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    Economie

    Pêche côtière: Les marins font monter la pression

    Par L'Economiste | Edition N°:2776 Le 14/05/2008 | Partager

    . 8 jours de grève annoncés du 15 au 23 mai. Au centre du problème, la hausse du carburant. Réduction de 1% des taxes de criée LES marins pêcheurs n’en peuvent plus. Leurs conditions de travail se détériorent de jour en jour. Les professionnels parlent d’échec des négociations avec le ministère de tutelle. Aussi annoncent-ils un nouveau mouvement de grève du 15 au 23 mai. La décision a été prise lundi 12 mai à Casablanca lors d’une réunion très houleuse. Ce qui va encore paralyser le secteur de la pêche côtière et pénaliser le consommateur. Aujourd’hui, le département d’Akhnouche se dit «surpris car on était en cours de négociations», déclare Mohammed Tarmidi, secrétaire général au ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime. Depuis quelques temps, les marins n’ont plus le vent en poupe. Ils subissent de plein fouet les augmentations successives du prix de pétrole qu’ils ne peuvent pas répercuter sur leurs prix. A 8 DH le prix du litre de carburant, la situation est devenue intenable pour la plupart des patrons pêcheurs. Le pire reste à venir selon les professionnels: «De plus en plus de bateaux restent à quai, c’est la mise à mort programmée du secteur», estiment-ils. Le coût du carburant rafle 60% des dépenses, ce qui réduit largement leur marge bénéficiaire. «Ce n’est plus une question de bénéfices, mais une question de survie», ajoutent-ils. Le secteur absorbe 150.000 tonnes de gasoil annuellement, soit 2% de la consommation nationale. «Une journée en mer pour un chalutier côtier, c’est une tonne de gasoil, soit 8.000 DH, pour une valeur de 10.000 DH de prises. Il reste 2.000 DH pour la glace, les caisses, la nourriture des pêcheurs...», explique Abdelfattah Zine, directeur de la Chambre maritime d’Agadir. La marge bénéficiaire dans ce secteur se réduit. C’est une triste réalité avec laquelle les pêcheurs n’arrivent plus à jongler. Depuis la grève de février dernier, une commission de professionnels venus des quatre coins du Maroc s’était formée pour porter une plateforme de revendications au ministre qui aurait déclaré «n’avoir qu’un quart d’heure à consacrer aux membres de la commission», s’indigne Mohammed Oumoud, président de la dite commission. Et d’ajouter: «Cette grève on ne l’a pas décidée. On nous l’a imposée». Les professionnels se disent «le dos au mur». Pour Zine, il s’agit «de maintenir simplement le secteur en vie et non pas d’améliorer les conditions de travail». En conclusion, l’activité sera une nouvelle fois perturbée, laissant place à la spéculation. «Les mareyeurs ont commencé à stocker leur poisson», confie un professionnel. Si le ministère a consenti une baisse d’un point sur la taxe de criée qui était de 4%, (contre 2% en France par exemple), cela n’a pas satisfait les professionnels. «La baisse d’un point n’est pas rentable. Cette taxe devrait être accompagnée de certains services qui sont inexistants. Nous avons l’obligation de décharger notre poisson à la halle et de donner 4% de nos gains à l’Office national de pêche (ONP) qui ne nous offre rien en échange. L’Office devrait normalement prendre en charge certaines corvées. Comme le fait de décharger nos bateaux, ce que nous faisons nous-mêmes. Nous payons entre 1.000 et 1.500 DH les dockers. Faites les calculs et vous verrez ce qu’on peut gagner», s’indigne Zine. En bref, des obligations et très peu de services en échange. Les patrons-pêcheurs ont décidé d’utiliser les gros moyens. Du côté du ministère, on rajoute une précision de taille: «Une disposition importante a été adoptée par le ministère: il y a eu non seulement réduction de la taxe d’un point mais aussi changement de barème. La taxe va être prélevée sur la valeur du poisson vendu dont sera retranché le prix du carburant», précise Tarmidi et d’ajouter que «le ministère ne veut pas proposer des aides mais des solutions structurantes afin que les pêcheurs puissent mieux vendre leur produit». Le programme de mise à niveau des navires fait partie de la stratégie ministérielle. Ainsi que «l’assainissement du secteur et la réduction du nombre d’intermédiaires». Si la Caisse de compensation montre de plus en plus ses limites, les répercussions du prix du gasoil sur le poisson sont aussi une réalité avec laquelle il faut apprendre à compter. Ainsi, la restructuration du secteur devient une urgence. Selon Zine, «on minimise l’importance d’un secteur aussi stratégique». Cette profession nourricière contribue à hauteur de 2,5% du PIB et à 54% des exportations agroalimentaires du Maroc. La grève qui a affecté la pêche côtière en février dernier pendant 22 jours a occasionné des pertes financières d’environ 67 millions de DH. Outre le prix du carburant, les professionnels réclament aussi une exonération, pour 5 ans des impôts, notamment sur la taxe versée à l’ONP sur le prix de vente des prises.


    Déséquilibre

    DANS les provinces du Sud, le problème du carburant se pose avec plus d’acuité. A Dakhla et à Laâyoune par exemple, où des bateaux sont à l’arrêt depuis plusieurs jours, les pêcheurs achètent le litre de carburant à 8 DH, contre 4,50 DH à la pompe d’à côté. Les subventions de l’Etat dans ces zones ont créé plus d’un déséquilibre car «finalement, ceux qui profitent de la baisse du prix du carburant, tout le monde le sait, ce sont les contrebandiers», déclare Mohammed Oumouloud, un des représentants des pêcheurs.Amira KHALFALLAH

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