×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Société

Pas d’inspecteur en 4 ans!

Par L'Economiste | Edition N°:2125 Le 07/10/2005 | Partager

. Les instits fustigent les centres de formation. Improvisation et expérimentation, leurs «méthodes» d’enseignement«J’ai l’impression d’avoir bien plus appris par moi-même sur le terrain au contact des enfants qu’au centre de formation», constate Amal, jeune institutrice dans une école relevant de la délégation de Chichaoua. Elle est convaincue que «les instituteurs qui en sortent n’en savent pas plus qu’en entrant». Conviction qu’elle partage avec plusieurs collègues. «Au centre, on passe son temps à entendre des discours creux de pédagogies fausses qui n’ont rien à voir avec la réalisaté du terrain», renchérit sa collègue, qui a fait ses deux ans de formation à Casablanca. «Je ne me souviens pas avoir étudié de manière claire et explicite au centre les différentes méthodes de lecture», cite-t-elle à titre d’exemple.Elles affirment toutes avoir souvent improvisé au départ avant de se retrancher derrière des «méthodes» qui ne tardent pas à montrer leurs limites. «Quand je pense à ma première année d’enseignement, maintenant, avec un peu de recul, je sais que j’y étais perdue, d’un bout à l’autre. J’ai avancé à l’aveuglette», reconnaît une autre institutrice titulaire d’une licence en droit privé. Mais ce qui les chiffonne le plus, c’est le manque de communication et de suivi. «Parachutées du jour au lendemain dans ces coins reculés, on est livré à nous- mêmes», fustige cette institutrice originaire de Berrechid. Et d’ajouter, «figurez-vous que pendant les quatre ans que j’ai passés dans une école montagneuse, je n’ai jamais reçu la visite d’un inspecteur!» Ce dernier, se réfugiant derrière son «incapacité» à venir dans la montagne, lui aurait suggéré de descendre dans une école centrale d’Imintanout avec ses cahiers et autres documents pour qu’il puisse l’inspecter. «J’ai tout simplement refusé. Du coup, c’est l’ignorance totale. Plus personne ne se souciera de savoir ce que j’enseigne à mes élèves. Je n’aurais ma première inspection et donc ma première note que 4 ans après mon affectation». C’est-à-dire une fois mutée dans une école du centre d’Imintanout. Le plus souvent, les institutrices rurales, très jeunes et isolées, se résignent et souffrent en silence. Elles redoutent de subir, au moindre signe de rébellion, le courroux du directeur, des inspecteurs, ou, pire encore, des villageois. Elles préfèrent donc s’incliner pour ne pas subir les affres de ces «seigneurs» tout puissants. D’autres, plus astucieuses, ont trouvé une autre parade. Pour être dans leur grâce, elles vont les couvrir de cadeaux et de «petites gentillesses». Du coup, la règle «deux poids deux mesures» trouve toute son application dans certaines institutions. «Celles qui couvrent la femme du directeur de cadeaux bénéficient des meilleurs traitements», racontent des institutrices d’école de cette petite bourgade non loin de Chichaoua. «Le directeur ferme les yeux quand elles s’absentent ou quand elles veulent prendre un samedi après-midi pour rejoindre leur famille. Elles bénéficient des meilleurs postes sinon des emplois du temps moins contraignants». Mais Amal, comme beaucoup d’autres, préfère ne pas s’abaisser à de tels sacrifices et faire contre mauvaise fortune bon cœur.K. E. H.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc