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Affaires

Parcs de loisirs de Casablanca: On y va faute de mieux

Par L'Economiste | Edition N°:1162 Le 11/12/2001 | Partager

. Un matériel vétuste, pas d'entretien, absence de sécurité... la liste est longue Teuf... teuf... le circuit à peine commencé, le vieux train pour enfants s'arrête. Au premier tour, une des voitures, des vieilles Ford dignes plutôt d'un musée que d'un parc de jeux, se décroche au moment où elle aborde la pente. La machine s'arrête sous le regard triste des enfants. Peu pressé (sans doute habitué aux caprices du vieux train), le flegmatique responsable du jeu se dirige lentement vers la voiture. Il fait les vérifications d'usage. Il regarde de près les rails, contrôle et huile. Puis, c'est reparti. Il faudra néanmoins presque 10 minutes aux bambins pour achever ce circuit fastidieux (trois tours de 100 mètres et plusieurs arrêts). Le jeu qui a fait la gloire du parc Sindibad à ses débuts est aujourd'hui à l'agonie. Il n'est néanmoins pas totalement amorti, puisqu'il continue à être rentabilisé jusqu'à ce qu'il rende l'âme. Sindibad demeure l'un des parcs les mieux équipés de Casablanca. A Aïn Diab, il occupe une grande superficie. C'est sans doute le lieu le plus fréquenté faute de mieux. Une centaine d'employés y travaillent directement. A cela s'ajoutent les emplois indirects qui font l'animation de cette zone (vendeurs ambulants, personnel de cafés et snacks). Pourtant, Casablanca n'est pas la ville la moins bien lotie. La capitale économique abrite sept jardins et foires pour une surface globale de 24 hectares. Ceci n'empêche pas les petitsCasablancais de continuer à s'ennuyer chaque week-end et vacances scolaires. En réalité, l'échec est total. On n'a pas réussi à leur créer l'ambiance adéquate et à des prix raisonnables. Faute de mieux, les parents avec leurs enfants se rabattent sur les aires de jeux des restaurants comme le McDonald's. “Chaque dimanche, c'est la même question: Où pourrais-je bien les emmener cette fois-ci?”D'autres alternatives existent en effet, mais la situation est plus catastrophique, bien que les parcs soient répartis aux quatre coins de la ville.A Aïn Sebaâ, sis dans l'enceinte de l'ancien zoo, le parc offre un matériel si usé et vétuste que les parents appréhendent de voir leurs enfants attrapper le tétanos. D'ailleurs, ce parc comme d'autres servent de cimetière aux manèges qui ont rendu l'âme à Sindibad ou Yasmina. Avec près de deux hectares de surface, ce parc appartient à la Communauté Urbaine et dépend pour ce qui est de l'entretien de la Préfecture de Hay Mohammédi. C'est un des quartiers les plus peuplés et qui a à l'évidence grandement besoin de lieu d'attraction pour distraire les enfants. Le délabrement de ce parc fait aujourd'hui fuir les badauds alors qu'il devrait permettre d'attirer de nombreux curieux dans le seul zoo de Casablanca. La situation dramatiquement mauvaise semble dans l'impasse. Les gérants qui n'ont pas d'autre choix réclament pourtant un prix qui peut paraître exorbitant compte tenu de l'état des lieux. L'accès aux manèges est fixé à 5 DH. Non loin de là se trouve un autre parc, Ifriquia dans la préfecture Ben M'sick. Celui-ci occupe trois hectares et présente le même topo, vestusté des manèges, absence de sécurité et de dispositif de secours… (A rappeler que Sindibad a connu une tragédie il y a quelques années à cause justement de l'absence de sécurité: un enfant s'est noyé dans la vase en faisant du pédalo).Dans le lot des parcs, il y a les lieux qui sont détournés de leur affectation comme le parc de l'Hermitage, baptisé Unesco et qui sert plutôt de bibliothèque (pour révision) et de lieu de rendez-vous galants pour les élèves des lyceés My Abdellah et l'Hermitage. Plusieurs pâtés de maisons plus loin, à proximité de l'Avenue 2 Mars, le parc Murdoch, surnommé quant à lui ISESCO s'étale sur une petite surface, moins d'un hectare. Ici, le choix est encore plus restreint pour un enfant. Trois manèges retapés sont concentrés au centre de ce petit poumon casablancais. Pour y accéder, en dépit de l'état défectueux de certains appareils, un ticket de 5 DH est de mise. Mais le plus ahurissant reste l'accès au square de ce parc où sont installés quelques balançoires et un toboggan, pour lequel un autre ticket du même prix est nécessaire. L'enfant ne pourra pas dépasser une durée de 15 minutes dans l'enceinte de ce square. De ces 7 aires de jeux dont disposent les Casablancais, deux sortent réellement du lot: Sindibad et Yasmina. Elles se distinguent d'abord par leur surface respective de huit et quatre hectares, leur emplacement (la Corniche pour le premier et le centre-ville pour le second) ainsi que l'investissement qui y a été consacré. Bien avant que la Communauté urbaine de Casablanca ne délègue la gestion des parcs au privé, ces deux lieux d'attraction avaient été entièrement réfaits. Quelques machines ont été renouvelées et des lacs créés. Si les cinq autres parcs sont souvent vides ou se contentent de visiteurs qui habitent le voisinage, à défaut d'autres lieux plus animés, Sindibad et Yasmina connaissent une grande affluence durant toute la semaine avec évidemment des pics en week-end. Les prix ont augmenté, mais la qualité n'a pas suivi.


Joubaland: Les dessous d'un échec

A Aïn Sebaâ, quelque part entre Marjane et Makro, un terrain presque vague avec de gros oeuvres non achevés et détériorés: le Joubaland. C'est le projet du parc de loisirs. L'idée avait jailli en 1996 suite au salon de l'Enfant Jouba qui se tenait alors dans le parc d'exposition de l'OFEC. Encouragé par le succès qu'a remporté ce dernier, Tisli Communication, promoteur du projet, avait décidé alors de le transformer en ville pour les bambins avec comme concept un parc thématique et éducatif. La première partie du parc devait être achevée en 1997 et ouvrir ses portes début 1998. Il n'en sera rien. Aujourd'hui, le projet a vieilli. Sa réalisation aurait pu enrichir un paysage déjà très maigre en matière de loisirs. «Le projet a été étouffé dans l'oeuf», commente un proche du dossier.«Depuis le lancement des travaux, nous avons connu une série de blocages», explique un des promoteurs de ce projet qui requiert l'anonymat. Des arrêts successifs de travaux, des pressions de toutes parts ont fini par décourager les partenaires étrangers de ce projet. L'ex-gouverneur d'Aïn Sebaâ, Laâfoura, est pointé du doigt. Les promoteurs du Joubaland lui font porter l'échec du projet. Mais l'acharnement de Laâfoura peut difficilement expliquer à lui seul l'échec du projet puisque ce dernier, de l'avis même de ses promoteurs, avait l'appui de hautes instances. Selon toute vraisemblance, ils avaient vu trop grand. En effet, le projet nécessitait un investissement qui dépassait les 100 millions de DH (6 hectares avec un théâtre, jardin botanique....) financé à hauteur de 50% par fonds propres et le reste en crédit bancaire. Les promoteurs le reconnaissent d'ailleurs: les banques ont suspendu le financement au milieu des travaux. Dans tous les cas, il faut reconnaître qu'un projet, aussi ambitieux, a besoin de plusieurs appuis, d'autant plus que le besoin se fait sentir dans la métropole. Apparemment, les autorités locales «n'étaient pas du jeu» ou ne réalisaient pas l'envergure de ce projet. Aujourd'hui, les promoteurs du Joubaland sont en train de remonter le projet avec l'espoir de dénicher des partenaires. Badra BERRISSOULE

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