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Economie

Partenariats Martoc-UE dans l'agro-industrie : Un projet franco-marocain sur des terres collectives

Par L'Economiste | Edition N°:224 Le 04/04/1996 | Partager

La libéralisation des secteurs céréaliers, oléagineux et sucriers tarde à se mettre en place. Faute de transparence, les mesures d'accompagnement ne sont pas encore connues. En attendant, les professionnels travaillent seuls et préparent le partenariat.

"Les Européens sont prêts à investir, mais à condition que la réglementation du secteur soit clairement définie", indique M. Ghali Sebti, président de l'Association professionnelle de la minoterie.
Le problème se pose aussi bien pour le secteur céréalier que pour les secteurs sucrier et oléagineux qui attendent tous la nouvelle donne économique.
Le flou maintenu par les pouvoirs publics auprès des professionnels sur les grandes lignes de cette libéralisation et sur les mesures d'accompagnement les incitent à réfléchir sans l'Administration sur la mise en place d'une stratégie pour ces secteurs. Après avoir été reportée à plusieurs reprises, les dernières dates annoncées sont: avril pour les oléagineux et mai pour les céréales.
Les ateliers consacrés à ces filières ont mis en évidence les potentialités de ces secteurs, tout en rappelant que sans une mise à niveau, la libéralisation risque "d'hypothéquer leur avenir".
Cependant, pour des raisons d'indépendance alimentaire, la survie de ces filières s'impose. Les investissements étrangers sont aujourd'hui une nécessité pour développer une production plus compétitive.

Production céréalière sous pivot


Le problème de la libéralisation et des possibilités de partenariats ne se posent pas de la même manière d'un secteur à l'autre.
Pour la filière céréalière, les mises à niveau sont opérées par le secteur lui-même. Les associations professionnelles estiment pouvoir créer "une dynamique post-libéralisation". `
Des recommandations, à l'issue du séminaire sur les céréales en avril 1995, avaient conclu à la nécessité d'une création d'une Commission Mixte Pouvoirs Publics-Professionnels en vue de mettre en place les mesures d'accompagnement nécessaires à la réussite de la libéralisation. Cette commission n'a jamais vu le jour. Or, "c'est l'agro-industrie qui va tirer l'agriculture vers le haut", souligne M. Sebti. Il est important que les professionnels et l'Administration travaillent dans la transparence. Les professionnels céréaliers, de leur côté, ont présenté lors de cet atelier un projet de modèle de partenariat en matière de production de céréales sous pivot.

Les relations avec l'ONIC France ont permis d'établir des contacts avec des opérateurs français pour un partenariat (50-50) producteurs français-minotiers marocains dans le cadre de la production céréalière sous pivot au Maroc à partir de collectifs sous la tutelle du ministre d'Etat chargé de l'Intérieur. Plusieurs voyages à travers le Maroc, avec le Cabinet-Conseil Parisien Montillaud et Associés et ces opérateurs, ont permis d'identifier un ensemble de collectifs susceptibles d'être utilisés dans ce cadre.
Un projet pilote d'une centaine d'hectares sur des terres collectives à Oujda est en cours. L'investissement est évalué à près de 50 millions de DH et réalisé en partenariat à 50% européen, 45% minotier marocain et 5% Fédération des minotiers. Le financement sera assuré par la CNCA à 70%, à travers une subvention ECIP 1 accordée par la Commission Européenne de Bruxelles. Les 30% restants peuvent être apportés sous forme de capital risque.

Oléagineux: partenariat difficile


L'objectif est de réaliser des partenariats entre producteurs européens et minotiers marocains, le tout pouvant aboutir à moyen et long termes à une mise en valeur de plus de 20.000 hectares de terres collectives, à condition que les Pouvoirs Publics les suivent dans cette orientation stratégique. Ce projet permettrait d'augmenter la production nationale de 50%.
Côté secteur des oléagineux, la libéralisation va poser le problème de la Comapra. Jusqu'à maintenant, cette dernière joue un rôle de régulation. "L'émergence d'une interprofession pour la poursuite et la consolidation de l'effort entrepris dans la recherche et pour un meilleur partenariat entre les différents opérateurs, particulièrement pour les missions de collecte et de stockage, s'impose", indique M. Abdellatif Rami, directeur général de la Comapra.
Pour les participants, la mise en oeuvre de la libéralisation devra préserver les acquis et ouvrir un cadre plus approprié au développement du secteur, en permettant également l'amélioration du taux de couverture en corps gras (40 à 50%). Il est nécessaire de développer une approche filière, notamment sur le plan technique, et une intégration du colza et du tournesol dans les plans d'assolements. Il faut également prévoir la mise en place d'un cadre réglementaire incitatif pour un partenariat dans la production agricole et la transformation industrielle. Bien que le côté réalisme et partage du marché mondial laissent penser que le partenariat et les investissements étrangers n'ont pas de place.

Fatima MOSSADAQ



Sucre:Les retards dans la libéralisation freinent le partenariat


"La privatisation offre, dans le cas du sucre, d'excellentes opportunités pour le partenariat", fait remarquer M. Mohamed Debbarh, directeur de la SUNAB. Cependant, Il faut pour cela un cadre réglementaire clairement défini. La libéralisation est effective depuis début janvier, mais les textes ne sont pas encore totalement prêts. Le niveau de protection n'est pas encore officiellement décidé, bien qu'il se situerait aux alentours de 150%. Les arriérés de la compensation, soit 1,6 milliard de DH, ne sont pas encore apurés. Or, les délais de paiement de la Caisse de Compensation pour la liquidation des dossiers doivent être très courts (maximum 45 jours). Le principe de la liberté des prix au niveau de la production et de la consommation est acquis. Une compensation forfaitaire sera versée pour maintenir les prix à leur niveau actuel. Quant au stock de sécurité, si le décret est publié depuis 1995, les arrêtés sont encore en cours de publication.
Ces derniers obligent les industriels et importateurs à garder en permanence, en indiquant l'emplacement et le tonnage, un stock de sécurité. Celui-ci est l'équivalent de 1,5 fois le tonnage vendu. Cette obligation est assortie de sanction. L'Administration peut ainsi suivre l'état du stock et "tirer la sonnette d'alarme". La rémunération de ce stock est intégrée dans le niveau de la protection tarifaire mise en place.

Le retard dans l'établissement des textes sur la libéralisation a eu pour conséquence directe un report de délai dans l'appel d'offres relatif à la cession de 51% du capital des sucreries SUBM, SUNAT et SUTA.
Le dernier communiqué du Ministère de la Privatisation a précisé que "la date de clôture de l'appel d'offres, initialement arrêtée au 17 février 1995, est reportée à une date ultérieure, qui sera annoncée 60 jours au moins à l'avance". Résultat: l'appel d'offres court toujours, en attendant la libéralisation officielle.
Une audit effectuée par le consultant international Mars and CO a conclu que l'industrie sucrière au Maroc est viable et qu'elle est compétitive par rapport à un approvisionnement sur le marché mondial. Il est possible à moyen terme que le sucre ne constitue plus une charge pour le Budget de l'Etat; il faut pour cela mettre à niveau un certain nombre de paramètres. Il faut que les usines soient approvisionnées à 100%, et ce en accélérant la réalisation des équipements hydro-agricoles dans les différents périmètres.
Le second paramètre est de mettre à niveau l'outil industriel et de fixer progressivement le prix de vente du sucre en fonction de son coût économique en apurant les arriérés de la Caisse de Compensation.
Un plan d'optimisation de la filière sucrière a été mis en place.

Fatima .MOSSADAQ.

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