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Economie

Ouverture du Forum BTP
Le secteur est assis sur une conjoncture en béton

Par L'Economiste | Edition N°:2239 Le 22/03/2006 | Partager

. La profession veut se «construire» des «champions» . Le programme des infrastructures assure une visibilité durableL’autoroute Nouadhibou-Nouakchott (Mauritanie), inaugurée il y a quelques semaines, est la parfaite illustration du concept de champion national si cher aux professionnels du bâtiment et des travaux publics. Ce concept sera d’ailleurs l’un des thèmes-phares du Forum du BTP qui ouvre ce matin au Parc des expositions de l’Office des changes à Casablanca. Celui-ci se tient jusqu’au samedi 25 mars. C’est un groupement de sociétés marocaines qui a construit cet axe routier avec comme effet collatéral inattendu, l’ouverture d’un nouveau débouché pour les exportateurs marocains des fruits et légumes. Chaque semaine, des dizaines de camions chargent des produits frais à Agadir à destination de la Mauritanie et même du Sénégal. L’idée de «champions nationaux», prônant une politique d’encouragement au développement de l’entreprise marocaine, a été réactivée par le contrat-programme signé entre le gouvernement et la profession. La convention a coïncidé avec le lancement d’un ambitieux programme d’infrastructures et l’impulsion de l’habitat social. Jamais la conjoncture n’a été aussi bonne, reconnaît Bouchaïb Benhamida, président de la Fédération nationale des BTP, et l’occasion de bâtir les fondations des «champions». Le programme d’infrastructures publiques assure, il est vrai, une confortable visibilité au secteur. Par le passé, vu leurs capacités techniques et financières limitées, les PME marocaines du BTP ne pouvaient espérer, au mieux, que faire de la sous-traitance pour le compte des grands groupes internationaux. Depuis trois ans, les choses ont radicalement changé. Au gouvernement, la profession a vendu avec succès l’idée de fractionner les appels d’offres de manière à ouvrir la compétition aux PME locales et d’admettre des groupements d’entreprises (GIE) et, si nécessaire, en faisant jouer la complémentarité des métiers de chaque membre. Cela n’a rien à voir avec une quelconque préférence nationale ou «patriotisme économique», s’empressent de préciser les opérateurs. Il ne s’agit pas de baisser les standards, mais de dimensionner les projets à la taille des PME locales. Les résultats ne se sont pas fait attendre. La construction de l’autoroute Settat-Marrakech a été adjugée en quasi-totalité aux PME marocaines devant une rude concurrence venue d’un peu partout: Serbie, Turquie, Chine, Portugal et même du Koweït. Sur le tronçon Marrakech-Agadir, c’est aussi une société marocaine qui réalise le chantier avec une firme serbo-montégrine. Ce qui n’est pas sans soulever de curiosité, la société serbe ayant été déclarée défaillante sur deux lots qu’elle avait en charge sur l’autoroute Settat-Marrakech. Le ministère de l’Equipement avait dû résilier le contrat en catastrophe pour ne pas compromettre tout le chantier. Ironie de l’histoire, c’est une PME marocaine qui avait pris le relais.L’émergence de quelques «champions» a, semble-t-il, changé la donne concurrentielle au point de «décourager» certains «habitués» du marché des infrastructures dans le Royaume. Les firmes italiennes et espagnoles, qui trustaient jadis de grands chantiers, ne seraient quasiment plus présentes au départ des appels d’offres. Reste à espérer que ces nouveaux «héros» du secteur diffusent par leur expérience des bonnes pratiques dans les métiers périphériques. Malgré ce beau succès, les professionnels des BTP sont conscients qu’être champion au Maroc ne suffira pas à atteindre la taille critique nécessaire pour se battre sur les marchés extérieurs. Certes, quelques opérateurs construisent des ports et des barrages dans des pays africains, mais ce n’est pas assez. D’où l’idée à laquelle pousse la Fédération, celle de pérenniser, via un régime juridique, les groupements actuels constitués à l’occasion des marchés des autoroutes, le temps que les gens apprennent à se connaître avant d’aller peut-être plus loin, c’est-à-dire, fusionner. Au passage, il s’agit d’aller vers une modernisation des modes de gestion des entreprises en poussant à la séparation de la propriété du capital et du management. En amont, la profession veut, par le canal du dispositif de qualification/qualification qui sert à la présélection dans les appels d’offres, faire un travail d’auto-assainissement en relevant les exigences d’équilibre financier. Ce sera, espèrent les professionnels, une première garantie pour améliorer le rating des entreprises auprès du système bancaire et la crédibilité auprès de donneurs d’ordre.


Engagement anticorruption

SI le secteur estime que, globalement, la transparence s’est améliorée dans les appels d’offres publics -cela ne veut pas dire que les combines ont disparu-, ce sont les collectivités locales qui lui donnent encore «à 80%» des migraines. Les opérateurs ont préparé des propositions d’amendement au décret sur les marchés publics, des changements dont le but est de «colmater les brèches». Le dispositif actuel n’est pas totalement étanche et, en toute légalité, un maître d’ouvrage peut fausser la compétition. Exemple: les modalités de publication de l’appel d’offres illustrent parfaitement le détournement de l’esprit de la réglementation. Sur le périphérique de Casablanca, les professionnels ont découvert, stupéfaits, que le marché était adjugé pour 50 millions de dirhams, l’appel d’offres ayant été publié dans un petit journal. La réglementation ne précise rien sur ce point et prévoit juste une obligation de publicité dans un journal.Les professionnels proposent par ailleurs d’inclure une disposition obligeant tout soumissionnaire aux appels d’offres à s’engager expressément à ne pas user de corruption. Ce sera une première.Abashi SHAMAMBA

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