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    Parcours d’un grand commis d’Etat

    Par L'Economiste | Edition N°:3173 Le 18/12/2009 | Partager

    . Abdelhadi Boutaleb, le mi-philosophe, mi-théologien. Un témoin de la vie politique après l’indépendance EN 86 ans, Abdelhadi Boutaleb, décédé mercredi à Rabat, aura vécu plusieurs étapes de l’histoire du Maroc moderne. Né un 23 décembre 1923 à Fès, lauréat de l’Université Al Qarawiyine vingt ans après (en 1943), grand ami de feu Hassan II, Boutaleb aura marqué, qu’on le veuille ou non, la vie politique nationale après l’indépendance. Il a été notamment parmi les membres fondateurs du «Parti Choura et l’Istiqlal». On sait de lui qu’il comptait parmi les leaders de la résistance contre la colonisation française et avait présidé en 1955 la délégation marocaine aux négociations d’Aix-les-Bains sur l’indépendance du Maroc et le retour de SM le Roi Mohammed V de l’exil.Boutaleb avait également participé en 1959 à la création de l’Union Nationale des Forces populaires (UNFP) née d’une scission au sein du Parti de l’Istiqlal. Plusieurs fois ministre et ambassadeur, Boutaleb avait présidé le Parlement de 1974 à 1976 avant d’être élu, en 1982, à la tête de l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO). C’est peut-être son passage à l’Isesco qui lui a permis de se lancer intensément dans la recherche. Mi-philosophe, mi-théologien, Abdelhadi Boutaleb a su, par le verbe et le mot, comment donner une nouvelle image de l’Islam, notamment dans son ouvrage «Pour mieux comprendre l’Islam».Sur un autre terrain, Boutaleb était considéré comme une sorte de visionnaire lorsqu’il abordait le capitalisme et les questions soulevées par le communisme encore fort dans les années 1980. Des années après, il écrit que «pour mieux introduire le concept de mondialisation, il serait édifiant de le définir par rapport à un autre terme qui a été jusqu’ici largement usité, mais qui rend un sens différent de celui qu’on attribue à la mondialisation dans son acception actuelle». Boutaleb oppose ainsi dans sa réflexion mondialisation à universalité. Il cite l’exemple du capitalisme et du communisme. Ils «ont pour commun dénominateur de vouloir atteindre l’universalité. Or, si le communisme tendait à gagner l’ensemble de la planète, ne voilà-t-il pas que le capitalisme est en train de s’ériger en ordre mondial exclusif», écrit-il il y a à peine quelques années. Le temps allait lui donner raison. Le capitalisme est aujourd’hui plus outrancier que jamais alors que le communisme, dont le dernier bastion fort demeure la grande Chine, est en train de glisser vers une société de consommation sans commune mesure avec les principes énoncés il y a quelques décennies par la Révolution culturelle.Abdelhadi Boutaleb aura-t-il marqué son temps, son époque? Certainement. En tout cas, ses étudiants n’oublieront pas ses conférences ni le ton posé et calme d’un grand érudit. Ses amis politiques retiendront de lui l’homme du consensus et du dialogue. J.E. HERRADI

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