×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Economie

    Passage remarqué de Mohamed Berrada à Paris

    Par L'Economiste | Edition N°:599 Le 21/09/1999 | Partager

    · L'ambassadeur du Maroc a greffé l'esprit d'entreprise dans une administration ronronnante

    Rares sont les ambassadeurs qui reçoivent, comme M. Mohamed Berrada, autant d'éloges à la veille de quitter leur poste. Les hommages qui pleuvent de toutes parts ont démarré plus de deux mois avant la date de son départ. Déjeuners d'adieu et cérémonies en tout genre émanent notamment de parlementaires, de ministres et de présidents d'associations influentes sur l'échiquier économique et politique. Mme Paulette Briespierre, sénateur des Français de l'étranger et présidente du groupe d'amitié France-Maroc au Sénat, le dira en toute simplicité: "Votre passage à Paris a été marqué par un rapprochement entre les deux pays. Vous êtes un grand ambassadeur". C'était le 30 juin dernier au Sénat, lors d'un déjeuner en son l'honneur.
    Mme Briespierre n'est pas la seule à le penser. D'autres députés ont reconnu les points forts de M. Berrada: "il a créé un nouveau type de relation basé sur le langage du coeur". Un sénateur de la Corrèze lâche la formule qui résume l'homme: "Chez lui, la simplicité du contact est naturelle".
    Ses collaborateurs sont unanimes: M. l'ambassadeur a greffé l'esprit d'entreprise dans une Administration ronronnante. Ses origines sont pour quelque chose. M. Berrada, n'est pas issu du sérail du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération. C'est un industriel qui s'est trouvé à la tête de l'Ambassade du Maroc à Paris. Son palmarès parisien est riche.
    C'est lui qui ouvrira les portes de la chancellerie marocaine à Paris restées jusque-là closes pour nombre de Marocains. Toutes les tendances politiques, marocaines ou françaises sont les bienvenues.

    A son arrivée à la tête de l'Ambassade, l'image du Maroc en France est écornée. C'était le règne de M. François Mittérand et l'association de son épouse Mme Danielle y est très active. Certains médias l'appuient pour ternir davantage cette image. M. Berrada est conscient de l'enjeu et s'appliquera à la rendre plus reluisante. Il élabore une stratégie. Finie la langue de bois. La meilleure façon de parler de politique est d'aborder autant les atouts que les faiblesses du Maroc. Le débat devient franc et des tabous commencent à tomber l'un après l'autre. C'est ainsi qu'il est arrivé à redresser la barre et redorer le blason de son pays.
    A son actif, le dépoussiérage de l'Ambassade alors dans un état de délabrement avancé. Le Ministère des Affaires Etrangères n'avait pas les moyens. Les devis les moins disants étaient estimés à 20 millions de FF. M. Berrada a réussi à mener l'opération de bout en bout avec une charge pour l'Etat de seulement 1,2 million de FF (environ 2 millions de DH). L'ambassadeur a emprunté les recettes de chef d'entreprise. Le coût de la main-d'oeuvre en France est énormément élevé, M. Berrada fera donc appel à une quarantaine d'employés payés au Maroc par l'entreprise de son père et à qui il verse une indemnité journalière à Paris. La RAM offre des billets d'avion. L'imagination est débordante, puisqu'il parvient à convaincre les banques marocaines à mettre la main à la poche pour participer à cette opération de salubrité. L'argent de l'Ambassade déposé à la banque doit être rémunéré et c'est une enveloppe de l'ordre de 500.000 FF qui sera donnée. Elle servira à payer les factures des matériaux utilisés dans l'opération de rénovation.

    Mohamed CHAOUI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc