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Pakistan: Démographie, nucléaire et pauvreté

Par L'Economiste | Edition N°:1937 Le 13/01/2005 | Partager

. Le Pays tiraillé entre les demandes de Washington et les pressions islamistes. 2005: Assurer la stabilité du pays le plus pauvre de la région. Deux puissances en une: La démographie et le nucléaireLorsque le général Pervez Musharraf s’est emparé du pouvoir, en octobre 1999, en renversant le gouvernement totalement discrédité de Nawaz Sharif, le Pakistan était décrit comme un Etat “défaillant”, “en faillite” ou “voyou”. Son économie était en pleine crise, et ses institutions en proie à de sévères dysfonctionnements. L’armée pakistanaise avait attisé l’insurrection islamiste dans le Cachemire indien et soutenu le régime taliban en Afghanistan. Après le coup d’Etat, les perspectives se sont encore assombries. Le Pakistan a été exclu du Commonwealth. Et il s’est vu infliger un sermon sur son régime militaire et sa politique extérieure pendant l’escale de 5 heures que le président Bill Clinton avait daigné effectuer à Islamabad à l’issue d’un fructueux voyage de cinq jours en Inde. Quant au peuple, il a dû endurer des conditions de vie difficiles après la mise en œuvre du programme d’ajustement structurel du Fonds monétaire international (FMI) visant à comprimer les dépenses liées au développement.. Comment endiguer l’extrémisme?Musharraf a également rétabli une démocratie partielle dans le pays. En 2002, il a organisé des élections au niveau régional et national. Puis il a accru sa légitimité en concluant un accord avec le Muttahida Majlis-i-Amal (MMA), une coalition de six partis religieux, pour pouvoir amender la Constitution et légitimer son mandat présidentiel de cinq ans. Musharraf a par ailleurs considérablement encouragé la détente avec l’Inde. En 2004, le Pakistan a été réadmis au sein du Commonwealth.Mais Pervez Musharraf n’est pas au bout de ses peines: en 2005, il devra mener à bien toute une série d’actions. Il lui faudra instaurer un système politique stable et représentatif, endiguer la vague d’islamisme, maintenir le dynamisme de l’économie, poursuivre le processus de paix avec l’Inde et renforcer les liens de coopération avec le reste du monde, en particulier avec les Etats-Unis -programme très am-bitieux, compte tenu des obstacles qu’il aura à surmonter.Sur le plan institutionnel, le régime de Pervez Musharraf manque de stabilité. Il implique que deux anciens Premiers ministres et dirigeants de partis modérés, Benazir Bhutto et Nawaz Sharif, soient maintenus à l’écart de la scène politique. Musharraf a comblé le vide laissé par leurs partis modérés et pro-occidentaux avec les partis religieux antioccidentaux du MMA, dont le dirigeant, Maulana Fazlur Rehman, a été nommé chef de l’opposition par le gouvernement. . Attentats en sérieLe MMA a également été encouragé à gouverner deux des quatre provinces du pays. Pour assurer la stabilité politique, Pervez Musharraf mise donc sur une coalition dont l’extrémisme islamique constitue la plus grande menace pour son pouvoir et pour le maintien de bonnes relations avec l’Occident. Le président a été deux fois victime d’une tentative d’assassinat et l’ancien Premier ministre, Shaukat Aziz, une fois. Dans les trois cas, les auteurs des complots étaient des fanatiques islamistes liés au MMA et à Al Qaida. Si Musharraf venait soudain à disparaître, le Pakistan plongerait dans le chaos.Les antagonismes entre le MMA et Musharraf sont voués à s’accentuer en 2005. Le MMA va insister pour que le président renonce à sa fonction de chef de l’armée et cesse de soutenir la guerre contre le terrorisme. En refusant d’accéder à ses demandes, Musharraf va devenir une cible de choix pour les islamistes. Ses efforts pour normaliser les relations avec l’Inde vont également le mettre en difficulté. Le dialogue est soumis aux aléas du conflit au Cachemire. L’Inde veut rétablir la confiance en réglant les problèmes les moins litigieux avant de s’atteler à l’épineuse question du Cachemire. Quant à Musharraf, il ne peut stopper le djihad au Cachemire, soutenu par l’armée pakistanaise, tant que l’Inde n’a pas accepté de régler la question.En somme, les engagements du président en matière de politique extérieure se heurtent à des contraintes de politique intérieure, ce qui risque d’entraver la difficile quête de stabilité et de croissance du Pakistan tout au long de l’année à venir.«Sur le plan institutionnel, le régime de Pervez Musharraf manque de stabilité. Il implique que deux anciens Premiers ministres et dirigeants de partis modérés, Benazir Bhutto et Nawaz Sharif, soient maintenus à l’écart de la scène politique«


Contre les Talibans afghans

Les attentats du 11 septembre 2001 ont tout changé pour le Pakistan et son régime militaire: l’infréquentable est devenu le principal allié. Après la mise en garde lancée par George W. Bush –“Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous” –, Musharraf a œuvré à la chute des Talibans en Afghanistan et participé à la guerre contre Al Qaida. Ce revirement politique a placé Musharraf dans une situation intérieure extrêmement délicate. Mais il a aussi offert au Pakistan l’occasion de se réhabiliter aux yeux de la communauté internationale et de relancer son économie chancelante.En guise de récompense pour son soutien à la guerre contre le terrorisme, le Pakistan a bénéficié d’une annulation partielle et d’un rééchelonnement de plusieurs milliards de dollars de sa dette, et les produits pakistanais ont pu accéder plus facilement aux marchés occidentaux. Le programme de restrictions du FMI a été suspendu et la croissance économique a fait un bond. La Bourse de Karachi, dont l’activité a augmenté de 55% entre 2003 et 2004, est devenue l’un des marchés les plus actifs des pays émergents. Les réserves de devises du Pakistan ont grimpé de 1 milliard de dollars en 2000-2001 à 12 milliards en 2003-2004.


Trop de gens trop pauvres: Une richesse stratégique!

En dehors de son voisin indien qui compte 1,1 milliard d’habitants, le Pakistan est le géant démographique de la région. Quand il joue sur son terrain de l’est, c’est-à-dire avec le Pakistan, l’Iran et les puissances musulmanes, il est deux fois plus grand que les plus grands: 158 millions de Pakistanais, contre 71 millions d’Iraniens, 73 millions de Turcs et plus loin, 74 millions d’Egyptiens.Mais en termes de PIB, le Pakistan est petit: 3,5 fois plus petit que la Turquie (qui est “l’homme moderne de la région”) deux fois plus petit que l’Iran, pas plus gros que l’Algérie (qui tous deux bénéficient de l’effet du pétrole cher). Ce qui fait qu’en terme de PIB par personne, le Pakistan est très loin du compte: 430 dollars par tête (le Maroc, tout pauvre qu’il soit, est à 1.215 dollars/hab).Cependant, autant d’habitants aussi pauvres donnent plus de poids au Pakistan, plus exactement un poids stratégique inespéré pour ses gouvernants: trop de gens trop pauvres, c’est, en quelque sorte, la deuxième bombe atomique d’Islamabad! Naturellement, pour jouer de cet argument, il faut que la démocratie reste en sommeil…Avec Najam Sethi, rédacteur en chef du «Friday Times» et du «Daily Times»

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