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«Pas de marché boursier sans marchés monétaire et obligataire»Interview de Nezha Hayat, présidente de l'Association Professionnelle des Sociétés de Bourse

Par L'Economiste | Edition N°:959 Le 16/02/2001 | Partager

. La cote ne peut se développer isolément des autres compartiments. Le comité de concertation est la clé de réussite du plan de soutien des marchés financiers. Le CDVM doit avoir la possibilité de prononcer des sanctions financières- L'Economiste: La nouvelle réforme annoncée par le ministre des Finances vient compléter les acquis en incitations fiscales accordées par la Loi de Finances 2001, et qui étaient une ancienne doléance des professionnels...- Mme Nezha Hayat, présidente de l'APSB: Lorsque des professionnels parlaient d'étroitesse du marché alors que la bourse était en pleine expansion, personne n'y prêtait attention. Cela ne faisait pas partie des priorités. Il a fallu que la crise se manifeste pour que les choses changent. La première réforme devait être entretenue. Nous avons pris du retard au niveau de la mise en place de certaines mesures. Lequel retard a été alarmant dès que la correction est intervenue en septembre 1998. En 1999, nous avons revendiqué un certain nombre de mesures que nous avons obtenues partiellement. Celles-ci favorisaient principalement l'offre de papier. Elles sont importantes, mais elles ne permettront la relance du marché que si elles s'accompagnent d'une orientation de l'épargne vers le marché financier.Il y a eu un début de crise de confiance sur le marché qui a été perceptible par les professionnels depuis déjà quelques années. Le petit porteur, lui, n'en a pris conscience que plus tard, ce qui a donné lieu à des retraits massifs. Le désintérêt et l'immobilisme qui ont suivi ont donné lieu à un dysfonctionnement très préoccupant. Les baisses survenues depuis le début de l'année n'étaient même plus des corrections, elles étaient injustifiées. - Les mesures annoncées par le ministre sont-elles selon vous la solution à ces dysfonctionnements?- Le point fort de la déclaration du ministre est cette reconnaissance de l'importance du marché financier pour le développement de l'économie. Nous avions l'impression que petit à petit ce marché allait tomber dans une marginalité. Aujourd'hui, le ministre affirme que désormais le financement de l'économie à travers le marché boursier et les marchés financiers en général constitue l'une des premières priorités du gouvernement. Le message n'a jamais été aussi clair. Il y a cet engagement du gouvernement qui est nouveau et très important. De plus, en décidant d'instituer un comité de réflexion et de proposer rapidement des mesures, le gouvernement démontre que cet engagement va être suivi très rapidement de réformes qui ne seront pas ponctuelles, mais structurelles. Ce qui est encore plus bénéfique pour la place.- Comment devrait se traduire le plan Oualalou sur le marché?- Il y a d'abord la politique monétaire et le financement du Trésor. Il ne saurait y avoir un marché boursier sans marchés monétaire et obligataire. Il y a une adéquation de tous ces compartiments. La bourse ne peut pas se développer toute seule, isolée des autres marchés.Lorsqu'un investisseur a un excédent de liquidités à placer, il a le choix entre les bons du Trésor, le dépôt à terme ou la bourse (directement ou indirectement via des Sicav). Compte tenu des taux élevés des émissions en bons du Trésor, même les institutionnels, qui ont la possibilité d'aller sur des placements plus longs, vont vers le court terme. Ce n'est pas normal. Il faudra donc ajuster ces taux.Par ailleurs, la politique de financement du Trésor ne permettait pas une vision à moyen et long termes et elle a eu pour conséquence la crise obligataire de l'année dernière. Donc, si le financement du Trésor est plus cohérent, avec une politique annoncée et des informations suffisantes, nous aurons une meilleure gestion de l'obligataire. La bourse c'est aussi le compartiment obligations. Tant que la gestion de la dette ne présente pas de visibilité, les sociétés privées désireuses d'émettre des obligations pour diversifier leurs ressources financières auront du mal à le faire, puisque les taux ne sont pas favorables.- Et la fiscalité de l'épargne?- L'importance de l'épargne est incontestable. Les professionnels ont réclamé pendant longtemps le Plan d'Epargne en Actions (PEA) pour orienter une partie de l'épargne individuelle. Les mesures d'encouragement à la constitution d'une épargne longue qui sera orientée vers les marchés financiers sont vitales pour notre économie.La fiscalité de l'épargne institutionnelle sera sûrement l'une des mesures qui vont être proposées par le comité de réflexion. Pour ce qui est de la politique de placement des institutionnels sur le marché financier et partant du principe qu'ils représentent plus de 50% des intervenants en bourse, il y a plusieurs mesures à prendre pour réguler leur investissement sur ce marché. Surtout que nous avons constaté, durant ces dernières années, qu'ils faisaient plus d'opérations stratégiques que d'arbitrage. - Serait-il possible de les «obliger« à gérer de manière plus active leurs portefeuilles?- Encore une fois, ce sera au comité de réflexion de trouver la meilleure formule. Mais déjà, la mise en place du nouveau code des assurances devrait garantir une meilleure gestion des placements. Il définira des règles prudentielles et des obligations qui pousseront les assureurs à effectuer des arbitrages. - Le ministre des Finances est venu à la rencontre des professionnels à la Bourse de Casablanca, avait-il des instructions particulières?- En venant voir les professionnels et les écouter, il reconnaissait leur rôle comme relais à l'égard des investisseurs. Il nous a rassurés en nous disant que cette réforme se fera avec nous. Il est important d'impliquer les professionnels et les opérateurs. Les réformes se font de plus en plus en concertation. Et c'est capital. Nous avons pris beaucoup de retard et désormais, il faudra le compenser. - Plusieurs textes doivent être présentés au Parlement lors de la prochaine session, pensez-vous que le temps qui reste jusque-là est suffisant?- Avec de la bonne volonté tout est possible. Dès que le comité sera constitué, il travaillera d'arrache-pied pour que tout soit prêt à temps. Les membres de ce comité sentiront cette obligation de travailler vite et bien. - Neconnaît-on pas encore la liste de ces membres?- Non. Mais c'est une question de jours. - Si cela prend des semaines, nous risquons de nous retrouver à la case départ. - Cela est vrai. Mais je ne pense pas que ce sera le cas. Il y a une prise de conscience au niveau des autorités de tutelle de l'importance du facteur temps. - Le ministre a décidé de donner plus d'autorité au CDVM, cela veut dire qu'il y a eu des abus?- Non. C'est plus dans le sens où il est aberrant que le CDVM n'ait pas la possibilité de prononcer des sanctions financières. Jusque-là, les sanctions se limitent à des lettres d'avertissement et des retratis d'agréments. Un avertissement n'est pas toujours pénalisant ou dissuasif. Pour arriver à un climat de déontologie et de responsabilisation de tous, il y a eu une étape d'apprentissage, de confirmation même pour le gendarme du marché. Maintenant, les sanctions doivent être plus adéquates. - M. Oualalou a planté le décor, que comptent faire les professionnels pour remettre la Bourse sur pied?- Nous continuerons à sensibiliser et à accélérer cette action en organisant des séminaires ciblés comme ce qui a été fait pour les parlementaires. Nous avons un devoir d'éducation et de vulgarisation que nous partageons avec la Bourse. Nous continuerons également à développer et à exiger de la rigueur de la part des opérateurs pour chaque recommandation et chaque analyse. Nous contribuons également, auprès du CDVM, à la mise en place des textes et circulaires pour améliorer la liquidité et les volumes du marché.


Encore sous le choc

L'annonce du plan de Oualalou n'a pas eu l'effet escompté sur les cours. Selon Mme Hayat, cela s'explique essentiellement par le fait que le marché est encore inefficient. «Il y a plusieurs raisons à cela. Les intervenants se détournaient de la bourse, car ils avaient l'impression que le marché était livré à lui-même et qu'il entrait dans une spirale infernale«, explique-t-elle. Dès lors que le gouvernement et les professionnels ont commencé à travailler dans le sens d'une amélioration, le marché a réagi positivement. «Lorsque chaque investisseur sera convaincu que le marché ne va pas à la dérive et que la réforme lui redonnera son efficience, il retrouvera les bons réflexes: acheter lorsque les résultats sont positifs et revendre lorsque cela se justifie. Aujourd'hui, il est encore sous le choc«, indique-t-elle. H. F.

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