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Papa, est-ce que je dois voter?
Par M’hamed ABDELHAK, chef d’entreprise

Par L'Economiste | Edition N°:2530 Le 21/05/2007 | Partager

(Cette lettre que l’auteur destine à l’association Daba 2007 est inspirée d’une discussion qu’il a eue avec son fils au sujet de sa participation aux élections. Il résume ci-après ses réflexions sur le sujet).Messieurs,Je n’ai point de doute sur la passion qui vous anime. ■ Préparer les fondations pour construire un Maroc moderne, résolument tourné vers l’avenir, dénigrant l’obscurantisme des idées et des positions. ■ Inciter la force vive que représente la Jeunesse de ce pays, notamment celle éclairée, censée comprendre la noblesse de vos ambitions, à s’investir dans la politique.Pas de doute jusque-là, l’acte de voter est un «acte citoyen». Personne ne pourra convaincre du contraire! Toutefois, la décision de passer à l’acte ne peut se décréter à force de conseils suggestifs ou de voeux pieux. Elle a plus de chance d’accrocher quand l’aboutissement répond à une attente ou à un quelconque gain pour «mon moi» ou pour «ma cité». La parité préférentielle entre mon intérêt (moi) et celui du pays (cité) dépend du «quotient de citoyenneté» de l’intéressé. En clair, le «donnant-donnant» ou le «win-win» même moral est présent pour consolider une prise de position.Posons le problème franchement, je crois à votre discours et j’envisage l’opportunité de voter. A cet effet, il faut savoir que ma décision de vote sera proportionnelle à la satisfaction que je pourrais avoir comme réponses aux questions qui suivent:Question 1: Pour qui vais-je voter?Pour des représentants honnêtes, dignes de confiance, etc. me diriez-vous?Question 2: Sans jugement de valeurs et sous toutes réserves morales, pourriez-vous m’attester l’existence en nombre suffisant de ces qualités dans la sphère politique marocaine?Question 3: Pensez-vous sincèrement que les personnes pourvues de ces qualités sont recommandées ou recommandables par les partis politiques en compétition pour un «nombre de sièges» et non un nombre qualitatif d’élus?Question 4: Pensez-vous sincèrement que ces qualités peuvent gagner ou faire gagner une élection, a fortiori parlementaire, dans un contexte où les valeurs morales sont en totale déperdition?Pour résumer, le «spectre» des politiques en place répond-il aux attentes des jeunes, en termes de: ■ Age «mental» (je veux bien admettre que l’âge physique est similaire de cumul d’expérience et de compétence). En fait, l’âge mental c’est la capacité de comprendre mes attentes en termes de liberté, de démocratie, d’expression avec suffisamment de rigueur morale et de force de caractère pour suggérer aux jeunes que nous sommes la bonne orientation. ■ Compétence: légiférer pour un nouveau Maroc suppose des compétences à jour sur le contexte économique international, les grandes problématiques du Maroc sans aller jusqu’à exiger des connaissances de la géopolitique et de la géoculture imposées par un monde mondialisé.La compétence suppose aussi: - La connaissance de deux langues au moins - La capacité de communiquer- L’utilisation de l’outil informatique (c’est bête, mais c’est utile).■ Qualités morales: Rigueur professionnelle et personnelle. Respect de l’engagement, charisme, intégrité morale, exemplarité, en fait un «bouquet de valeurs». Or, comme chacun le constate, la politique définie par le respect de «l’éthique et valeurs» comme le suggérait la théorie militantiste, est totalement démentie par la réalité. La race des «Hafid et Adib», ces militants ex-USFP ayant refusé de spolier deux sièges dans le Parlement, offerts, semble-t-il, gracieusement par une erreur de comptage au détriment de deux élus du PJD reste dans le domaine de l’exception. En effet, la réussite dans un « business politique » est malheureusement le résultat de stratagèmes, d’alliances illicites, de circulation de l’argent sale, dit-on.A ce propos, je donne trois exemples: - L’invitation par un parti de la « gauche » du rappeur le «Bigg» alias le malpoli ou perdant (al khasser), d’après des langues inspirées ou mauvaises selon le cas, est-elle significative d’une approche de modernité respectueuse de l’éthique? n’est-il pas l’encouragement d’une minorité « clairement », pour ne pas dire «obscurément», égoïste, individualiste, désengagée? Comme dit le proverbe «en voulant échapper aux ‘‘gouttes d’eau’’, il s’expose au tuyau d’arrosage, voire tombe dans la mare»? . MilitantismePour choquer, on est tenté de penser que sur le plan d’une culture de réforme, les «valeurs spirituelles» que dégage une barbe afghane, moustaches rasées et l’éthique que révèle le «Tam Tam» bruyant des « hip-hop » à la chevelure débrayée sont dos à dos: Ils ne seraient pas de nature à encourager un sens du travail sérieux pour développer le pays. Pour la bonne histoire, tout en appelant au vote, le «Bigg» n’aurait-il pas dit franchement qu’il n’avait aucune sympathie pour la politique et que c’est l’argent qui le motive. Bel exemple de militantisme, sans parler du langage à la limite de l’insolence tel que « Saata!», «Saat!» (Géante! Géant !) qu’il n’arrête pas de proférer pour interpeller les filles et garçons parmi les adolescents.- A l’instar d’autres régions marocaines, les investitures en cours de certaines «candidatures  lumières» prêchent dans ce sens. En fait, la campagne électorale bat son plein. Les arguments à coups de transactions de moutons et béliers, égorgés, sont en passe de convaincre les «plus sérieux» du bled que les choses ne sont pas dans le sens du changement. A propos de «béliers», l’attention portée à la santé de nos futurs élus est un acte important. Pas de cholestérol, pas de graisse, nos chers conseillers auront le temps de récupérer et s’engraisser en absentéisme, une fois l’élection assurée.Un «futur candidat» à sa propre succession se propose, à l’instar de l’INDH, de «construire des pistes, creuser des puits» et ce, après avoir abusé des autres ressources: interventions à tout vent auprès d’une certaine administration qu’il connaissait. Le comble! Il se raconte dans une commune rurale que les «taxis drivers» seraient un enjeu électoral important. A peine qu’un candidat potentiel aurait-il intervenu pour sortir des fourrières un taxi fautif que son compétiteur se serait empressé de le faire remettre dans les fourrières. Je ne peux penser que cette version soit véridique. Mais le fait que cette information, circule sans choquer, donne une idée imagée sur le programme de nos futurs «faiseurs de lois» et par conséquent sur les attentes des électeurs. Ces «derniers n’auraient que ce qu’ils méritent» et pour cause, pauvreté, analphabétisme, contraintes administratives, état de droit,… un autre débat.En somme, les signes précurseurs d’une répétition de la mascarade du «tiers sortant» des conseillers sont visibles à l’œil nu et réfutent tout optimisme.Hormis le soutien des forces occultes, trois explications aussi graves l’une que l’autre s’imposent:- Ces «forces» du bien ou du mal selon le cas sont tellement puissantes qu’elles sont capables de défier l’Etat de Droit et ridiculiser le discours télévisé des représentants de l’Etat. - «L’Etat» pour des raisons stratégiques de «petite politique», non réfléchies, les soutient ou du moins observe une neutralité négative, moyen, pense-t-il, de maîtriser le pouvoir et son futur. - Les systèmes de gestion en place ne jouent pas le rôle d’un relai responsable et ce, pour des raisons diverses qui ne peuvent être reprises dans l’espace de cet article.Je ne cherche pas de réponses précises à cet état de fait mais je constate comme vous-même que le décor est déjà planté et, comme dit le dicton, «ton père est mort»; dit-on;  «il titubait au départ de la maison», réplique-t-on.Je vous laisse le soin d’analyser les statistiques du profil de nos élus actuels publiés dans les revues spécialisées pour conclure, qu’entre le «dire» et la «réalité», il y a tout un monde.Messieurs, Mon intention est de déclencher un débat, sérieux et responsable pour traiter le problème dans le fond. La «politique de l’autruche» ne résoud pas les problèmes. A mon sens, ces derniers sont flagrants. Il ne faut pas faire «Harvard», «Sciences PO» ou «Centrale de Paris» pour s’en convaincre. Ne pas s’attaquer aux «root causes» signifie que les concepts évoqués occasionnellement, à savoir «Nouveau concept de l’autorité», la « bonne gouvernance», la «moralisation de la vie politique» «l’INDH», resteront des «vœux pieux». Il ne faut pas non plus être lauréat de «Cambridge» ou «HEC» pour affirmer que, sans nul doute, le système de gouvernance représente 80% du taux de succès d’une affaire et que celui-ci repose sur la qualité des décideurs, qualité dans le sens de la compétence, de la motivation. Et comme «la plus belle fille du monde, ou du Maroc,  ne peut donner que ce qu’elle a», faisons le raccourci pour dire que la qualité de nos élus actuels et futurs hypothèque notre avenir. A bon entendeur salut! Messieurs,Je ne doute point de votre intelligence et de votre sens de la réalité. Vous savez déjà que votre engagement à la mobilisation des jeunes choque certains décideurs politiques qui vous accusent de vous immiscer dans leur «chasse gardée». Comme si la politique est l’apanage propre d’une secte particulière. Loin de moi l’idée de m’ériger en «donneur de leçons», vos «success stories» dans l’entreprise sont évidentes, voire exemplaires. Toutefois il ne faut pas se tromper de contexte. La réalité est autrement plus complexe et un détail négligé compromet la solution préconisée, comme ne cessent de le répéter les qualiticiens de l’entreprise. En guise de conclusion, entamons une restructuration du système législatif comme cela a été fait partiellement pour l’administration. Pourquoi pas des «DVD» au niveau de certains parlementaires qui s’accrochent, encouragées par l’abstinence, voire le dégoût des jeunes cadres pour tout ce qui est politique? Notre administration, faut-il le reconnaître, a fait des progrès en faisant appel à des compétences. Nos instances élues censées orienter, conseiller, contrôler notre administration, se trouvent en déphasage total, au regard du nouveau contexte. A tel point qu’il faut se poser sérieusement la question sur la raison d’être de nos institutions législatives?


Que faire?

■ Et si on renversait la démarche pour proposer un changement fondamental. Et si les partis politiques décidaient de s’impliquer dans le jeu. A mon sens deux suggestions pourraient bien améliorer les choses: - Chaque candidat devra se livrer à une séance de questions-réponses consignée dans un PV de la part des militants de chaque circonscription électorale sur sa vision de la géopolitique, la géostratégie. Ce qui permettra, entre autres, de jauger son capital linguistique, sa capacité de convaincre dans toutes les langues dans une posture «debout» et sans «mettre la main à la poche». Le PV pourra, le cas échéant, apporter le témoignage de la bonne moralité du candidat avant de le proposer aux instances dirigeantes du parti. Pour des raisons d’efficacité, l’organisation et l’animation du débat pourra être confiée à des membres compétents de la société civile.- Un acte formellement écrit et signé par deux responsables politiques à chaque validation de l’investiture d’un élu à la représentativité du parti pour «certifier que Mr ………… est digne de confiance et dispose de toutes les compétences intellectuelles et qualités morales pour assurer sa mission ou toute fonction qui pourrait lui être confiée en relation avec ce niveau de représentativité». Je suis persuadé que la conscience professionnelle de tout un chacun émergera pour éviter des  validations préjudiciables, il faut le dire, à l’intérêt national et à l’image de nos institutions.

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