénoncent l’absence de données crédibles et exploitables sur la situation des espèces des grands fonds. Mais tout le monde s’accorde à dire que depuis 3 ans, les filets et les lignes réalisent de bien maigres prises. Rien à voir avec le faste de la fin des années 90 où il y avait une grande ruée sur l’acquisition de grands palangriers modernes. Mostafa BENTAK

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