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    Pêche hauturière : Un sauvetage à coups de charges

    Par L'Economiste | Edition N°:85 Le 24/06/1993 | Partager

    Un nouveau malaise s'abat sur la profession de pêche hauturière. "Un plan d'action global de sauvegarde du secteur" avait été approuvé sans suite. Durant l'arrêt biologique du mois de mai, la profession a été frappée des dispositions faisant augmenter leurs charges.

    Alors que les armateurs de la pêche hauturière s'attendaient à des mesures d'encouragements de la part de l'Administration, d'autres dispositions sont venues affecter les coûts de production des différentes sociétés . En effet, la commission interministérielle(1) avait décrété que le secteur est en crise et arrêté "des mesures de soutien". Ainsi, des augmentations de charges des armateurs ont coïncidé avec le mois de l'arrêt biologique (ou commercial). Les armateurs avaient pourtant demandé une indemnisation des frais fixes de l'armement durant cette période. Cependant, le Ministère des Finances n'avait pas donné son accord.

    Parmi les augmentations de charges, figure la hausse du prix du gazoil de 190 à 250 Dollars la tonne. Cette augmentation a été décidée par le Ministère de l'Energie et des Mines en concertation avec celui des Affaires Economiques. L'Administration justifie cette augmentation par le fait que le gazoil est subventionné(2) à Las Palmas. Il ne peut être maintenu au même prix au Maroc . Le prix du gazoil vendu localement aux armateurs était subventionné par l'Etat jusqu'au mois dernier où les arriérés de la Caisse de Compensation se sont chiffrés à près de 250 millions de DH envers les sociétés de distribution. Il est calculé, actuellement, par le Ministère de l'Energie et des Mines en fonction du prix international hors taxes.

    +140% du montant de la redevance

    Les armateurs soutiennent que le prix du gazoil à Las Palmas n'est pas subventionné. Le "poste gazoil" représente généralement 30% des charges des armateurs. Durant l'arrêt biologique, le Ministère de la Pêche Maritime a autorisé les sociétés à souter le gazoil à Las Palmas. Leurs dirigeants ont affirmé qu'ils gagnaient en allant souter à Las-Palmas, et revenir sur Agadir, au lieu de le faire sur place.

    De fait, ils attendent impatiemment la libéralisation de l'importation du gazoil qui devrait être décrétée en juillet.

    Autre poste de charge, la redevance annuelle de la licence de pêche payable pour chaque chalutier a augmenté de 140%. Par exemple, pour un bateau de 350 tonnes, celle-ci calculée en fonction de sa jauge brute, passe de 30.000DH à 72.000. Si une société dispose de cinq bateaux, elle doit payer avant la mise en mer de ses bateaux 360.000DH, ce qui est jugé excessif. Pour I ' Administration, il était normal que le prix de la redevance fût réévalué parce qu'il était parmi les plus bas de la région.

    Par ailleurs, l'augmentation du tarif de l'assurance de 28% a accentué le malaise de la profession. Celui-ci n'avait pas varié depuis deux ans. L'assurance représente généralement 6 à 7% des charges des sociétés.

    Cette augmentation est arrivée à un moment où "nous étions en pourparlers avec le Ministère des Finances pour une réduction des tarifs de l'assurance ou pour avoir la possibilité de souscrire des polices étrangères", précise un armateur, membre de l'APAPHAM.

    Crise financière

    Les armateurs ont repris la mer après l'arrêt biologique alors qu'ils sont pour la majorité en difficultés financières. "Sauf une ou deux sociétés, la quasi-totalité sont au bord de la faillite", affirme M. Omar Akouri, ex-vice président de l'PAPHAM. Il ajoute que si les armateurs remboursaient à la CCG (Caisse Centrale de Garantie) leurs dettes, ils devraient déposer le bilan. L'encours de la caisse est actuellement de 4 milliards de DH et les arriérés se chiffrent à 1,3 milliard de DH à fin 1992.

    "Même les fournisseurs de la pêche hauturière sont en crise du fait du retard de paiement des armateurs", affirme M. Akouri. Ceux-ci ont investi près de 1 milliard de DH au port d'Agadir. Par ailleurs, une autre conséquence de cette crise est l'immobilisation d'une trentaine de bateaux au port d'Agadir. Ces bateaux avaient gêné l'arrêt biologique, entraînant une situation d'encombrement. Actuellement, par ordre du tribunal, l'ODEP devra les déplacer au port de Jorf Lasfar. Un appel d'offres sera incessamment lancé pour leur remorquage. aux frais des armateurs.

    Laïla TRIKI


    (1) La commission interministérielle, composée des représentants du Ministère des Finances, de celui des Pêches et de I`APAPHAM a été formée en mai 1992 pour la préparation "d'un plan global de sauvegarde du secteur". Ce plan a été approuvé au Conseil des Ministres le 26 janvier 1993. (Cf. L'Economiste du 17 décembre 1992 du 4 mars 1993)

    (2) Il est à rappeler que l'une des conditions du repli des armateurs en 1988 était de pouvoir disposer du gazoil lu même prix qu'à Las-Palmas.

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