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    Economie

    Pêche hauturière: Bateaux saisis ou bloqués au port, la flotte se réduit déjà

    Par L'Economiste | Edition N°:73 Le 01/04/1993 | Partager

    Le plan d'assainissement n'est pas encore arrêté de manière définitive. Laflotte devrait être réduite pour préserver les ressources. Elle l'est déjà du faitde la crise. Un autre problème s'ajoute, celui de l'approvisionnement en gazoil

    Le Ministère des Pêches, ceux des Affaires Economiques et des Finances veulent remettre de l'ordre dans le secteur de la pêche hauturière.

    Le gouvernement avait exprimé sa volonté d'assainir le secteur à partir de juin 1992. Une commission interministérielle avait alors été constituée regroupant des représentants du Ministère de la Pêche Maritime et de la Marine Marchande et de celui des Finances et des représentants de l'APAPHAM.

    Parmi les mesures arrêtées par ladite commission figuraient entre autres le reprofilage de la dette, l'accord de crédits de campagne pour les armateurs. Ce plan d'assainissement a été alors examiné par les instances gouvernementales. Une circulaire a été mise au point le 5 mars, visant la "restructuration du secteur de la pêche hauturière".Pour les ministères chargés du dossier, il s'agit de réduire le nombre de bateaux à 350, soit d'en éliminer 120.

    Ce nombre de bateaux a été déterminé en fonction d'une étude(1) effectuée par l'Institut Supérieur de la Pêche Maritime (ISPM). Celle-ci a pris en compte l'état de la réserve halieutique et la capacité des captures. Trois scénarios sont alors tracés:

    le scénario 1 retient de sacrifier l'emploi en préservant la ressource;

    - le scénario 2 considère l'amélioration de la rentabilité avec réduction de l'effort de pêche;

    enfin, le troisième scénario projette la réduction progressive des bateaux péchant dans le cadre de l'accord de pêche Maroc-CEE.

    Le choix n'est pas divulgué. La direction des Pêches se cloître dans son mutisme habituel.

    Retrait de licences

    "Plusieurs critères de réduction de la flotte ont été retenus, visant parallèlement l'assainissement du secteur", explique pour sa part, M. Brahim Mouhid, membre du bureau de I'APAPHAM. "Le non-respect de I'un ou de plusieurs des conditions et délais qui y sont prévus entraîne le retrait de ou des licences de pêche", mentionne le point 6 de la circulaire.

    Il est aussi question de réduire progressivement la flotte pêchant dans le cadre de l'accord Maroc-CEE. Près de 140 licences ont été délivrées aux armateurs européens. L'accord en vigueur, signé en mars 1992, porte sur une durée de quatre ans, révisable avant deux ans.

    Concernant les aspects financiers, l'administration évoque, selon l'APAPHAM, une discussion au cas par cas avec un effort sur les intérêts de retard. L'association rejette cette mesure. Selon elle, l'Administration ne devrait pas pénaliser ceux qui ont fourni un effort pour honorer leurs engagements.

    L'APAPHAM aurait espéré des mesures qui profitent à l'ensemble de la profession, telles que le reprofilage des crédits FAD (Fonds d'Aide au Développement). Les aspects financiers intégrant également un délai de grâce et des crédits de campagne sont encore à l'étude.

    Pas de gazoil "Afriquia"

    D'autres mesures sont évoquées par la circulaire telles que le rapatriement de l'ensemble des devises et le repli sur les ports marocains. Pour ce qui est de ce dernier point, les armateurs sont confrontés à des problèmes dont notamment les difficultés d'approvisionnement en gazoil et le montant jugé excessif de la prime d'assurance qui représente généralement 8% du chiffre d'affaires.

    Les armateurs avaient accepté de se replier sur les ports marocains à condition de disposer des mêmes conditions d'exploitation dont ils bénéficient à Las Palmas. L'Etat marocain leur avait accordé une subvention de deux tiers du prix du gazoil. Deux sociétés sont présentes sur le porté d'Agadir, Afriquia et Shell.

    Depuis le 5 mars 1993, Afriquia a décidé de la suspension du gazoil. La raison évoquée est l'accumulation des arriérés de la Caisse de Compensation qui se chiffrent actuellement à 130 millions de DH.

    Pour les armateurs, cette suspension constitue un refus de vente. Ce serait donc un acte illégal. Pour Afriquia, sa décision est "un cas de force majeure" puisqu'elle se trouve dans l'impossibilité de livrer du fait de la carence de la caisse.

    L.T.

    (1)Cette étude est considérée par l'ISPM comme confidentielle puisque réalisée pour le compte du Ministère des Pêches. Seules les grandes lignes nous ont été communiquées.

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