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Economie

OMC: Un faux site pastiche qui tourne l'organisation en ridicule

Par L'Economiste | Edition N°:1139 Le 08/11/2001 | Partager

. Créé par un groupe d'activistes portés sur les technologies, ce site est aujourd'hui cédé à un groupe d'imposteursPas facile d'être du côté des pédants malmenés par des potaches. A la veille de la Conférence de Doha, au Qatar, l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) s'est émue, via un communiqué, de l'existence d'un site sosie du sien: “Une nuisance pour les utilisateurs sérieux cherchant une information authentique”.Les utilisateurs sérieux, certes. Les autres se rueront, bien au contraire, sur ce site pastiche www.gatt.org - du nom de l'ancêtre de l'OMC. Politique et drôle, c'est le repaire de faux représentants de l'Organisation qui se sont illustrés dans de vraies conférences pour tourner en ridicule l'OMC. Des chefs de file de l'imitation de sites institutionnels, à l'image des AdBusters canadiens qui se sont spécialisés dans le détournement de pubs.Même charte graphique que l'original, même présentation. Et même discours, à quelques outrances près, mêlé à plusieurs dénonciations des ravages du tout-marché pour brouiller les pistes.Le site poursuit sa vie tranquille dans le cyberespace, en clone incisif de l'original. Mais sans passer inaperçu. “Nous avons été contactés par des gens qui croyaient que nous étions l'OMC, raconte Mike. Certains nous ont même invités à des conférences”. Ainsi, cet été, l'organisateur d'un fascinant raout sur “l'avenir de la filière textile” en Finlande expédie un e-mail au faux site. Et si Mike Moore, le patron de l'OMC, honorait la manifestation de sa présence?L'occasion est trop belle. Les YesMen promettent d'envoyer –aux frais des organisateurs- un collaborateur du big boss.Le spectacle est total: le 16 août, devant un amphi impassible, Hank Hardy Unruh -Andy, un YesMen qui habite Paris- entame un discours jouissif. La guerre civile américaine...“Un gâchis de temps et de ressources”, car l'esclavage, antiéconomique, aurait de toute façon disparu grâce à une politique de libre-échange. Un “protectionniste” qui “n'avait rien compris aux marchés ouverts”. Et, au final, la présentation d'un “costume de management par le plaisir” -une combinaison moulante dorée et prolongée par un énorme phallus- capable d'aider les managers à surveiller leurs salariés du Tiers-Monde et de leur envoyer une décharge électrique lorsqu'ils rechignent à bosser! L'audience ne bronche pas.“Ils n'y ont vu que du feu, raconte Andy. Au dîner qui a suivi, l'organisateur m'a même félicité trois fois publiquement pour mon excellent discours”. Un quotidien économique finlandais a même relaté l'intervention de l'OMC au premier degré, avant que l'imposture ne soit révélée.A l'OMC, où l'on évite d'évoquer cet épisode, on préfère alerter sobrement sur le faux site. “Nous avons reçu de nombreux e-mails de gens qui ont été trompés par ce site, confirme Jean-Guy Carrier, porte-parole de l'Organisation. Récemment, un utilisateur nous a écrit qu'il y avait passé quinze minutes avant de réaliser que ce n'était pas le vrai”. Le fonctionnaire affirme pourtant qu'aucun procès ne sera lancé contre les potaches. “Notre boulot n'est pas de poursuivre en justice qui que ce soit, explique-t-il. Nous apprécions la dissidence et les critiques honnêtes”. Il précise tout de même que les “internautes sont invités à s'exprimer sur les forums” du site officiel. Bref, la contestation, oui, mais restons polis.Les YesMen, de leur côté, se réjouissent de bousculer un peu l'OMC. Mike rappelle que l'institution “avait déjà alerté sur ce faux site avant la Conférence de Seattle”. Il y voit un signe de “paranoïa” et espère que c'est la preuve que l'OMC “s'affaiblit”. Cet avertissement de l'Organisation est de toute façon, pour eux, un joli coup de pub: “Depuis qu'il a été publié, nous sommes inondés d'e-mails”.


Faux représentants ou protestataires

Le faux site a été créé par un groupe d'activistes portés sur les technologies, RTMark. Et mis en ligne en novembre 1999, à quelques semaines de la Conférence de Seattle, afin de soutenir les mouvements de protestation. Rapidement, les RTMark cèdent leur site à un groupe d'imposteurs, appelés les YesMen, convaincus que “les politiques économiques néolibérales qui traitent la misère humaine comme un dommage collatéral sont un échec”, selon Mike, l'un de leurs membres.Florent LATRIVESyndication l'Economiste-Libération (France)

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