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    Economie

    Oui à la rigueur, attention aux disparités sociales

    Par L'Economiste | Edition N°:291 Le 31/07/1997 | Partager

    Quand Bank Al-Maghrib tisse des couronnes pour le Ministère des Finances, c'est bien que des efforts sensibles ont été réalisés en matière d'assainissement des Finances Publiques. L'Institut d'émission est en revanche peu amène pour les banques et invite à plus d'initiatives pour la résorption des disparités sociales.


    C'est un rapport globalement positif qui a été présenté à SM le Roi par M. Mohamed Seqat, gouverneur de Bank Al-Maghrib. Pour l'année 1996, l'économie marocaine s'est en effet bien comportée à la faveur de l'excellente campagne agricole. «Ce retournement favorable, conjugué au maintien de politique monétaire et budgétaire vigilante, a permis de réduire notablement les déséquilibres interne et externe enregistrés durant l'exercice précédent», souligne le rapport.
    Ce discours tranche avec les critiques à peine voilées formulées en 1995 à l'égard de la politique monétaire et budgétaire. La Banque Centrale soulignait alors: «Le déséquilibre entre les ressources et les charges de l'Etat s'est accentué(...); la détérioration des conditions de financement du déficit public a mis en évidence les limites que rencontrerait une politique budgétaire expansionniste». Dans les faits, le Ministère des Finances et des Investissements Extérieurs a bien retenu la leçon. Le déficit budgétaire a ainsi été ramené à 3% contre 5,3% une année auparavant et ce, en dépit de l'alourdissement des subventions, des charges additionnelles dû au dialogue social et de l'accroissement des dépenses de fonctionnement (+8,8%). Résultat de cette sagesse: le Trésor a peu eu recours à la création monétaire.

    La masse monétaire maîtrisée


    Les créances sur le Trésor se sont élevées à 76,4 milliards de DH, en progression de 3,1% contre 13,7% au terme de 1995. Cette évolution mesurée a, en partie, bénéficié aux entreprises. Elles ont vu les crédits à l'économie (100,87 milliards de DH au total) grimper de 10,4% ,»soit un rythme supérieur à celui du PIB nominal non agricole». La hausse modérée des avoirs extérieurs aidant (+6,4% d'une année à l'autre), l'accrois-sement annuel de la masse monétaire est limité à 6,6% contre une prévision de 7% en début d'année. Cette norme était jugée optimale pour contenir les pressions sur les prix et le compte extérieur. Elle a été reconduite pour l'exercice 1997. Eu égard aux objectifs de croissance économique (prix courants) fixés à peu près au même niveau, cette norme n'est, pour les décideurs, ni trop faible pour étouffer le secteur productif, ni trop forte pour provoquer une surchauffe. A côté de l'assainis-sement des finances publiques, la maîtrise de l'inflation (3% en 1996), une autre condition essentielle à la compétitivité, représente ainsi l'un des deux piliers sur lesquels doit se construire une économie plus solide.

    Ce choix de politique économique n'a pas que des partisans. Mais, très certainement, il sera difficilement remis en cause pendant quelques années encore, quelle que soit la composition du prochain gouvernement.
    Ces deux pierres angulaires permettront par ailleurs «aux taux d'intérêt de s'établir à un niveau adéquat», ajoute le rapport, qui rappelle clairement la nécessité de «veiller au bon fonctionnement des marchés dans le respect des règles du libre jeu de la concurrence». Bank Al-Maghrib met ainsi directement le doigt sur l'immobi-lisme entretenu par les banques. Pour cause, la libéralisation totale des taux d'intérêt, intervenue au cours de l'exercice 1996, n'a pas encore produit les effets escomptés, malgré les assouplissements du système de calcul de la réserve monétaire et des conditions créditrices orientées à la baisse.

    Efficience des investissements


    Les autorités monétaires ont multiplié les appels à la concurrence et à la transparence. Le dernier «coup de gueule» a eu lieu lors de la dernière réunion du CNME (Conseil National de la Monnaie et de l'Epargne). Pourtant, de l'avis de quelques financiers, le problème ne se pose pas en termes de coût mais bien en termes de disponibilité du crédit. En filigrane, apparaît la nécessité d'aller un peu plus dans la réduction des emplois obligatoires, notamment.
    Il est à préciser que les autorités monétaires ont annoncé lors de la dernière réunion du CNME une nouvelle baisse de 5 points du PEP (plancher d'effets publics) avant la fin de l'année pour le ramener à 5%.

    Satisfaction sur le comportement des indicateurs, petit coup de chapeau au Ministère des Finances et des Investissements Extérieurs, rappel à l'ordre aux banques à propos des taux d'intérêt, le gouverneur de Bank Al-Maghrib n'a cependant pas oublié d'inscrire sur son calepin les exigences d'un mieux-être social. C'est clair. Les performances économiques seront sans objet si elles ne s'accompagnent pas de la réduction des disparités sociales et géographiques. Pour la Banque Centrale, il s'agit d'accroître les investissements dans les secteurs sociaux et les infrastructures de base et rechercher une plus grande efficience. La baisse significative des dépenses d'équipement en 1996 par rapport à 1995 (-15,6%) a certainement poussé l'Institut d'émission à tirer la sonnette d'alarme.

    Alié Dior NDOUR

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