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Parapharmacie: Bataille d’officines

Par L'Economiste | Edition N°:2144 Le 03/11/2005 | Partager

. Des prix de moins 20 à 30% par rapport aux pharmacies. Les consommateurs de plus en plus séduitsLes pharmaciens ne sont pas contents. Le développement des parapharmacies avec l’arrivée de nouvelles franchises est loin de les ravir. Le monopole qu’ils détenaient, malgré la concurrence illégale, est en train de se réduire comme une peau de chagrin. En effet, l’on trouve aussi des produits parapharmaceutiques dans nombre de parfumeries «agréés ou non». Et jusqu’à l’ouverture d’officines spécialisées, pharmacies et parapharmacies restaient confondues. Les rayons dédiés se sont développés, offrant de belles marges de bénéfices aux pharmaciens, exclusifs pourvoyeurs de remèdes. Aujourd’hui, ces derniers se mobilisent et revendiquent leurs droits sur la parapharmacie. «Les produits paramédicaux et parapharmaceutiques nécessitent un traitement spécial vu leur nature. Il faut connaître les réactions biologiques des produits destinés à l’alimentation spéciale, l’herboristerie et la cosmétologie», indique un pharmacien de la place. En clair, pour lui, il ne faut pas mettre ce domaine «entre les mains de n’importe qui». Un autre avance que les parapharmacies «cassent la chaîne sécuritaire» de l’acheminement des produits: laboratoire, distributeur, grossiste et pharmacie. Toujours est-il que dans les grandes villes du Royaume, il est indéniable que les parapharmacies gagnent du terrain. L’affluence qui règne dans certaines d’entre elles témoigne aussi de leur succès. Ce qui ne fait qu’amplifier l’amertume des pharmaciens qui souffrent déjà de la vente illicite des produits parapharmaceutiques. Cette fois, le concurrent a pignon sur rue et tout pour séduire: des points de vente agréablement aménagés, un large choix de produits, un contact direct avec le produit, et surtout des prix attractifs. A 20, voire 30% de moins qu’en pharmacie, le choix du consommateur est vite fait. «La première ouverture d’une parapharmacie au Maroc ne s’est pas faite avec facilité», déclare Ahlam Jbabdi, gérante et copropriétaire d’Elysée Beauté à Casablanca. Installée depuis 5 ans, elle a dû faire face à la résistance des laboratoires fournisseurs qui ne voulaient pas traiter avec les parapharmacies. Sous la pression du lobbying des pharmaciens, les premiers parapharmaciens ont par conséquent décidé d’importer directement leurs produits de France. «Loin d’être un handicap, ça été un atout de vente», ajoute Ahlam Jbabdi. Cela a permis l’importation de nouveaux produits répondant aux besoins du plus grand nombre de clients. «Au Maroc, les fournisseurs des pharmacies fonctionnent selon la demande. Nous, nous avons des gammes accessibles et très diversifiées», ajoute un professionnel. Mais le fait d’importer la marchandise d’Europe sans passer par le circuit des distributeurs, a valu à Elysée Beauté un procès avec les représentants d’un grand laboratoire français. La parapharmacie a eu gain de cause car la partie plaignante ne détenait pas l’exclusivité de la marque. Aujourd’hui, elle traite avec deux représentants de laboratoires étrangers au Maroc. La gérante ne veut pas en dire plus de crainte, peut-être, d’un nouveau procès. Ce qui n’est pas le cas d’une autre enseigne qui affiche clairement ses ambitions. Installée depuis plus d’une année, Paraland affirme s’approvisionner chez les distributeurs locaux. «Ces derniers nous font confiance», indique Nadia Zahi, la responsable Communication. A la fois parapharmacie et institut de beauté, le concept semble plaire aux clients. «Ceux-ci y trouvent non seulement des produits moins chers mais aussi un service personnalisé assuré par un pharmacien et des esthéticiennes qualifiées», ajoute Nadia Zahi. Des contrôles réguliers sont également effectués par le franchiseur. Les pharmaciens n’ont naturellement pas vu d’un bon œil l’ouverture de la franchise. Mais en l’absence d’un cadre juridique, ils n’ont pu que battre en retraite. En effet, aucune loi n’interdit la pratique de ce type de commerce. Aucun texte non plus n’en donne le monopole aux pharmaciens. Ce qui laisse la bataille ouverte entre les deux corporations. Ce vide juridique dérange les pharmaciens. Et l’inexistence d’une réglementation donne toute latitude aux parapharmacies d’élargir à leur gré leur palette de produits. Ils peuvent aussi «jouer» à loisir sur les prix en les baissant jusqu’à 40% dans certains cas. «La déontologie nous empêche de faire une telle chose. Toutes les pharmacies sont, en principe, tenues d’aligner leurs prix. Le marketing et les politiques de prix sont incompatibles avec le métier de pharmacien», déplore Mohamed Belghazi du Syndicat des pharmaciens de Casablanca. Et pourtant... Certaines officines se permettent quelques libertés pour les produits parapharmaceutiques. Leur marge de bénéfice, fixée à 30% ne concerne que les médicaments. Pour preuve, cette comparaison sur des prix relevés sur les mêmes produits vendus en pharmacie et parapharmacie. 190 DH pour le même écran total en pharmacie contre 150 DH chez le concurrent; traitement antitache 320 DH contre 240 en parapharmacie; traitement anticellulite à 418 DH contre 220 DH. Cette différence de prix s’explique mal. C’est en tout cas un secret bien gardé à tous les niveaux. Personne -laboratoires, grossistes, parapharmaciens et encore moins pharmaciens- ne veut s’exprimer sur le sujet.


Pas de contrôle!

Relevant des seules lois commerciales, la vente en parapharmacie ne subit aucun contrôle du ministère de la Santé. La loi limite d’ailleurs les inspections et contrôles aux produits médicaux enregistrés auprès des services publics. Cette absence est à déplorer surtout au niveau des grossistes qui se lancent dans la vente directe de produits «sensibles» comme les fils chirurgicaux ou les seringues. Produits que revendent, au vu de tous, des marchands informels à proximité des hôpitaux. L’inexistence d’une réglementation contribue au développement de ce «marché illégal». Si la parapharmacie séduit de plus en plus les consommateurs, il serait utile que les spécialistes se penchent sur le secteur. Aucune étude n’a été menée sur cette spécialité au Maroc. Sa pratique requiert professionnalisme car elle n’est pas sans risque! Ichark MOUBSIT

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