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Partenariat franco-marocain: Les habitudes bousculées

Par L'Economiste | Edition N°:284 Le 12/06/1997 | Partager

La France reste le premier partenaire du Maroc. Néanmoins, la baisse de compétitivité des entreprises françaises risque de remettre en question cette position. La conception du partenariat au Maroc change; la France doit en tenir compte.


«Sur le projet de Jorf Lasfar, il y avait près de 17% d'écart sur le prix moyen actualisé entre l'offre proposée par le groupement français et celle du groupement anglo-saxon», indique M. Driss Benhima, directeur général de l'ONE. Les liens de «coeur» entre les deux pays ne suffisent plus à eux seuls. L'ancienneté des relations est un concept dépassé. «Les entreprises françaises sont de moins en moins compétitives et il faut qu'elles se rendent à l'évidence», explique-t-il. Conséquence: la présence française sur le marché local décline ces dernières années, un recul qualifié de «soubresauts conjoncturels» par le Président de la CGEM, M. Abderrahim Lahjouji, lors de la 10ème session du Comité mixte des chefs d'entreprise (CGEM-Confédération Nationale du Patronat Français) les 3 et 4 juin. Ceci n'empêche pas la France de rester le premier client, le premier fournisseur et le premier investisseur pour le Maroc.
Sur les 10 prochaines années, le Maroc devra investir entre 20 et 30 milliards de DH dans les infrastructures et la mise à niveau du monde rural dans le but de soutenir une croissance de l'ordre de 7 à 8%. C'est une aubaine pour les entreprises françaises, si elles savent composer avec les «nouvelles réalités marocaines». «Le Maroc a beaucoup évolué», constatent les entrepreneurs français à travers la voie de leur président, M. Gandois. En effet, la conception du partenariat franco-marocain a beaucoup évolué et la signature du protocole d'accord CGEM-CNPF le 4 juin ne devrait pas bouleverser le cours des événements.

Conversion de la dette


Au-delà des échanges purs entre les deux pays, c'est une véritable association sur le terrain qui est recherchée, du moins pour la partie marocaine. Cette dernière souhaite être un partenaire à part entière sur les marchés à venir, mais espère aussi un appui dans sa mise à niveau. «Nous considérons à cet égard que les rouages commerciaux sont suffisamment huilés pour qu'ils soient dorénavant relayés par les flux d'investissements conséquents», a déclaré en substance M. Lah-
jouji.
Les opportunités pour le développement de l'investissement français au Maroc existent avec l'accélération du programme de privatisation et le désengagement de plus en plus important de l'Etat. Les projets sont nombreux. Dans la liste figurent notamment la construction d'une centrale à gaz à Tanger, l'octroi d'une concession pour la construction et l'exploitation du port de Tanger-Atlantique, l'autoroute Casablanca-Jorf Lasfar...
De plus, depuis 1996, des instruments nouveaux permettent de dynamiser cette coopération. Il s'agit de la conversion en investissements d'une partie de la dette marocaine vis-à-vis de la France. Une tranche de 600 millions de Francs obtenue après un échange de lettres entre les ministres des Finances marocain et français le 13 janvier 1996 s'est épuisée en février 1997. Une seconde tranche, qui était en cours de négociation avec l'ancien gouvernement français, devrait être remise sur le tapis «dès que possible», selon le responsable des investissements extérieurs.

Fatima MOSSADEQ

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