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Palestine: Le nouveau gouvernement peut-il améliorer la situation?
Par Pascal BONIFACE

Par L'Economiste | Edition N°:2489 Le 21/03/2007 | Partager

Pascal Boniface, directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques, l’IRIS (www.iris-france.org), vient de publier «Lettre ouverte à notre futur(e) président(e) de la République sur le rôle de la France dans le monde», éditions Armand Colin. Il enseigne à l’Institut d’études européennes de l’Université Paris VII SOUS l’égide d’une médiation saoudienne, le Hamas et le Fatah viennent de décider à La Mecque de la formation d’un gouvernement d’unité nationale. Au grand soulagement de la population palestinienne qui souffre suffisamment du durcissement de l’occupation israélienne, les affrontements armés entre les partisans des deux camps devraient prendre fin. Mais si on évite ainsi une nouvelle et bien inutile dégradation supplémentaire du sort des Palestiniens, il n’est pas certain que ceci soit suffisamment annonciateur d’une amélioration. En effet, encore faudrait-il qu’Israël accepte de reprendre les négociations avec le nouveau gouvernement et que les pays occidentaux mettent fin à leur politique de boycott. . Israël et les Etats-Unis refusentOr Israël et Washington ont d’ores et déjà annoncé qu’ils n’accepteraient pas de contact direct avec le nouveau gouvernement, faute de reconnaissance explicite d’Israël de sa part. Pourtant le texte de l’accord fait référence aux engagements pris par les précédents gouvernements palestiniens. S’il n’y a pas une reconnaissance officielle d’Israël de la part de Hamas, on aurait penser qu’il s’agissait d’un premier pas vers cette direction. Manifestement, le gouvernement israélien n’a pas voulu tenter d’essayer cette piste. Comme prévu les Etats-Unis adoptent la même position. Cela doit-il conduire l’Union européenne à en faire de même? Depuis mars 2006, date à laquelle le Hamas vainqueur des élections palestiniennes a formé un gouvernement, l’Union européenne a suivi à son égard une ligne définie par Washington: boycott financier et diplomatique du gouvernement palestinien tant qu’il n’aura pas respecté trois conditions, la reconnaissance d’Israël, la renonciation à la violence, et l’acceptation des accords passés par les précédents gouvernements palestiniens. L’idée est de faire reconnaître Israël par le Hamas ou de le rendre impopulaire auprès de l’opinion palestinienne du fait de l’aggravation de son sort due au boycott. Cette stratégie s’est avérée jusqu’ici non payante. La situation de la population palestinienne a largement empiré, et dire qu’elle est insupportable est en deçà de la réalité. La paix n’a évidemment progressé en rien. . L’armée israélienne accroît sa pressionS’il est souhaitable que le Hamas change de position, peut-on espérer y parvenir par l’injonction de puissances extérieures? La reconnaissance d’Israël doit être le but, mais ne peut pas être le préalable à tout contact avec le gouvernement palestinien. Les Occidentaux parlent à juste titre de l’impératif de la sécurité d’Israël, mais à tort, ils ne parlent jamais de la nécessité de sécurité pour les Palestiniens. Pourtant, le moins que l’on puisse dire, est que l’insécurité des Palestiniens est grande. Les Palestiniens doivent eux aussi avoir droit à la sécurité. S’il faut souhaiter l’arrêt des violences, encore faut-il le demander à toutes les parties et donc également au gouvernement israélien et non pas aux seuls Palestiniens. L’armée israélienne, au cours des derniers mois, n’a pas donné le sentiment qu’elle exerçait une retenue particulière en ce domaine, ni même qu’il y ait un contrôle politique ou judiciaire très poussé sur son activité.On avait relevé depuis longtemps la contradiction consistant à réclamer plus de démocratie au Proche-Orient, puis à refuser d’en reconnaître les résultats s’ils n’étaient pas conformes aux attentes et souhaits des puissances extérieures. Est-ce vraiment la meilleure façon d’être crédible aux yeux des opinions? Par définition, la démocratie est un choix souverain d’un peuple et ne peut dépendre de l’approbation de puissances extérieures, encore moins s’il s’agit d’une puissance occupante. . Pourquoi le succès du Hamas?Plutôt que de dénoncer l’arrivée du Hamas au pouvoir, les pays occidentaux feraient mieux de s’interroger sur les raisons profondes de son succès. La corruption de l’Autorité palestinienne en était certainement une cause, mais le fait que quinze ans de négociations n’aient pas débouché sur une amélioration concrète, tant politique qu’économique de la situation des Palestiniens, en est une autre, certainement plus déterminante encore. Depuis la reprise de l’Intifada, les acquis des accords d’Oslo ont été systématiquement détruits qu’il s’agisse d’acquis politiques ou d’infrastructures. L’Union européenne n’ose même pas protester contre la destruction par l’armée israélienne d’équipements payés par les contribuables européens. Les Israéliens refusent depuis 2002 de négocier avec les Palestiniens, qu’il s’agisse de Yasser Arafat (jugé complice de terrorisme) de Mahmoud Abbas (jugé trop faible) et du Hamas considéré comme mouvement terroriste.On peut parier que le Hamas est capable de la même évolution envers Israël que le fît l’OLP en son temps. Encore faut-il l’encourager de façon positive et qu’il puisse de façon crédible pouvoir y gagner quelque chose. On ne peut pas demander à ce mouvement d’abandonner la voie militaire, si on ne lui offre aucune perspective politique.


A démocratie, démocratie et demie…

LA puissance occupante peut-elle choisir les représentants du peuple occupé? Ou tout ceci n’est-il pas qu’un prétexte, modifié selon les circonstances pour ne jamais négocier? En ce cas la communauté internationale doit-elle rester passive? Le boycott par l’Union européenne du gouvernement palestinien est ainsi une erreur à plusieurs titres. On ne peut exiger d’un gouvernement qu’il accède à toutes les demandes avant d’entamer des négociations avec lui, car le but des négociations est justement de parvenir à un résultat. L’Union européenne est-elle entièrement d’accord avec l’Iran, la Corée du Nord, le gouvernement soudanais? Non. Pourtant elle ne les boycotte pas. Estime-t-elle que le gouvernement israélien prend en compte toutes ses demandes? Non, et pourtant les échanges sont nourris. Après la formation d’un gouvernement d’union nationale suite à une médiation réussie de la part de l’Arabie saoudite, l’Union européenne ne doit pas faire dépendre la reprise de contact avec ce gouvernement d’un feu vert israélien ou américain. Il y va de son intérêt, de sa crédibilité.

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