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    Economie

    Pas assez de cardiologues et de matériel

    Par L'Economiste | Edition N°:2119 Le 29/09/2005 | Partager

    . Maladies cardiaques, première cause de mortalité au Maroc. La sensibilisation est entravée par des lobbies«LES maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez la femme marocaine et non pas le cancer de sein comme tout le monde croit!», a martelé le Professeur Ahmed Bennis, président de la Société marocaine de cardiologie (SMC). Lors d’une conférence de presse organisée dernièrement à l’occasion de la journée mondiale du cœur (25 septembre), les statistiques, les causes des maladies et leurs risques avaient de quoi affoler. C’est la SMC et les laboratoires pharmaceutiques Sanofi aventis qui sont derrière cet événement.L’argument de sensibilisation a été axé cette année sur le danger du surpoids et de l’obésité abdominale pour le cœur. Une enquête menée au niveau mondial par la FMC a démontré que l’obésité est devenue un phénomène inquiétant, elle fragilise le corps à l’attaque cardiaque. Avec la campagne de sensibilisation de cette année, la mesure du risque est possible à travers la mesure du tour de taille. Ce sont, en effet, les graisses concentrées au niveau de l’abdomen qui sont les plus dangereuses pour le cœur. Un tour de taille supérieur à 88 cm pour la femme et de 102 cm chez l’homme augmente ostensiblement le risque d’attaque cardiaque ou d’accident cérébral. Les maladies cardiovasculaires sont la cause de 30% de la mortalité mondiale. Elles sont recensées plus chez les hommes que les femmes. Reste que l’attaque est plus dangereuse, voire fatale pour la femme qui présente un appareil cardiaque plus fragile. Les facteurs de risque sont nombreux et la prévention reste le seul moyen de l’écarter. D’autant plus que la majorité de ces facteurs sont facilement modifiables. Hypertension artérielle, obésité, diabète, taux élevé de cholestérol, inactivité physique et tabac sont les majeures causes des attaques. Dans le cas des maladies cardiovasculaires, l’interaction des facteurs augmente le danger. Or, ces facteurs restent faciles à accumuler. Le risque d’attaque est à multiplier par 16, par exemple, chez une personne hypertendue, souffrant de taux de cholestérol élevé et qui fume. Chez la femme, une combinaison de tabac et de pilule peut facilement causer l’attaque cardiaque. Les problèmes cardiovasculaires peuvent, par ailleurs, causer de graves maux tels que la progression de l’insuffisance rénale, la démence vasculaire ou encore l’Alzheimer. Des maladies qui nécessitent des traitements lourds et sont parfois sans remède.Ainsi, la prévention reste le moyen le plus sûr d’éviter les crises et les maladies cardiovasculaires. Or, la sensibilisation manque affreusement. Elle est surtout entravée par les lobbies de tabac et autres produits pointés du doigt par les cardiologues comme les fast-foods. C’est d’ailleurs une chance aujourd’hui que l’on puisse bénéficier d’un événement de sensibilisation grand public. Il ne faut pas, pour cela, laisser échapper les principales consignes qu’il communique, à savoir maintenir un poids adapté, pratiquer un sport régulièrement et augmenter la consommation, entre autres, des fruits, légumes et céréales. Le professeur Ahmed Bennis ajoute même que «l’amour et le rire réduisent le niveau de stress et d’anxiété et donc soulagent l’appareil cardiaque».Le Maroc compte un grand nombre de malades souffrant des facteurs de risque cardiovasculaire. En effet, plus de 33% de la population sont hypertendus, 29% souffrent d’hyper-cholestérol, plus de 13% sont obèses et près de 7% sont diabétiques. Ce sont des statistiques livrées par un rapport publié en février 2001 par le ministère de la Santé. Depuis, les chiffres n’ont pas été actualisés. Pour Ahmed Bennis, c’est certain: ces chiffres ont largement augmenté depuis. «Le comportement de notre population a changé avec l’avènement de la société de consommation, nous avons de plus en plus de gens qui restent sans bouger pendant des heures devant la télévision, nous avons de plus en plus de personnes souffrant d’obésité…», explique Bennis qui pense, par ailleurs, que des initiatives comme la célébration de la journée mondiale du cœur au Maroc seront l’occasion de pousser les parties responsables à s’intéresser à ces maladies et à actualiser les données dans le domaine afin de faciliter la recherche des solutions adéquates.Des solutions à des problèmes multiples à commencer par le coût du traitement des maladies du cœur au Maroc qui présente des tarifs exorbitants, hors de portée de la majorité des Marocains. (Voir tableau)Le secteur, pour sa part, est handicapé par un important sous-équipement.Les cardiologues, eux, restent concentrés au niveau de l’axe Casablanca- Rabat, les équipements et les hôpitaux de spécialités aussi.Ce déséquilibre n’est pas seulement dû à une mauvaise répartition des spécialistes mais plutôt à leur rareté. Le Maroc compte environ 500 cardiologues soit 17 cardiologues pour un million d’habitants!Autres chiffres inquiétants: 10.000 malades sont en attente de chirurgie cardiaque. Rien de surprenant vu le rythme annuel des interventions. Les opérations à cœur ouvert sont au nombre de 800 par an contre 1.500 en Algérie, 2.000 en Tunisie et 50.000 en France.A signaler également, le grand problème de la couverture sociale qui rend inaccessible le traitement pour beaucoup de Marocains. Seulement 15% des cardiaques sont mutualisés. Le pourcentage pourrait grimper, mais à seulement 30%, avec le projet de l’assurance maladie obligatoire. C’est une branche de la médecine qui mérite pourtant plus d’attention et de financement, explique Xavier Giraudon, responsable marketing Sanofi aventis. «Une fois les opérations réalisées, les malades peuvent reprendre une vie normale surtout les enfants opérés dans leur jeune âge», souligne-t-il.


    Un coeur pour la vie

    Une bonne nouvelle par ailleurs, un premier pas vers une sensibilisation efficace et grand public a été entrepris cette année. En effet, la célébration de la journée mondiale du cœur a été l’occasion d’organiser un événement inédit au Maroc: une marche de sensibilisation, fruit d’un partenariat entre les laboratoires pharmaceutiques français Sanofi aventis et la Société marocaine de cardiologie. La marche a été placée sous le slogan «Un cœur pour la vie» et a parcouru la corniche de Casablanca le matin du dimanche 25 septembre. Lors de la manifestation, des t-shirts et des tracts ont été distribués afin de sensibiliser contre les maladies qui touchent le cœur et surtout prévenir leurs causes.Ichrak MOUBSIT

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