×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Affaires

Pêche: Les professionnels réagissent aux propos du ministre

Par L'Economiste | Edition N°:1139 Le 08/11/2001 | Partager

Le vendredi 2 novembre, une réunion s'est tenue à Casablanca regroupant un grand nombre d'opérateurs de la filière pêche (côtière et hauturière, usines de traitement de poisson, prestataires de services: carburant, matériels, vivres, réparations navales, assurances...) pour:1/ Démentir les contre-vérités et les accusations graves et insultantes formulées par le ministre des Pêches à travers la presse, l'audiovisuel et, comble du cynisme, même face aux représentants de la nation;2/ Examiner la situation dramatique que vit cette filière, depuis l'application de la nouvelle politique ministérielle de valorisation du poulpe.Mais au préalable, nous nous devons de donner deux chiffres illustrant les réalisations de notre secteur avant l'arrivée dudit ministre.Deux performances à citer:- Plus de 10 milliards de DH en 2000, soit une progression de 54% par rapport à 1999. La plus importante performance d'un secteur économique national (source: Office des Changes).- Pour le poulpe, une augmentation de seulement 2% en tonnage a généré une augmentation de 19% en valeur en l'an 2000 (source: Office des Changes).En conséquence, les opérateurs présents dénoncent le ministre des Pêches maritimes pour:- Les insultes portées à leur encontre dans la presse, et qui sont indignes du responsable même du secteur.- La violation de la loi et des règlements relatifs au commerce, qui sont des droits élémentaires et fondamentaux de tous les citoyens marocains.- L'impossibilité d'acheter du poulpe et l'interdiction de le transporter librement au sein du territoire national pour le traiter dans les usines agréées à cet effet.- Les menaces ne leur font pas peur et ce, grâce à l'Etat de droit qui existe dans le pays où ils vivent, et sur lequel veille Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l'assiste.De plus, ce sont des manoeuvres dilatoires ayant pour seul et unique objectif de faire endosser aux professionnels l'échec de la politique de commercialisation du poulpe, consécutive à l'interventionnisme du Ministère des Pêches en matière commerciale, aboutissant en moins d'une année à la situation catastrophique suivante arrêtée au mois d'octobre dernier:a/ Un stock de 16.000 tonnes invendues, jamais atteint dans l'histoire de la pêcherie.b/ Une perte de plus de 15 millions de journées de travail pour les marins-pêcheurs, soit 1,5 milliard de dirhams de revenus dont ont été privés définitivement les foyers marocains les plus modestes.c/ Plus de 15 millions de DH de frais de stockage supplémentaires.d/ Plus de 100 millions de DH de frais financiers dus aux reports d'échéances et extension des arrêts de pêche.e/ Plus de 350 millions de DH de perte en raison de la dépréciation du dollar, pendant le blocage des exportations par le Ministère des Pêches à travers une circulaire envoyée à la Douane.f/ Plus de 450 millions de DH de perte représentant 75% du chiffre d'affaires des industries exportatrices d'Agadir dus à l'interdiction de la libre circulation des biens dans le sens sud-nord du Maroc.g/ Plus de 800 millions DH de perte représentant 40% du chiffre d'affaires en moins pour l'année 2001, perdus par les opérateurs économiques Naval du sud.h/ Une perte de plus de 40% de parts de marché au Japon abandonnés au profit des pays concurrents qui ont immédiatement comblé ce vide.i/ Une perte pour la flotte de 1,5 milliard de DH équivalente à 210 jours d'arrêt de travail.Pour le moment, les opérateurs économiques préfèrent arrêter là l'énumération des effets négatifs de cette politique. Quant aux véritables objectifs, cachés derrière cette politique, ils ne seront dévoilés qu'après l'arbitrage demandé au Premier ministre rendu et tous les obstacles à l'export levés, et qu'ils aient recouvert leur droit de commercer librement, sans interventionnisme du Ministère des Pêches dans la politique commerciale.APAPHAM, UPEC, APENAV, APEP, Chambre des Pêches de l'Atlantique Centre-Agadir



... Et le ministre leur répond

. Saïd Chbaâtou: «Si les professionnels sont adeptes du libéralisme, ils devront en assumer les conséquences»Rien ne va plus entre les professionnels de la pêche et leur ministère de tutelle. La crise a atteint son plus haut niveau. C'est désormais une tradition dans ce secteur. Les mêmes rapports tendus prévalaient entre les professionnels et l'ex-ministre, Thami El Khyari.Aujourd'hui, les professionnels réagissent aux propos «accusateurs» de Saïd Chbaâtou (voir leconomiste.com). Ils critiquent particulièrement l'interventionnisme du ministère et ses «effets négatifs» sur l'ensemble de la filière. Dans l'entretien accordée à L'Economiste, Chbaâtou avait justifié les décisions de son département par la nécessité de protéger la ressource et l'amélioration de la situation financière des marins-pêcheurs de la pêche artisanale. Seulement, indiquent certains professionnels sous couvert de l'anonymat, le raisonnement du ministre comprend une faille: «Les barques de la pêche artisanale n'appartiennent pas aux marins, mais à des industriels à terre et à des militaires. Ces marins ne sont donc que salariés. Ils ne sont payés que pour les jours travaillés». Une information que conteste le ministre. Contacté par L'Economiste, il indique que «si les professionnels sont adeptes du libéralisme, ils doivent en assumer les conséquences». Et d'ajouter: «Dans ce cas, les licences de pêche ne devront être accordées que par appel d'offres, au mieux-disant. Les professionnels devront également payer dans ce cas de nouvelles taxes». Et de poursuivre que «les performances de l'an 2000 citées par les professionnels n'ont été possibles que grâce aux décisions du ministère». Notons que la réaction des professionnels n'a porté que sur un seul volet: l'interventionnisme du département de tutelle. Elle a complètement occulté la deuxième partie portant sur les fuites de capitaux et les circuits parallèles. Là-dessus, aucun commentaire n'est fait.Aniss MAGHRI

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc