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    Economie

    Pêche hauturière : Les modalités de la restructuration financière

    Par L'Economiste | Edition N°:159 Le 22/12/1994 | Partager

    Les entreprises du secteur de la pêche hauturière en difficulté verront leurs arriérés vis-à-vis de la CCG rééchelonnés. Les discussions se feront au cas par cas entre les armateurs et la commission chargée du dossier. Désormais, l'octroi des licences sera réalisé par le biais de l'adjudication publique.

    Le plan de restructuration pour le secteur de la pêche hauturière a été approuvé par le Conseil du gouvernement réuni le 8 décembre 1994.
    La commission, composée du Ministère de tutelle, de la CCG (Caisse Centrale de Garantie), de la Direction du Trésor et de l'Office des Changes, a reçu les dossiers de 15 sociétés pour reprofilage de leurs arriérés. Les arriérés cumulés auprès de la CCG sont d'un montant de 3,1 milliards de DH.

    Les 15 entreprises,. qui ont des difficultés de remboursement de leurs dettes sont: Unipêche, Copesca, Squid Fisheries, Sopip. Kaben Pêche, IME/ Hala Fisheries, Saetma, OMP, Sap Nadia-Sgap-Sap Oufouk, El Baraka, Raida II, Sonarp, Phiasud, Maroco-pesca et Almaria Pêche. Ces entreprises possèdent 100 navires, soit 31% de la flotte battant pavillon marocain.
    Les 15 dossiers ont été reçus par la commission qui a tout d'abord vérifié leur respect de la législation en vigueur.

    Les arriérés des entreprises sont rééchelonnés sur une période pouvant atteindre 12 ans avec une ou deux années de différé en fonction des capacités de remboursement des sociétés.
    Pour les entreprises qui ont contracté des crédits FAD (Fonds d'Aide au Développement), le rééchelonnement portera sur les arriérés et sur l'encours, qui ont été consolidés. Les taux appliqués pour le rééchelonnement est un taux de 9% pour les sociétés qui pourront rembourser leurs arriérés dans un délai n'excédant pas 6 ans et de 10% pour une période au-delà de 6 ans. Les majorations de retard ont été supprimées.

    Le plan de restructuration sera décidé au cas par cas avec les entreprises. Ce programme exige par ailleurs des armements un apport en fonds propres au-delà de la capitalisation de 30% du montant de l'investissement fixé par la nouvelle réglementation. "Il faut que les actionnaires participent eux-mêmes au programme de restructuration", précise-t-on auprès du Ministère des Pêches Maritimes et de la Marine Marchande.

    Dans le cadre de ce plan, les entreprises qui ne rembourseront pas leurs arriérés vis-à-vis de la CCG seront poursuivies en justice. Dernièrement, des chalutiers d'entreprises ayant eu des litiges avec la Caisse ont été mis en vente. Le premier mis en vente publique début octobre appartient à l'entreprise Raida II.

    La CCG a également placé une équipe de gestion au niveau de la Sonarp, en concertation avec ses actionnaires afin d'en redresser la situation financière. En 1992, les bateaux de l'entreprise étaient immobilisés. L'entreprise frôlait la cessation de paiement. Elle était devenue interdite de compte et n'honorait plus ses engagements vis-à-vis de ses fournisseurs. La CCG a décidé de reprendre la gestion de l'affaire afin de récupérer ses fonds. Résultat: entre 1991 et 1994, le chiffre d'affaires de la Sonarp a augmenté de 70% et l'entreprise dégage depuis un excédent brut d'exploitation.

    Pour garantir la réussite du plan de restructuration du secteur de la pêche hauturière, des mesures ont été prises par le Ministère des Pêches dans l'objectif de l'amélioration de la rentabilité des entreprises. Rappelons le souci de préservation de la ressource halieutique par l'aménagement de l'effort de pêche, en gelant l'investissement, en programmant des arrêts biologiques et également en définissant des zones de pêche.

    Les moyens de contrôle ont été renforcés par l'acquisition de 14 avions de surveillance d'une valeur de 290 millions de DH. Un appel d'offres international a été récemment lancé par le Ministère pour l'installation d'un système de télédétection.

    Dans le sens de l'allégement des coûts d'exploitation, l'importation du gas-oil pour les besoins de la pêche hauturière a été libéralisée depuis avril 1993. Ceci a abouti à un prix du gasoil équivalent à celui de Las Palmas et à une réduction de 5% des frais d'exploitation des armateurs.

    Le Ministère a par ailleurs incité les armateurs à harmoniser leur stratégie commerciale sur les marchés étrangers. Cette stratégie a donné ses fruits puisque les cours ont été multipliés par deux entre 1993 et 1994. Autre mesure: l'accès aux licences pour les bateaux de pêche hauturière aura désormais des règles.

    Les nouvelles licences seront octroyées par le biais de la participation à l'adjudication publique. Un prix plancher pour l'accès sera fixé, et le meilleur offrant remportera le marché, ce droit d'accès étant indépendant des droits de licence. Cette procédure d'adjudication favorisera le professionnalisme acquis durant une quinzaine d'années. Toutefois, les licences pour la pêche de céphalopodes ne seront pas octroyées avant un délai de 4 à 5 années, affirme-t-on auprès du Ministère des Pêches. Pour les thoniers, le système d'appel d'offres sera testé en 1995.

    Laïla TRIKI



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