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Patronat: Les réformes urgentes
Entretien avec Moulay Hafid Elalamy, président de la CGEM

Par L'Economiste | Edition N°:2664 Le 03/12/2007 | Partager

. Tourisme: La pénurie de main-d’œuvre est dramatique!. Après la fiscalité, les charges sociales - L’Economiste: Quels sont les thèmes prioritaires pour le patronat actuellement?- Moulay Hafid Elalamy: Plusieurs sujets ont été prioritaires et le demeurent. Ce qui nous importait c’est de mettre les opérateurs dans des positions favorables pour le développement de leur activité. Ce chantier semble prendre. Il y avait quelques blocages de communication entre la CGEM, le gouvernement, les autres parties prenantes, les partis politiques, les syndicats. Nous y avons remédié. Avec le gouvernement précédent et actuel nous avons eu d’excellents canaux de communication. La fiscalité reste bien sûr un sujet fondamental où nous nous sommes attelé à réaliser un travail crédible. Il faut tout de même le reconnaître: les préoccupations économiques n’échappent pas aux parlementaires. Il y a des enjeux très importants. L’un d’eux c’est la logistique. A l’instar de ce qui se passe dans le monde, c’est un maillon essentiel pour le développement de l’économie. Actuellement, c’est une faiblesse forte: il n’y a qu’à se rappeler ce qui s’est passé au port de Casablanca et ce qui s’y passe encore d’ailleurs. Ce chantier nous allons nous y atteler très sérieusement au sein de la commission présidée par Mustapha Amhal. Commission que j’ai commencé d’ailleurs à coprésider vu la charge de travail. Du côté du gouvernement, il y a une prise de conscience aussi à en juger par le chantier et la qualité des autoroutes qui ont permis de gagner un temps colossal. Mais il est anormal de ne pas en profiter pleinement vu les handicaps que je viens de citer. Lorsque vous arrivez à Casablanca par exemple, il vous arrive de passer plus de trois quarts d’heures pour rejoindre votre bureau, votre usine. Le trafic urbain est incontestablement un maillon faible.- Quelles sont les pistes de réformes les plus avancées à ce niveau?- La réflexion porte notamment sur l’emplacement des parcs logistiques. Prenez le marché de gros de la métropole économique. Vous en convenez, son positionnement est stratégique. Il est alimenté par toutes les régions du Maroc sans compter l’international. Maintenant, reste à savoir si son emplacement est bien pensé ou pas. De la même manière, on peut se demander si un quartier comme Derb Omar qui alimente le Maroc entier se trouve au bon endroit. Je pense que son emplacement est plutôt subi. En témoignent les désagréments que provoquent les milliers de camions qui pénètrent jusqu’au coeur de la ville. Est-ce qu’il est normal que Casablanca ait à subir cette circulation, cette pollution... Est-il normal que le port de la même ville ait une seule sortie? A quel moment de la chaîne, la douane doit-elle intervenir? C’est une préoccupation sérieuse au sein de la CGEM car nous considérons que c’est la compétitivité du pays qui est en jeu. Autre sujet pour lequel la Confédération se mobilise: la formation. Dans le secteur du tourisme, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée est dramatique. Pour une fois que notre pays à une vision, une politique, c’est vraiment dommage. Pour l’offshoring, le même discours se tient.- Quel est le calendrier pour ces chantiers?- D’une manière générale, mes chantiers se terminent juin 2009, date de fin de mon mandat. Mais je pense, qu’avant fin 2008, avoir fait des propositions à la fois pour la logistique et la formation. Pour ce dernier chapitre, les expériences conduites par Al Akhawayne et Sagem nous intéressent tout particulièrement. D’autres projets sont menés avec les organismes de formation professionnelle. - Pour les mesures de loi de Finances, vous sembliez un peu discret sur les mesures fiscales, du moins jusqu’aux sorties de ces deux dernières semaines?- Pour la fiscalité, il faut savoir que l’essentiel du travail est derrière nous. Maintenant, il faut savoir rester raisonnable. Autrement notre crédibilité sera prise en défaut. Nous avons expliqué que les taux d’imposition nous mettaient hors compétition avec des pays concurrents. L’opérateur marocain qui se voit pénalisé face à une Turquie qui propose un IS à 20%, qu’elle va baisser à 15%, se demande s’il n’irait pas y investir en profitant de l’ALE signé avec ce pays: autrement dit il investit en Turquie et exporte sur le Maroc. Le même opérateur confronté à une Tunisie à 25% d’IS, qui passe à 12,5 pour les entreprises cotées, en conclut qu’il ne se bat pas à armes égales. Donc il pouvait y avoir des effets néfastes et des retours de manivelle douloureux. De la même manière, le projet d’augmentation de la TPCVM à 20 points était discutable à plusieurs titres. - Que répondez-vous à ceux qui estiment que cette baisse profite d’abord aux grandes entreprises?- Je pense qu’il faut connaître les dossiers pour en parler. La CGEM ne fait pas de politique. Nous avons eu des discussions avec différents interlocuteurs depuis plusieurs mois. Sur le plan technique, nous avons eu plusieurs explications, mais à aucun moment il n’a été question de renchérissement sur l’IS! Lorsqu’on veut faire du social de manière démagogique, c’est risqué. L’on veut donner du pouvoir d’achat avec une défiscalisation de l’IR? soit. Mais admettons qu’il n’y ait plus d’entreprises pour payer ce même IR, où allez-vous chercher ce pouvoir d’achat? Attention à ne pas tuer la poule aux oeufs d’or.- Un seul candidat pour les élections à la Fédération du tourisme... ce n’est tout de même pas une bonne image qui est renvoyée à l’extérieur sur l’état de la démocratie au sein de la CGEM?- Je ne pense pas que ce soit anti-démocratique. Il n’est pas toujours aisé de comprendre pourquoi il n’y a pas beaucoup de candidature pour beaucoup d’élections au Maroc. Je pense que par définition le Marocain n’aime pas perdre. Du coup, lorsqu’il n’a pas beaucoup de chance de réussite, il ne se présente pas. La démocratie n’exclut de toutes les manières pas la candidature unique. Ceci dit, dans le cas de la Fédération du tourisme, tout s’est déroulé dans la transparence absolue. Nous avons invalidé la seconde candidature avec regret car nous considérons qu’il s’agit de gens crédibles. Mais nous n’avons eu aucune interférence dans le choix du président. - On ne vous a pas entendu sur les charges sociales?- Elles sont trop élevées et figurent d’ailleurs parmi nos principaux chevaux de bataille. Cette année nous sommes concentré sur l’IS. Nous ne pouvions aller sur l’ensemble des projets à la fois. Nous travaillons aussi sur un contrat-programme pour la PME et nous allons poursuivre ce travail jusqu’à la fin de cette année. Et dès l’année prochaine, nous devrions formuler des propositions sur le pouvoir d’achat. - 20 milliard de DH de compensation, cela ne vous inquiète pas?- Heureusement que nous avons les moyens de les payer du moins à brève échéance. Maintenant les mécanismes posent incontestablement problème, c’est un sujet sur lequel on travaille. Il est anormal que des bonbonnes de gaz subventionnées servent au pompage d’eau dans les fermes. Le ciblage est une piste de réforme.


«On ne joue pas avec la confiance des gens»

- L’Economiste: A en juger par la tournure prise par certains projets d’OPV, des patrons semblent confondre Bourse et casino. Est-ce que la CGEM ne se sent pas redevable de rappels à l’ordre?- Moulay Hafid Elalamy: Bien entendu nous sommes interpellés. Il faut rappeler que les choses vont vite dans notre pays. Il y a 10 ans, nous étions loin de tout cela. Aujourd’hui certains s’y mettent avec beaucoup de talent, d’autres moins. Cela fait partie de l’apprentissage, et c’est comme dans la vraie vie. Le rôle du CDVM est important car l’on ne joue pas avec la confiance des gens.Propos recueillis par Mohamed BENABID

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