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    Economie Internationale

    OMC: Le sommet de Seattle attend son ordre du jour

    Par L'Economiste | Edition N°:633 Le 08/11/1999 | Partager


    · Européens et Américains ne parviennent pas à se mettre d'accord sur les points à traiter
    · Les deux parties évitent de parler des dossiers qui fâchent


    Les Etats-Unis et l'Union Européenne ne sont toujours pas d'accord sur l'ordre du jour du prochain sommet de l'Organisation Mondiale du Commerce à Seattle, mais ils sont d'accord sur l'ordre du jour des discussions. C'est le résumé qu'on peut faire du tête-à-tête qui a eu lieu à Washington en début de semaine entre le Président Bill Clinton et Romano Prodi, le nouveau président de la Commission Européenne, qui était accompagné de son commissaire au Commerce, Pascal Lamy. La première visite à la Maison Blanche de Prodi avait surtout pour objectif de manifester l'importance que Clinton attache à la réunion qui aura lieu du 29 novembre au 3 décembre à Seattle, et dont il espère un accord pour lancer un nouveau cycle de négociations sur la libéralisation du commerce international.
    Sur le fond, la déclaration commune publiée au terme d'une heure de discussions n'a pu qu'affirmer "la volonté de coopérer étroitement pour résoudre (...) les divergences qui persistent quant à l'ampleur que doivent avoir les futures négociations". Celles-ci ont été baptisées par les Américains "Seattle Round" alors que les Européens parlent de "Round du millénaire".
    Ces divergences sont plus que sémantiques, même si Prodi a affiché son "optimisme" sur les chances d'un consensus à Seattle. Un diplomate européen perçoit une "modération" de l'approche américaine par rapport aux positions intransigeantes et agressives affichées ces dernières semaines par le représentant au Commerce, Charlene Barshesfky. Ce responsable avait annoncé que les Etats-Unis mobiliseraient à Seattle "une vaste coalition" pour forcer les Européens à ouvrir leur marché agricole et à démanteler leurs subventions.
    La déclaration met la question des subventions agricoles au menu, mais elle affirme aussi, comme le souhaitaient les Européens que le prochain "round" devra être "différent des précédents dans son contenu comme sa méthode". Il devra intégrer des données comme les "dimensions sociales" de la mondialisation, ses effets sur l'environnement et sur les pays les plus pauvres (Voir aussi article en page 9). Les Etats-Unis auraient accepté la mise en place d'un programme d'ouverture accélérée des marchés aux exportations des pays les plus pauvres, proposé par l'UE. Les deux dirigeants ont par contre soigneusement évité les sujets qui fâchent, comme les exportations de boeuf aux hormones ou la querelle des bananes. Prodi s'est contenté d'assurer que l'Union Européenne respecterait les arbitrages de l'OMC, favorables aux Etats-Unis.
    Sur la question explosive des organismes génétiquement modifiés (OGM), dont l'Union Européenne interdit les importations, des discussions vont avoir lieu pour mettre sur pied une commission d'experts incluant des scientifiques venus des deux rives de l'Atlantique, mais aussi des agriculteurs et des consommateurs. Il s'agit de "répondre aux craintes et inquiétudes" que suscitent ces nouveaux produits de part et d'autre de l'Atlantique. Cette commission sera transitoire, en attendant la création, souhaitée par Prodi, d'une agence européenne de contrôle sanitaire modelée sur la FDA (Food and Drug Administration) américaine. Les agriculteurs américains affirment perdre des centaines de millions de Dollars chaque année du fait de l'interdiction d'importer leur maïs et leur soja génétiquement modifié en Europe. Prodi a néanmoins refusé de s'engager, comme le demandaient les Américains, sur l'ouverture des marchés européens aux OGM l'an prochain. Le problème, a-t-il répété, est "très sensible" et "très complexe".

    Patrick SABATIER
    Correspondant à Washington
    Syndication L'Econimste-Libération (France)

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