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    Politique

    Partis/Syndicats: Relations incestueuses

    Par L'Economiste | Edition N°:2767 Le 30/04/2008 | Partager

    . D’un côté, le soutien politique . De l’autre, le vote des salariésLes syndicats marocains sont-ils en train d’amorcer leur come-back dans le giron des partis politiques? Sous quelle (s) forme (s) et dans quelles conditions? Ou, au contraire, cherchent-ils à s’en éloigner pour faire cavaliers seuls, élections communales et professionnelles obligent? Dans un cas comme dans l’autre, les observateurs s’accordent à dire que syndicats et partis ont toujours fait bon ménage. Certes, à quelques exceptions près. Il est vrai que pratiquement les 10 premiers partis marocains ont, parallèlement, créé chacun son syndicat. Les voix (électorales) des salariés syndiqués sont toujours bonnes à prendre. Tout autant que leur argent. En effet, certains partis puisent, pour consolider leur financement, dans les caisses de leurs syndicats, tant les militants d’une formation politique ont la réputation d’être de mauvais payeurs (de leurs cotisations). Alors que les salariés syndiqués, adhérents ou non à un parti, sont connus pour être «disciplinés» et s’en acquittent régulièrement. Premier constat donc: entre les partis et leurs syndicats, «le cordon ombilical tient toujours» et résiste même aux tensions quand il y en a entre les directions des uns et des autres. Rares sont les patrons de syndicat qui décident d’un mot d’ordre de grève sans en avoir, au préalable, discuté et convenu avec son pair du parti.Deuxième constat: si les syndicats «ouvrent» volontiers le tiroir-caisse à leurs partis, ils reçoivent en retour la consolation du soutien politique nécessaire à leur action syndicale. Et c’est là le seul apport d’une formation politique au syndicat. Argent d’un côté, soutien politique de l’autre. Voila donc les deux principaux ingrédients pour concocter la bonne recette en vue d’obtenir le plus grand nombre de sièges dans la Chambre des conseillers, les communes, les Chambres professionnelles (commerce et industrie, agriculture, artisanat, pêche maritime...) et les commissions paritaires (organismes de prévoyance, de sécurité sociale...). C’est, d’ailleurs, dans ces dernières que réside et se mesure véritablement le poids d’un syndicat. L’on passe donc de la logique du nombre d’adhérents à un syndicat, à celle, plus forte, de sa représentativité au sein de ces commissions à pouvoir décisionnel. Un critère-force auquel les syndicats n’hésitent pas à avoir recours en cas notamment de «mésentente» partisane avec la formation politique de tutelle. Troisième constat et non des moindres: les observateurs s’accordent sur le fait que le discours syndical n’a pas évolué d’un iota. Il est resté confiné dans les revendications «traditionnelles» d’augmentation des salaires, de protection sociale et autre droit de grève. Partant de ce diagnostic, quelle évaluation peut-on faire aujourd’hui du champs syndical national? «On assiste actuellement à une balkanisation inquiétante du monde syndical», estime Mohamed Hakech, militant de l’Union marocaine du travail (UMT). «La pléthore de syndicats ne peut d’aucune manière servir les intérêts des travailleurs», estime le leader syndicaliste. Et d’ajouter: «Dans le cas du Maroc, on ne peut plus parler de pluralisme syndical mais plutôt d’un émiettement de la représentation qui se traduit inéluctablement par l’affaiblissement de l’action syndicale».


    Les raisons de l’émiettement

    . La faute à Driss Basri!. Les islamistes sont venus aprèsComment peut-on justifier l’émiettement syndical qui n’a rien à voir avec le pluralisme? «L’émiettement a été entamé par le Parti de l’Istiqlal quand il a décidé la création de son syndicat en 1960», indique Mohamed Hakech, militant de l’UMT. Une décision qui a été justifiée à l’époque par le fait que l’Union marocaine du travail (UMT), alors unique syndicat au Maroc, «est un syndicat partisan qui a des liens avec des forces progressistes». Après, les «artisans de l’émiettement vont trouver leurs justifications dans le fait que l’UMT est un syndicat purement «syndicaliste»». A tort ou à raison, on a collé le sobriquet «syndicat du pain» à cette centrale. En d’autres termes, un syndicat qui ne se soucie nullement de la politique et s’occupe seulement des revendications économiques et sociales des travailleurs. On connaît la suite et surtout l’histoire du règne en maître absolu de Mahjoub Benseddik, sur ce syndicat «devenu bureaucratique et ne respectant plus la démocratie». L’UMT s’est toutefois imposée jusqu’au milieu des années 1990 comme le seul partenaire syndical «autorisé» à animer le jeu politique.Les «pratiques de bureaucratie» reprochées à l’UMT ont conduit, entre autres, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) à créer, dès 1978, sa Confédération démocratique du travail (CDT). Manière pour le parti socialiste, qui avait gagné en notoriété, d’investir à son tour le champ syndical. Sortie de sa «clandestinité», la CDT allait ouvrir la voie à la diversification syndicale au Maroc. Mais la lune de miel des premières années de militantisme commun de la formation politique et de la centrale syndicale allait s’estomper, rongée par les «clivages» qui étaient apparus de part et d’autre. Et surtout par des luttes intestines orchestrées par un Noubir Amaoui alors porté au zénith depuis son incarcération à la prison de Salé par l’ex-puissant ministre de l’Intérieur, Driss Basri. «Amaoui tapait sur la table et avait l’audace et le courage de dire non à Driss Basri et surtout de lui tenir tête», se rappelle un observateur. C’était à l’occasion des négociations salariales menées au milieu des années 90 entre le gouvernement et les centrales syndicales. Le meneur de jeu côté gouvernement n’était autre que Basri. Amaoui, lui, était la tête de file des organisations syndicales. Pugnace et coléreux, il quittait souvent, pour un oui, un non, la table des négociations au milieu d’une réunion. Attitude qui n’était pas du goût de ses amis de l’USFP alors au gouvernement. Le leader syndical décide alors de faire cavalier seul et c’est le divorce entre la formation politique et la centrale syndicale. Mais ni l’un ni l’autre n’allaient rester sans partenaire. L’USFP créa donc, dès le 6 avril 2003, son syndicat: la Fédération démocratique du travail (FDT). La CDT, elle, fait «ménage» avec le Congrès national ittihadi (CNI), lui-même issu d’une scission avec l’USFP. Mais pas pour longtemps puisque Mohamed Bouzoubaâ, l’ami de toujours de Noubir Amaoui, décide de s’en démarquer en créant, il y a un an, son propre syndicat, l’Organisation démocratique du travail (ODT). Un dernier-né dans le champ syndical qui est apparemment en train de prendre du poids. Les islamistes, on s’en doutait, n’allaient pas rester les bras croisés. L’occasion était propice d’investir le champ politique à travers la création d’un syndicat. Dès 1973, l’Union Nationale des Travailleurs du Maroc (UNTM) est créée par le parti d’Abdelkrim Khatib, le MPDC. Depuis l’intégration des islamistes d’Al Islah Wa Attawhid dans ce parti, qui a pris ensuite le nom de Parti de la justice et du développement (PJD), le syndicat s’est renforcé et a commencé à concurrencer les autres centrales syndicales. Aujourd’hui, il fait partie des cinq syndicats les plus représentatifs et participe à part entière au dialogue social.J. E. H.

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